Le marquis et Marguerite

Publié le par Qalawun

Je suis tombé dimanche soir sur un beau film diffusé par une chaîne du cable. Justine. C'est donc une adaptation du célèbre roman de Sade. Ce film montre le meilleur des années 80, et encore, c'est un chef-d'oeuvre devrais-je dire. Les films du dimanche soir de M6 ont un long chemin à parcourir avant d'arriver à ce niveau de ridicule. Bref, entre Gernande, d'Esterval et Bressac, entre deux branlettes, une pipe et un cuni, la fille menotée, suspendue et gentiment fouettée - Justine - devient "catin par bienfaisance et libertine par vertu". Elle est pas belle cette phrase du marquis ?

Dans un autre registre, je suis retombé sur un livre que j'avais lu en vacances. Dix heures et demie du soir en été.
Le passage me plaît. On ne lit pas du Duras tous les jours :

Maria ferme un instant les yeux. S'en souvient-elle? Oui. Du regard elle se souvient, qui regardait les blés sans les reconnaître, de l'autre regard au réveil, dans le soleil. Lorsqu'elle ouvre les yeux deux enfants sont là, fascinés par la Rover. Ils ne reviennent pas. Ils doivent avoir vu autre chose, pas seulement les Goya, un primitif quelconque. Les mains jointes ils regardent ensemble d'autres paysages. Au loin des vallons entrent par des fenêtres ouvertes, des bois, un village, un troupeau. Des bois au crépuscule parmi des anges charmants, des troupeaux, un village qui fume sur une colline, l'air qui court entre ces collines est celui de leur amour. Un lac, au loin, est bleu comme tes yeux. Les mains jointes, ils se regardent. Dans l'ombre, lui dit-il, je n'avais pas remarqué jusqu'ici, tes yeux sont encore plus bleus. Comme ce lac.

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Publié dans Poésie

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