Ab imo pectore

Publié le par Qalawun

Il est 23h30. Je tombe de sommeil. Je dois me lever à 6h00 demain, un dimanche. Pour régler les ultimes procédures routières pour ma bagnole. Suivie d'une intense journée électorale. Bureau de vote installé au Lycée français de Jérusalem. On sort d'une soirée dans un des clubs en vue de Tel Aviv, l'Haoman 17. Laurent Garnier venait y faire un DJ set, invité par l'Ambassade de France en Israël. Tous sur la liste à l'entrée, chacun prend son bracelet VIP. Un ruban jaune de papier pour monter dans le carré des stars. On y était seuls, avec une magnifique blonde pour serveuse. J'y ai laissé tous mes shekels, et c'était beaucoup. Le dj français est arrivé à 1h30 et a joué toute la nuit. Nuit d'ivresse, pour reprendre les titres de références culturelles que je n'ai pas toujours. Mes cheveux bougent avec les basses. Mon polo saute sur mon ventre. Un mur entier de caissons de basse. Il est lui de son côté, au milieu des ordinateurs.

La salle se remplit pour être complètement surchargée. Une immense fosse qui m'a fait penser au Mix, mêmes volumes. L'espace VIP est en hauteur, avec un balcon. Toute une faune israélienne qui se trémousse. Jolies filles, beaux gars. Pas un T-Shirt ne sautera. Mon Israélien me rappelle qu'on n'est pas dans une soirée gay. C'est dommage, j'aurais bien enlevé le mien, une fois sur le podium avec deux ravissantes créatures. Surplombant la salle de 3 mètres, le dos au mur de basse, on bouge, ensemble. Culs serrés à se toucher. Drôle d'impressions. Jubilation de se savoir regardé même si l'indifférence reste générale. Bonheur des corps encore, toucher. Sentir, dans les vapeurs d'alcool l'odeur d'un cou. Je me sens transpirant, mon boxer colle à mon jean, à mon cul. On ne voit que des têtes à nos pieds. Peut-être l'envie de se jeter dedans. J'aperçois les amis, là bas. Un semble être homo, arrivé avec une poule mâle en t-shirt blanc à col orange. Mon flair n'a jamais été parfait, mais là mes convictions se confirment. Mon regard se balade à traquer mes semblables. Je danse comme un dératé avec mes deux copines. J'ai peur de trop en faire peut-être, avec une des deux, dont je n'aimerais pas froisser le copain. (autocensure). Anyway, j'aime ça, assume, et on a bu.

J'aime cet exutoire, partager une soirée à ne pas s'entendre, noyés dans la fumée des centaines de cigarettes qui se consument, s'oublier en touchant l'autre, faire corps avec une foule. J'avais ressenti ça dans le concert de Madonna. Ca peut paraitre con. Mais dans cette foule compacte toute tendue vers la madonne, de ces corps serrés, tous un, se dégageait une vibration orgiaque. Mieux que faire "schlika schlika" j'avais dit à l'époque à mon chéri du temps. Peu élogieux pour ses amants ? Non, c'est juste un très étrange sentiment d'assimilation à une masse vivante, d'une humanité perdue. C'est un des bons moments du second Matrix, le film. L'orgie de danse dans une caverne immense, le retour aux origines, à la matrice, avant la naissance, encore tous fruits d'entrailles communes. Un sabbat qui nous ramènerait à nos instincts primaires. Ah le bruit, la musique, la danse...  Tout ça me fait penser que nous ne sommes que des animaux instinctifs, mais les vrais animaux dansent-ils ?

Laurent Garnier était bon ce soir là. La possibilité d'oublier la merde du pays dans lequel je vis aussi, c'était bon. On rentre, pas trop fatigué avec les nombreuses vodka redbull que j'ai bues. Aujourd'hui foot dans un parc, près de la Knesset. Il fait bon, ce soir on a mangé dans la cour, une tartiflette avec une bouteille de pinard. Merci Phi. Demain, un bout du sort de la France commence à se décider. J'ai retrouvé l'affiche de Nicolas Sarkozy barbouillée. Une fine moustache sous le nez. Rien à dire, je préfère les deux affiches de Ségolène et de Bayrou. Indépendament de mes choix politiques. Je voterai demain, comme nous tous. Ab imo pectore.
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Publié dans Poésie

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N
Clouée au lit me voilà en train de vagabonder sur le net… Tombée sur ton blog au cours de mon errance, je tenais à te dire que je le trouve très agréable et à lire et à regarder. Je repasserai sans doute souvent !!! Bonne continuation !!
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N
Clouée au lit me voilà en train de vagabonder sur le net… Tombée sur ton blog au cours de mon errance, je tenais à te dire que je le trouve très agréable et à lire et à regarder. Je repasserai sans doute souvent !!! Bonne continuation !!
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que c'est bon d'etre la copine sans copain à froisser (mmh, ton corps hamoudi)
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P
C'est drôle comme on comprend mieux ce besoin d'évasion une fois qu'on a passé les frontières de ces deux pays mêlés l'un dans l'autre. C'est étrange aussi comme cette question de politique internationale m'interpèle désormais dans mon choix du jour: lui, elle, qu'est-ce qu'il en fera?... ou plutôt, hélas, qu'est-ce qu'il n'en fera sans doute pas...
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M
Bon vote petit chou !! :)
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