He's hot

Publié le par Qalawun

He's hot. Je croise trois mecs sur un trottoir d'Old Comptom Street. Le quartier dégueule de monde ce soir. Un samedi de soleil. Les trois mecs sont homos. Il y a beaucoup d'homos dans Soho mais, en proportion, je dirais moins que dans le Marais. Il y a ici une impression plus grande de mixité : homos, hétéros, hommes, femmes, provinciaux, touristes, londoniens, .... Je les croise, ces trois mecs. Regards. Il y a deux latinos et un anglais. Ils ont bu, ça se voit. L'un d'entre en est mieux que les autres. Plutôt beau. Nos yeux se croisent plus longuement qu'avec les deux autres. Ils me dépassent. L'un d'eux dit "he's  hot". C'est pour moi moi. Miam. Je suis avec des amis français, on file vers The Village. L'endroit est bondé avec les mêmes mauvais gogos qui dansent sur le bar. L'un d'eux se prend le mollet comme s'il se l'était claqué. Il arrête de danser. Il a toujours rien dans le slip. Les serveurs sont toujours aussi marrants et il y a toujours des filles dont on se demande ce qu'elles font là. Un Anglais flasque vient nous dire ô combien son ami nous trouve mignons. Il baragouine français. Cinquante ans, blond teinté, peau crèmée, air pincé, lunettes Dior aux montures trop lourdes. Il sent mauvais de la bouche. Grave. On fait en sorte que la conversation se termine vite. Heureusement, il comprend vite qu'il va être difficile d'aller plus loin. Je sors rappeler mon Israélien, m'extirpant du bruit du bar et des regards insistants. Mon pull tombe entre les jambes. Je me fais toucher le cul en le ramassant, forcément, mais réussis à attraper la main qui m'agrippe et lui faire comprendre que j'ai aucune envie de me faire tripoter.

Dehors, un mec se poste à côté de moi sur le trottoir. Il a une cigarette à la main, un blouson noir, un jean un peu trop grand. Il fait des mimiques étranges et je crois un instant qu'il veut du feu. En fait, je me gourre. Il veut me vendre de la coke. Je décline. La rue n'est plus qu'une marre d'avinés entre lesquels les pousse-pousse essayent tant bien que mal d'avancer. J'aurais bien fait plus de bar mais je suis crevé et le coeur n'y est pas vraiment.  Sur New Oxford Street, je prends le bus à impériale. Le 390. D'une place au premier rang de l'étage je vois tout. Oxford street, Marble arch, Bayswater. La musique va bien avec les rues vides qui longent Hyde Park. Il fait noir, il y a une brume qui colle aux voitures. Je descends et remonte une rue vers chez moi. Une jeune fille m'agrippe. Elle est saoûle et me demande son chemin. C'est comme si elle n'arrivait pas à lever la tête. Elle veut aller au Queen's bar sur Queensway. Elle s'appelle Kathleen et vient d'Australie. Je lui dis que je viens de Paris. Elle répète en roulant le r. Je la lâche sur Queensway, un peu inquiet pour elle. Elle me quitte en me disant qu'elle m'aime.
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Publié dans Jour après jour

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D
Peut être que nos capitales sont la juxtaposition de mondes différents qui vivvent naturellement leurs différences et d'un monde normal qui refoule tout ce qui pourrait être différent !
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