Sur une côte écorchée
Tags : Israël Césarée
Dimanche, j'étais à Césarée. Un port croisé reconstruit par Louis IX pendant la sixième croisade. J'y étais en couple. Un peu en couple d'amoureux, un peu comme un vieux couple. On a pris la voiture, on a fait le plein d'essence et j'ai lavé les vitres de la Béhème avec le rateau en mousse de la station service. On s'est acheté une bouteille de coca avec des cacahuètes pour la route et j'ai mis ma playlist des chansons d'amour. C'était beau comme un dimanche d'hiver. On se serait presque crus dans un film américain. Il y avait d'ailleurs ces oiseaux migrateurs par vagues de milliers qui passaient au dessus de nos têtes. Ils longent la côte. Et ne ressemblent ni à des oies, ni à des canards. On aurait dit, de loin car ils étaient très haut, des sortes de cormorans. Mais les cormorans migrent-ils en hiver ?

Il y avait aussi beaucoup d'Américains à Césarée. Cette semaine c'est Hanouka. Il faut d'ailleurs que j'aille à Mea Shearim demain soir prendre quelques clichés. Tous ces Américains qui ne parlent pas hébreu, enkippotés, riches et bruyants. Des Jewish American Princess. Je le tiens par la main. Les tables du Crusader restaurant nous regardent. On s'assoit au soleil et regardons la mer, les pêcheurs et les gros chats du coin qui viennent dévorer le fretin sorti de l'eau par les gosses. Des oiseaux passent, encore. Je mange un gros sandwich avec un verre de limonade. Il fait bon au soleil aujourd'hui. Un gamin est dans l'eau d'ailleurs.

On se promène le long de la jetée et je me dis que le site est bien mal restauré. Ils ont encore voulu faire du neuf avec du vieux. Des cafés, de la pollution visuelle, des boutiques, se sont collés le long des antiques bâtisses. Au loin, trois cheminées qui marquant Nétanya, je crois. Ces cheminées sont presque les plus grandes que j'aie jamais vues. Elles sont belles et moches à la fois. Enfin, vous comprenez. Le soleil se couche, gros sur la mer. Le terminal de déversement de l'usine est situé loin en mer, au bout d'un interminable ponton. Le soleil se couche derrière. Rendant tout beau.

On paye notre visite à IKEA, un dimanche soir. Je me serais cru à Paris. Enfin, à Roissy. C'est là qu'il est notre IKEA parisien, non ? Je me serais cru dans tous les pays du monde. Dans tous les intérieurs citadins du monde. Moi aussi j'ai acheté mes lampes blanches. Moi aussi j'ai acheté mon étagère en kit. Moi aussi j'ai dit non aux sucreries suédoises d'après les caisses. On rentre dans les bouchons. Mon dimanche d'hier c'était mon film à moi. Mon eau de rose.
On rentre pour monter l'étagère en kit et les lampions de papier. Ma coloc espagnole s'en va en Espagne. Nous autres sommes encore fatigué de la nuit de beuverie de vendredi. J'ai pleuré toutes les larmes que j'avais, dans ma voiture, face à mon Israélien. Il m'avait passablement énervé. J'ai l'alcool triste en ce moment. Il s'est excusé. J'ai l'impression de jouer de la larme dès qu'il me met en difficulté. Le pire, c'est que je ne me souviens jamais des raisons qui déclenchent ce genre d'état. L'autre fois, j'avais les yeux tout humides parce qu'il m'a sorti les paroles de Blondie, Good boys never win. Ici, j'ai parfois l'impression de vivre dans un film pour minettes. Ici, j'ai parfois l'impression d'être une blonde un peu écorchée.
Dimanche, j'étais à Césarée. Un port croisé reconstruit par Louis IX pendant la sixième croisade. J'y étais en couple. Un peu en couple d'amoureux, un peu comme un vieux couple. On a pris la voiture, on a fait le plein d'essence et j'ai lavé les vitres de la Béhème avec le rateau en mousse de la station service. On s'est acheté une bouteille de coca avec des cacahuètes pour la route et j'ai mis ma playlist des chansons d'amour. C'était beau comme un dimanche d'hiver. On se serait presque crus dans un film américain. Il y avait d'ailleurs ces oiseaux migrateurs par vagues de milliers qui passaient au dessus de nos têtes. Ils longent la côte. Et ne ressemblent ni à des oies, ni à des canards. On aurait dit, de loin car ils étaient très haut, des sortes de cormorans. Mais les cormorans migrent-ils en hiver ?

Il y avait aussi beaucoup d'Américains à Césarée. Cette semaine c'est Hanouka. Il faut d'ailleurs que j'aille à Mea Shearim demain soir prendre quelques clichés. Tous ces Américains qui ne parlent pas hébreu, enkippotés, riches et bruyants. Des Jewish American Princess. Je le tiens par la main. Les tables du Crusader restaurant nous regardent. On s'assoit au soleil et regardons la mer, les pêcheurs et les gros chats du coin qui viennent dévorer le fretin sorti de l'eau par les gosses. Des oiseaux passent, encore. Je mange un gros sandwich avec un verre de limonade. Il fait bon au soleil aujourd'hui. Un gamin est dans l'eau d'ailleurs.

On se promène le long de la jetée et je me dis que le site est bien mal restauré. Ils ont encore voulu faire du neuf avec du vieux. Des cafés, de la pollution visuelle, des boutiques, se sont collés le long des antiques bâtisses. Au loin, trois cheminées qui marquant Nétanya, je crois. Ces cheminées sont presque les plus grandes que j'aie jamais vues. Elles sont belles et moches à la fois. Enfin, vous comprenez. Le soleil se couche, gros sur la mer. Le terminal de déversement de l'usine est situé loin en mer, au bout d'un interminable ponton. Le soleil se couche derrière. Rendant tout beau.

On paye notre visite à IKEA, un dimanche soir. Je me serais cru à Paris. Enfin, à Roissy. C'est là qu'il est notre IKEA parisien, non ? Je me serais cru dans tous les pays du monde. Dans tous les intérieurs citadins du monde. Moi aussi j'ai acheté mes lampes blanches. Moi aussi j'ai acheté mon étagère en kit. Moi aussi j'ai dit non aux sucreries suédoises d'après les caisses. On rentre dans les bouchons. Mon dimanche d'hier c'était mon film à moi. Mon eau de rose.
On rentre pour monter l'étagère en kit et les lampions de papier. Ma coloc espagnole s'en va en Espagne. Nous autres sommes encore fatigué de la nuit de beuverie de vendredi. J'ai pleuré toutes les larmes que j'avais, dans ma voiture, face à mon Israélien. Il m'avait passablement énervé. J'ai l'alcool triste en ce moment. Il s'est excusé. J'ai l'impression de jouer de la larme dès qu'il me met en difficulté. Le pire, c'est que je ne me souviens jamais des raisons qui déclenchent ce genre d'état. L'autre fois, j'avais les yeux tout humides parce qu'il m'a sorti les paroles de Blondie, Good boys never win. Ici, j'ai parfois l'impression de vivre dans un film pour minettes. Ici, j'ai parfois l'impression d'être une blonde un peu écorchée.
Publicité