Yann Tiersen, Bethléem et la télévision
Vendredi soir à Bethléem. Yann Tiersen, invité par le réseau des Centres culturels français, joue dans une salle de la ville. Je gare ma béhème devant l'église de la Nativité, la fameuse, celle de Bethléem... Le Peace Center est à deux pas. Toute la petite communauté française est là. Le Consul général du Portugal et son épouse, bien moins âgée que lui, s'en est presque inconvenant, est là aussi. L'artiste, à côté duquel je me retrouvais pour boire un coup la veille, n'a pas l'air plus locace. Une tombe. Heureusement, tout change quand il monte sur scène. La musique est connue, pas toujours du genre Amélie Poulain. Il passe du piano à l'accordéon, de l'alto au violon, à la guitare. Il casse son archet sur l'alto avant d'en éfilocher au trois-quart un autre sur son violon. La musique plait à tout le monde. Je suis assis sur la scène tellement la salle est pleine. Une superbe jeune fille sortie d'un film vient s'assoir devant moi. Elle est faite comme un violoncelle. Elle est merveilleusement blonde. Son copain qu'elle enlace, merveilleusement méditerranéen. Mes yeux font le va-et-vient entre Yann Tiersen qui véritablement fait l'amour avec ses instruments, et ce couple superbe. Le concert est fini. On fait la queue devant le check point de Gilo. Un trou béant dans le mur de séparation pour laisser passer les cars de pélerins. Au contrôle, je me trompe et montre ma carte d'étudiant internationale au lieu de montrer mon ID, de la même couleur. Le soldat qui s'est approché n'y voit que du feu. Il nous laisse passer. On laisse la colonie de Har Homa sur notre droite, ses lumières d'Etoile Noire dans la première chaude nuit de Palestine. Ma coloc raccompagnera l'artiste ce soir là. Son accordéon sera béni par les mains du virtuose. Que n'en ai-je entendu parler...

Je regardais ce soir un jeu débile sur TV5 monde, avec Nagui. Un public entier obligé d'applaudir en coeur sur de la musique de dessin animé, à se persuader qu'il s'amuse et qu'appartenir au public d'une émission "télévisée" lui fait passer un moment au moins inoubliable. J'écoute Nagui, il se fout littéralement de la gueule des participants. Et ceux ci applaudissent celui qui les ridiculise. Ils applaudissent leur ridicule. C'est affligeant. J'avais eu la même réaction en voyant une émission de Ruquier. En me disant que je n'avais aucune envie de rentrer en France pour me retrouver mêlé à ces émissions convenues, de pitreries pitoyables, où le public vient délibérement pour se faire humilier et applaudir sa propre bêtise. Ces couleurs saturées de la télévision, ces gens mis sur leur trente-et-un, les sourires forcés, l'appât du gain, de la célébrité passagère, la fausse connivence de l'animateur avec le public, le spectateur, l'humour à deux balles, les cadots à la con, la télé, le star système, beuuuuurk. Ca m'a donné envie de vomir. Comme de voir les deux blondes de Sarkozy, les filles de Cécilia, courir après lui dans une foule se ruant au Fouquet's. Qu'est-ce qu'elles font là ces deux potiches ? C'est la caution familiale ? Mais en voyant les arbres verts des avenues parisiennes, les fontaines de la Concorde, la Seine et le pont Alexandre III, je me disais quand même que j'aurais volontiers passé un week-end à Paris.
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