Jérusalem a voté
Karma Police. Radiohead. Ca faisait un bail. This is what you get... plus de 80% des suffrages pour Nicolas Sarkozy dans les deux bureaux de vote de Jérusalem. Plus de 8.000 inscrits, 2.300 et des poussières de bulletins et plus de 1.800 pour notre cher homme de droite. Les résultats sont les mêmes à peu de chose près à Tel Aviv. Devrais-je parler de scandale ? Non, après tout, c'est leur droit le plus strict que de voter pour Nicolas Sarkozy. J'en parle à mon Israélien qui me répond : Mais c'est normal qu'ils votent comme ça ici, sa mère est juive à Sarkozy ! Et ? Parce qu'il est juif, les juifs vont voter pour lui ? Vive le confesionalisme politique ? Parce qu'il est juif va-t-il défendre les intérêts des juifs franco-israéliens ? Parce qu'il est juif doit-on dire adieu à la "politique arabe de la France" ? Ou bien est-ce simplement parce que c'est Sarko ? Une chose est sûre, juif ou pas, ça va faire mal à la région.
Bref, c'était drôle de voir défiler tous ces gens âgés, nés à Constantine ou à Rabat dans les années 30, ces jeunes olims, ces militaires, ces Sarah, Colette, Simon, Mordechai et autres Salomon et Rachel... Que des vieux, impressionant ! Les vieux votent plus à droite, c'est connu. J'ai fait parti des quelque 220 personnes qui ont voté Ségolène Royal à Jérusalem. To the happy few... Même si dans son tailleur blanc, immuable, plus d'une heure après le discours des autres candidats, elle s'exprimait sans véritable charisme ni chaleur, il faut la soutenir ! J'ai voté pour elle au premier tour, pas par vote utile, pas totalement par conviction, principalement pour faire obstacle à celui qui a rafflé 31% des votes. Je la soutiendra jusqu'au bout. J'ai appris que dans ma famille, on avait voté Ségo au premier tour pour voter Sarko au second. Quelle inepsie... C'est n'avoir rien compris.
Bref, queue immense de kippas, de perruques blond passé, de vieilles dames sapées comme les grand-mères des films des années 60, quand il a fallu quitter l'Algérie. Bond en arrière, une communauté française que je connaissais mal, jetée à la figure l'espace de deux heures, moi assis devant un registre de plus de 4.000 noms, à vérifier l'inscription sur les listes de tous ces gens. Honte, des amis reçoivent le matin un sms : "Nicolas Sarkozy a besoin de votre vote. Il n'est pas trop tard". Qui a donné les numéros de téléphone portable perso ? Une taupe au sein de la grande équipe. Soupçons d'ores et déjà dirigés vers un coupable. Dans la chaleur de Jérusalem, les mamies aux phlébites tentent de resquiller et de passer directement à mon bureau. Je dois donner des numéros à chacun des votants. Il s'agit en réalité du numéro de la page sur laquelle leur nom se trouve, pour qu'ils soient enregistrés plus vite ensuite. Presque tous me demandent ce que c'est que ce numéro. Un papy me dit : "A l'époque, on portait nos numéros sur le bras..." Je me sens mal. Il était né en 1922, quelque part dans le Sud. Je me perds en explications, numéro de page, soucis d'efficacité. Je ne devrais pas me justifier. Anyway, il voit ce qu'il veut dans se numéro que je lui attribue. Sa femme a un numéro très différent du sien, c'est ce qui l'inquiète.
C'est dimanche, j'ai trop fumé la veille au Haoman 17, Laurent Garnier, vous vous souvenez ? Dimanche soir, soirée électorale dans la vieille ville. Je roule avec ma Béhème 316 injection pas encore assurée, pas encore le contrôle technique passé. Elle décole, la sono est parfaite. C'est le pied. Lundi soir, une "rue de la soif" a été fermée pour être transformée en boite géante. La publicité mal faite de la soirée "Independance day" n'a pas permis de remplir la rue. Mais on s'assoit avec ma belle et on regarde. La plupart de ces jeunes Israéliens sont sapés. Les filles se sont passé le mot pour mettre des jupes les plus courtes possibles. Jambes superbes montées sur talons. C'est beau une paire de jambes. Elles sont jolies, fraîches. Les mecs sont plus roots, barbes, cheveux longs, tous lookés, comme tous revenant d'un forum antimondialisation, lookés à leur manière. Population mixée, mixte, belle, fougueuse, culottée, vaniteuse et effrontée, imbue d'elle-même. Je m'y attache alors qu'elle m'est antipathique, que parfois elle me révulse. Grâce aux rencontres face to face, à ces Israéliens que je rencontre avec mon Israélien, avec ma belle L. "Ils sont tous juifs" lui dis-je dans un moment aigü de prise de conscience. Ici, c'est plus qu'une religion. C'est un système, un Etat. Les gens dansent et boivent. La timidité n'est pas de ce monde-ci.
Une connaissance nous raconte sa prise de tête avec des soldats qui arrêtaient pour un controle un Palestinien possédant l'ID bleue de Jérusalem (dont le droit le plus strict, grâce à cette ID de la ville, est de se promener où il veut). Les soldats ne voulaient pas le laisser rentrer dans la zone de teuf. Après avoir lourdement regardé la scène, l'ami se fait interpeller par les soldats qui lui demandent de dégager. Après des haussemements de voix et quelques violences physiques, il réussit à obtenir du soldat les ordres qu'il a reçu : "Je ne laisse aucun arabe rentrer, c'est comme ça". L'ami a eu ce qu'il voulait. Flagrant délit de ce que nous appelons racisme.
Bref, c'était drôle de voir défiler tous ces gens âgés, nés à Constantine ou à Rabat dans les années 30, ces jeunes olims, ces militaires, ces Sarah, Colette, Simon, Mordechai et autres Salomon et Rachel... Que des vieux, impressionant ! Les vieux votent plus à droite, c'est connu. J'ai fait parti des quelque 220 personnes qui ont voté Ségolène Royal à Jérusalem. To the happy few... Même si dans son tailleur blanc, immuable, plus d'une heure après le discours des autres candidats, elle s'exprimait sans véritable charisme ni chaleur, il faut la soutenir ! J'ai voté pour elle au premier tour, pas par vote utile, pas totalement par conviction, principalement pour faire obstacle à celui qui a rafflé 31% des votes. Je la soutiendra jusqu'au bout. J'ai appris que dans ma famille, on avait voté Ségo au premier tour pour voter Sarko au second. Quelle inepsie... C'est n'avoir rien compris.
Bref, queue immense de kippas, de perruques blond passé, de vieilles dames sapées comme les grand-mères des films des années 60, quand il a fallu quitter l'Algérie. Bond en arrière, une communauté française que je connaissais mal, jetée à la figure l'espace de deux heures, moi assis devant un registre de plus de 4.000 noms, à vérifier l'inscription sur les listes de tous ces gens. Honte, des amis reçoivent le matin un sms : "Nicolas Sarkozy a besoin de votre vote. Il n'est pas trop tard". Qui a donné les numéros de téléphone portable perso ? Une taupe au sein de la grande équipe. Soupçons d'ores et déjà dirigés vers un coupable. Dans la chaleur de Jérusalem, les mamies aux phlébites tentent de resquiller et de passer directement à mon bureau. Je dois donner des numéros à chacun des votants. Il s'agit en réalité du numéro de la page sur laquelle leur nom se trouve, pour qu'ils soient enregistrés plus vite ensuite. Presque tous me demandent ce que c'est que ce numéro. Un papy me dit : "A l'époque, on portait nos numéros sur le bras..." Je me sens mal. Il était né en 1922, quelque part dans le Sud. Je me perds en explications, numéro de page, soucis d'efficacité. Je ne devrais pas me justifier. Anyway, il voit ce qu'il veut dans se numéro que je lui attribue. Sa femme a un numéro très différent du sien, c'est ce qui l'inquiète.
C'est dimanche, j'ai trop fumé la veille au Haoman 17, Laurent Garnier, vous vous souvenez ? Dimanche soir, soirée électorale dans la vieille ville. Je roule avec ma Béhème 316 injection pas encore assurée, pas encore le contrôle technique passé. Elle décole, la sono est parfaite. C'est le pied. Lundi soir, une "rue de la soif" a été fermée pour être transformée en boite géante. La publicité mal faite de la soirée "Independance day" n'a pas permis de remplir la rue. Mais on s'assoit avec ma belle et on regarde. La plupart de ces jeunes Israéliens sont sapés. Les filles se sont passé le mot pour mettre des jupes les plus courtes possibles. Jambes superbes montées sur talons. C'est beau une paire de jambes. Elles sont jolies, fraîches. Les mecs sont plus roots, barbes, cheveux longs, tous lookés, comme tous revenant d'un forum antimondialisation, lookés à leur manière. Population mixée, mixte, belle, fougueuse, culottée, vaniteuse et effrontée, imbue d'elle-même. Je m'y attache alors qu'elle m'est antipathique, que parfois elle me révulse. Grâce aux rencontres face to face, à ces Israéliens que je rencontre avec mon Israélien, avec ma belle L. "Ils sont tous juifs" lui dis-je dans un moment aigü de prise de conscience. Ici, c'est plus qu'une religion. C'est un système, un Etat. Les gens dansent et boivent. La timidité n'est pas de ce monde-ci.
Une connaissance nous raconte sa prise de tête avec des soldats qui arrêtaient pour un controle un Palestinien possédant l'ID bleue de Jérusalem (dont le droit le plus strict, grâce à cette ID de la ville, est de se promener où il veut). Les soldats ne voulaient pas le laisser rentrer dans la zone de teuf. Après avoir lourdement regardé la scène, l'ami se fait interpeller par les soldats qui lui demandent de dégager. Après des haussemements de voix et quelques violences physiques, il réussit à obtenir du soldat les ordres qu'il a reçu : "Je ne laisse aucun arabe rentrer, c'est comme ça". L'ami a eu ce qu'il voulait. Flagrant délit de ce que nous appelons racisme.
Publicité