Les dents de la mer à Tel Aviv
Je me lance ? Je me lance pas ? Je suis fatiguéééé en fait. Je rentre du sport et d'une soirée arrosée dans un bar avec ma copine L. J'aurais dû rentrer à la maison, me préparer un joli petit dîner et ne pas trop fumer pour encore rentabiliser les effets du sport. Au lieu de ça, je me suis engouffré dans l'Uganda, un bar "comme à la maison" à côté du kikar Zion. Des jeunes barbus aux cheveux longs, des filles en chaussettes de Beetlejuice et piercings, un serveur qui semblait me faire du gringue et mon paquet de Gauloises rouges. Un groupe amateur s'installe, la fille se la joue Portishead, le mec se la joue gros barbu aux cheveux longs. C'est pas si mal, en fin de compte. A vrai dire j'aime beaucoup ce bar, on se croirait dans un salon de maison bobo de Chatillon. Bon, je ne connais qu'une seule maison à Chatillon... Là je mange des spaghettis à la sauce soja et au beurre, donc je m'interromps de temps en temps. Ce soir, avant le bar, j'étais en train de pousser de la fonte au YMCA, à prononcer yimka. Un des rares endroits où tout le monde parle hébreu, arabe, anglais. C'est situé dans l'ouest de la ville, une fondation de 1930. Un endroit dédié aux "dialogues entre les cultures", c'est marqué sur la facade. C'est très cher aussi. J'ai donc fait 40 minutes de rameur avant d'aller me mettre dans l'antre des Gymqueens, la salle de muscu. Premier essai pour moi. C'est pas mal, ça muscle, c'est sûr. Puis tous ces miroirs, tant de satisfaction narcissique à se voir suer pour prendre du muscle. Voir ses bras se contracter à chaque poussée, voir ceux du voisin aussi, miam, bien que sa calvitie me gêne un peu. Bref, le sport c'est toujours aussi bon. Mais je préfère le squash à la fonte. Hier je me suis lancé dans un shirout -minibus- pour aller faire des courses à Tel Aviv. On a beau dire, voir des couples, de la chair, des pédés, pas de sombres religieux ça fait un bien fou. J'ai customisé moi-même mes t-shirts à 30 shekels, mélangeant Kubrik, Captain Spoke, et des taureaux qui s'enculent. J'ai traversé Neve Zedek, un 6ème arrondissement avivien, boutiques chic dans une ambiance de Notting Hill ou de San Francisco - j'y ai jamais mis les pieds. Petites maisonnettes jolies et fringues de luxe, terrasses attrayantes autant que leurs serveurs, ambiance détendue d'une ville méditerranéenne. Je suis allé jusqu'à la mer me faire attaquer par les chats. Pour la première fois de ma vie, j'ai eu peur des chats. Un s'est approché de moi, très rapidement, tournant autour de mon sac de T-Shirts, sur la corniche. En une demie seconde, je dis bien une demie, j'avais trente chat autour de mes pieds, sortis des rochers, miaulant, agressifs, voulant voir ce que cachait mon sac à T-Shirts. Je me serais cru dans les Oiseaux. Les dents de la mer ne sont pas toujours là où on les attends. J'ai fait demi-tour presque en courant, heureusement ils sont restés sur place, déçu de comprendre que je ne leur apportais pas leur repas. La dame derrière moi à fait demi-tour aussi. Un gamin de 5 ans avec un sandwich y serait passé, c'est sûr. Ca m'a rappelé un vieux film étant gamin, où une pauvresse est jetée aux chats affamés. Je suis rentré sur yérushalaim en m'endormant dans le bus, plein des belles vues de Tel Aviv, de la mer, du U2 que j'ai écouté presque tout l'après-midi. Mon père m'a appelé dans le bus. Jérusalem et ses lumières arrive, avec ses bunkers et son architecture de colonie. Tel aviv, avoir cette ville à portée de main reste une grande chance. Ca sera salvateur dans bien des moments.
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