Jérusalem, retour au bercail

Publié le par Qalawun

J'étais assis dans l'avion à côté d'une Américaine sentant très fort des pieds. A peine avait-elle le cul posé sur son fauteuil qu'elle m'adressait la parole. C'est généralement assez mauvais signe quand son voisin à un besoin pressant de parler. D'une cinquantaine d'années, quelques poils d'une barbe drue au menton, des lunettes à double foyer et un accoutrement de type quinqa sportive qui ne bluffait personne. Avant le décollage, j'échappe mon portable sous les fauteuils. Il faut que je l'éteigne pour pas brouiller les communications. Je me contorsionne sans réussir à voir l'appareil. Et la voilà, ma voisine se met à quatre pattes, par terre au milieu de l'allée pour m'aider à chercher le téléphone en poussant des grands cris d'Américaine. Je suis gêné. Je le trouve et la remercie. C'est là qu'elle enlève ses Puma déglinguées et que l'odeur pestilentielle se répand dans la cabine. L'odeur réveille illico mon voisin de droite, un Israélien bedonnant, qui s'était déjà endormi. J'ai du mal à retenir mes hauts-le-coeur mais je ne dis rien et décide de prendre mon mal en patience. Je fais mine de réfléchir et me passe la main sur le menton et sous le nez pour éviter aux eflluves d'arriver trop près des narines. Ca ne fait bizarre qu'après une dizaine de minutes que vous maintenez la pose. Puis finalement, l'odeur n'arrive plus que par vague et la dame finit par s'endormir les pieds enroulés dans sa couverture. L'odeur attaque à nouveau au moment du repas. Celui-la est tellement mauvais qu'il s'accorde assez bien avec l'odeur de pieds et le fameux principe mathématique moins par moins égale plus fonctionne. Je déguste le blé aux crevettes congelées dans une odeur aigre de clodo sans trop de problème. Je me remets à mes mots croisés et tente de trouver "nettoyage en ville" en douze lettres. Je poursuis ensuite le juif errant et suis le voyage d'Albert Londres comme celui de Max Aue dans Les Bienveillantes en Europe centrale.

Pierre de l'onction, Saint-SépulcreLe groupe 14 près de la pierre de l'onction, Saint-Sépulcre

On atterit. Je suis cueilli dès la sortie de l'avion pour un contrôle de passeport alors que l'ensemble des passagers cheminent pressés vers la sortie. Ma tête ne leur revient pas. Elle ne leur est jamais revenue. Heureusement, j'ai gardé mon arme secrète, mon passeport de service. Après le contrôle, ils me le rendent avec dédain et dépit de n'avoir pu interroger plus à fond ce barbu mal fagoté. Autre contrôle, bagages, sortie, grand air moite de Tel Aviv. On file vers Jérusalem, mon Israélien, mon ancienne coloc et moi. Quelques religieux font du stop dans la nuit au bord de Begin Road. Tous les mêmes, toujours les mêmes. Le lendemain, il fait beau et chaud.

L'escalier du calvaireLa montée au Calvaire

A Jérusalem je suis chez moi. Alors que j''ai passé dix jours à Paris pour me sentir en vacances. Ces vacances étaient différentes : je n'ai plus l'appart où j'ai vécu quelques années. Il vient d'être vendu par ma propriétaire. J'ai dû loger chez mon amie D. à Chaville. Mais même, je ne me sens plus de Paris. Dire que je suis parisien est devenu un mensonge alors qu'en remettant les pieds à Jérusalem j'ai eu l'impression de ne jamais l'avoir quittée et de retourner à la maison. C'est vrai que je ne l'ai quittée qu'il y a un mois et demi. Mais en comparant à Paris, il n'y a pas photo. Je ne suis plus "de" Paris. J'entame ma cinquième année à l'étranger. Voilà qui explique tout. Même à rentrer pour l'été ou pour des vacances de 15 jours, on finit par perdre ses attaches. Il faut que je fasse le deuil de ma parisianité. Même si je garde une dose de parisianisme. Cette sorte d'attitude snob, péremptoire, agressive mais passionnée, si propre aux Parisiens des arrondissements à un chiffre. Dorénavant, je pense me dire citoyen du monde. Et pourquoi pas ? J'ai déjà commencé à répondre ça en société, ça passe très bien. Surtout en anglais avec un fort accent français. :p

Saint-Sépulcre, l'entréeLes groupes 7 et 14

Je mets quelques photos d'un passage au Saint-Sépulcre où j'ai déposé un cierge pour un ami. Un Saint-Sépulcre assiégé par les touristes. La Vieille Ville, sous très haute surveillance policière et militaire, grouillait de pèlerins venus de toute la Palestine et d'Israël pour la prière du vendredi midi de ce mois de ramadan.

Militaire près d'Al AqsaSur le chemin d'Al Aqsa, un vendredi midi de Ramadan, un militaire surveille



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Publié dans Jour après jour

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D
En tout les cas les militaires Israëliens sont plus sexy que les policiers Anglais.. ;o)
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D
Pour "la couleur verte", je voulais citer, en commentaire et gentiment , quelques paroles de la chanson de Boris VIAN "j'suis snob". Je ne l'ai pas fait de peur de t'apparaître comme désobligeant !
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