Si je t'oublie, ô Jérusalem

Publié le par Qalawun

J'ai une angine. Super. Voilà dix jours passés à Paris pour m'attraper quoi ? une angine. Tant pis. Faut dire qu'avec le froid qu'il fait dans ce pays. Partir le matin avec un grand soleil pour rentrer le soir dans le froid de la banlieue, ça vous cause des maladies. Je n'en ferai pas un plat puisque je file vers le soleil. Dans quelques heures je serai à Jérusalem. J'ai d'ailleurs commencé la lecture du Juif errant est de retour d'Albert Londres. Les premières pages du récit nous mènent à Londres, à Whitechapel. L'écriture de l'auteur, que j'aime, donne au lecteur  une foule d'indications sur le quartier que je filerai visiter à mon retour en Angleterre. Les premières pages nous racontent comment un rabbi d'une communauté juive isolée "de Galicie, entre Tarnopol et la frontière roumaine", "d'une grande misère", vient récolter des aumônes chez ces "Anglais israélites", pour permettre aux siens de passer l'hiver dans de meilleures conditions. Albert Londres veut savoir si "le coeur d'Israël bat encore à Whitechapel" et se fait promener dans les ruelles du quartier sombre, refuge du brouillard de la capitale. S'ensuit un chapitre sur Herzl et les projets ougandais. Je me suis arrêté là pour l'instant.

J'aurai donc passé dix jours intenses à Paris, entre les amis, les anciens amants et la famille. Les anciens amants deviennent souvent des amis. Heureusement. Moi, j'aime bien garder contact. Il a fallu répartir ces trois catégories dans les diverses activités qu'il est possible d'avoir pendant les vacances : apéritif, déjeuner ou dîner, visite de musée, promenade au parc, shopping, etc. J'estime d'ailleurs avoir plutôt réussi l'optimisation de mon emploi du temps, surtout quand il me fallait venir de Chaville pour "monter" à Paris et y revenir le soir, soit en voiture soit, pire, en train. Je ne relèverai pas les moqueries des Parisiens sur le fait de vivre en banlieue, même si ces Parisiens ne le sont que d'adoption, ayant grandi pour nombre d'entre eux parmi les champs boueux de la Marne ou les sombres combes du Massif Central.  C'est sur le chemin qui va de la gare à la maison que j'ai attrapé mon angine. Tard le soir, en prenant le train d'une heure cinq. En descendant à Chaville Rive Gauche, il faut filer dans le creux où passe la rue principale avant de remonter sur le coteau d'en face, là où se dresse le bois municipal. Il fait froid et noir à cette heure là et c'est là que j'ai vue mon angine me coller aux basques, me taper sur l'épaule et glisser sous mon cheich pour coloniser mes amygdales.

Entre deux passages à la gare, j'ai fait pas mal de trucs. On retiendra notament une soirée organisée à l'espace Pierre Cardin, la "Club Sandwich". Quand on m'a demandé si j'y allais, le nom me disait déjà vaguement quelque chose. Bref, le dress code "multicolor" m'a obligé à me creuser les méninges une petite heure le samedi après-midi. J'ai limité la casse, notamment avec des lunettes en plastique vert fluo à barres parallèles. Je sais, ce n'est pas très parlant comme ça mais c'est pas mal. Une fois dans l'espace et passé la physio cerbère façon Marine Le Pen, je découvre un monde auquel je suis peu habitué. Un monde capable de passer une très bonne soirée avec une paire de talons aiguilles aux pieds. Arrivé tôt, on trouve un jeune homme, plutôt bien fait, en leggin bleu électrique, torse nu, barbu, portant un magnifique rouge à lèvre bleuté, monté sur une paire d'immenses talons, danser seul au milieu de la salle. Il est visiblement très inspiré par la musique. Pas un drag, non. Juste un homme en talons. Passage dans le jardin. Une grande dame noire du carré VIP s'énerve dans sa robe bleue. Elle est plutôt jolie sa robe et a la particularité de ne pas couvrir sa poitrine. Ses seins énormes se déversent sur la foule du coin, sans honte.  Je passe la soirée à observer les gens. Pierre Cardin est dans un coin, momie calme avec une bouteillle de champagne. Des grapes de personnes se succèdent sur les poufs qui l'entourent pour se faire photographier en sa compagnie. D'un intérêt certain. C'est le carré VIP, gardé par "Danièle", une quinqa despotique et hautaine qui refuse au vulgum pecus l'entrée du "saint des saints". J'y croise Emmanuel de Brandt et sa suite: une vieille mal sapée, une jeune blonde et un pédé pataud. Je bois verre sur verre et ne vois pas le temps passer. Il est 5 heures, je m'en vais. Je me rappelle avoir danser un peu, m'être fait toucher le cul par un grand garçon un peu maigre et d'avoir parlé d'Israël. Mais le temps est passé très vite dans cet endroit hors du monde commun. Du mien en tous cas. J'y ai passé une excellente soirée.
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Publié dans Jour après jour

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P
les sombres combes du Massif CentralOh ! Tu es d'un mesquin !!!
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R
"parmi les champs boueux de la Marne ou les sombres combes du Massif Central"et les mornes vallées du Loir-et-Cher? :pbisous 
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P
un élément m'intrigue, sur lequel je ne m'étais pas arrêté... Comment se fait-il que tu aies DEJA des vacances!! Et pas des plus petites, puisqu'après 10 jours en France, tu pars en Israël (et en Palestine _au passage, tu as noté comme parler de Jérusalem évite d'avoir à entrer dans le débat du pays?... D'ailleurs, si tu parles d'Israël, tu as sans doute dû parler de la Palestine également... Ou comment la colonisation atteint le verbe) pour plus de 2 jours j'imagine (je parlais de la longueur totale des vacances, pour rappel! lol)...
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