L'important c'est pas la chute
Un week-end à Paris. Passé entre le jardin de ma copine D. et la place de la République. Etrange, je n'ai pas mis les pieds dans le Marais. Je me suis plutôt promené vers Botzaris et Bastille, Oberkampf. C'était mon dernier week-end de solitude avant l'arrivée de mon Israélien. Une solitude partagée avec quelques amis. Quelque chose d'agréable avant un retour à Londres dans le froid. La rapidité du début de semaine m'a empêché de réaliser que je m'"installais", pour reprendre une expression un peu vieillote. Ce jeune couple s'installe. Enfin, pour l'instant l'installation ressemble à du camping dans la chambre que je loue depuis deux mois, avec mes deux Chinois dans l'appart et mon Israélien arrivé avec six valises. Ca fait trois jours et c'est déjà dûr. Heureusement, il ne commence à travailler qu'à partir de lundi ce qui nous (lui) laisse un peu de temps pour chercher un appart. On a visité un charmant deux pièces avec vue sur la Tamise. Une fortune, 1200 livres par mois. Mais ce sont, grosso modo, les tarifs. Très bien foutu, neuf, clair, etc. Un peu loin du monde, mais agréable. On se tâte.
Au boulot, je ne voulais pas dire que j'allais visiter un appart ce midi. Comme je ne veux pas dire que j'emménage à deux. Donc je ne veux pas dire combien je veux payer de loyer ni ce que je cherche exactement. Ce qui est emmerdant parce qu'une de mes collègues cherche aussi un appart en ce moment et qu'elle n'arrête pas de me poser des questions. Bref, au moment de m'absenter à la pause déjeuner pour aller vers Ravenscourt, je croise une autre de mes collègues dans la rue, près de la station de métro. Forcément elle m'interroge et lui lâche que je vais visiter un appart. Ca n'a pas manqué, au retour de ma (très) longue pause déjeuner de deux heures, si longue qu'elle ne pouvait qu'être très remarquée, tout le monde m'a posé des questions sur l'appart. J'ai dû déployer des trésors d'ingéniosité pour éviter de répondre trop précisemment. "C'est très cher". "C'est assez grand". "Ce n'est pas une colocation"... Elles (en l'absence du boss il n'y a que des filles) finiront bien par savoir que je vis avec mon homme. Mais bon, je ne me suis toujours pas résolu à leur dire.
Mon Israélien est donc arrivé avec ses six valises. Il dîne ce soir chez une amie qui habite loin. Trop loin pour que je les rejoigne après le boulot. Je suis heureux mais ça prendra du temps. Il faut s'habituer à l'idée en fait. Et c'est pas si facile. Ces trois mois seuls après un an et demi de relation m'avaient redonné la saveur du célibat. Saveur doux-amer, j'en conviens. Bref. Je serai terriblement content d'avoir un endroit à nous plutôt qu'une petite chambre entre deux colocataires. J'ai envie de m'"installer". C'est un peu comme jouer au grand. On a parfois du mal à se rendre compte de ses choix de vie. Pas forcément leur portée, leurs conséquences, mais leur existence même. Tout n'a parfois l'air que d'une suite logique de chose, sans véritable rupture. Alors que la succession d'événements des dernières années est principalement la conséquence de choix que j'ai fait. Mais pris dans l'engrenage, sans véritable recul, on a parfois du mal à saisir ce qu'on fait, ce qu'on entreprend et réalise. Tant que c'est bien et qu'on fait pas trop de conneries, tout va bien. Sans le côté noir évidemment, mon idée est un peu celle de la phrase de La Haine : "L'important c'est pas chute, c'est l'atterrissage".
Au boulot, je ne voulais pas dire que j'allais visiter un appart ce midi. Comme je ne veux pas dire que j'emménage à deux. Donc je ne veux pas dire combien je veux payer de loyer ni ce que je cherche exactement. Ce qui est emmerdant parce qu'une de mes collègues cherche aussi un appart en ce moment et qu'elle n'arrête pas de me poser des questions. Bref, au moment de m'absenter à la pause déjeuner pour aller vers Ravenscourt, je croise une autre de mes collègues dans la rue, près de la station de métro. Forcément elle m'interroge et lui lâche que je vais visiter un appart. Ca n'a pas manqué, au retour de ma (très) longue pause déjeuner de deux heures, si longue qu'elle ne pouvait qu'être très remarquée, tout le monde m'a posé des questions sur l'appart. J'ai dû déployer des trésors d'ingéniosité pour éviter de répondre trop précisemment. "C'est très cher". "C'est assez grand". "Ce n'est pas une colocation"... Elles (en l'absence du boss il n'y a que des filles) finiront bien par savoir que je vis avec mon homme. Mais bon, je ne me suis toujours pas résolu à leur dire.
Mon Israélien est donc arrivé avec ses six valises. Il dîne ce soir chez une amie qui habite loin. Trop loin pour que je les rejoigne après le boulot. Je suis heureux mais ça prendra du temps. Il faut s'habituer à l'idée en fait. Et c'est pas si facile. Ces trois mois seuls après un an et demi de relation m'avaient redonné la saveur du célibat. Saveur doux-amer, j'en conviens. Bref. Je serai terriblement content d'avoir un endroit à nous plutôt qu'une petite chambre entre deux colocataires. J'ai envie de m'"installer". C'est un peu comme jouer au grand. On a parfois du mal à se rendre compte de ses choix de vie. Pas forcément leur portée, leurs conséquences, mais leur existence même. Tout n'a parfois l'air que d'une suite logique de chose, sans véritable rupture. Alors que la succession d'événements des dernières années est principalement la conséquence de choix que j'ai fait. Mais pris dans l'engrenage, sans véritable recul, on a parfois du mal à saisir ce qu'on fait, ce qu'on entreprend et réalise. Tant que c'est bien et qu'on fait pas trop de conneries, tout va bien. Sans le côté noir évidemment, mon idée est un peu celle de la phrase de La Haine : "L'important c'est pas chute, c'est l'atterrissage".
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