L'allemand
Il est évident que j'aurais dû apprendre l'allemand. Les concepts philosophiques, la musique, le Bauhaus, les strudels et les culottes en peau. Alors oui, j'ai appris l'espagnol. Qu'en reste-t-il ? Hola, que tal ? Un amour pour les tapas et Cervantes ? (je n'ai jamais lu Cervantes, qui plus est en vo). Les chances de bien parler allemand sont faibles, mais tout de même, ça m'aurait plu. Comme d'avoir fait des études littéraires plutôt qu'avoir commencé par un DEUG de physique. C'est en bossant récemment sur l'histoire des relations entre l'empire ottoman et le Saint-Empire que je me suis rendu compte de son importance. Une sorte de choc. Alors que j'avais remisé le monde germanique dans un coin reculé de ma tête, tout m'est d'un coup apparu plus clair: l'allemand, c'est très important. Comment ne pas manier avec maladresse les notions de turkenverehrung ou de turkenbeute lorsqu'on a pas fait allemand. Je repense à tout ça aujourd'hui en écoutant un cd de Schumann - Kreisleriana et Fantasie, op 17 - dont j'ai toujours été incapable de prononcer le nom. J'ai pourtant eu des années les partitions à la maison et pour leur plus grande partie incapable de les jouer.
Me voilà donc à Londres. Une semaine. Les grande feuilles des érables de ma rue ont doucement commencé à jaunir. Les saisons passent mais les voisins partent toujours à la même heure. Vers 8h15. C'est une remarque conne, je sais. Mon Israélien a bousillé le tek de la cuisine après une erreur de manipulation du décapant pour le four. C'est un produit extrêment toxique qui a bouffé tout le vernis et le bois. Je me suis tapé le ponçace et revernissage du plan de travail. Ca se voit - le bois a en partie noirci - mais on espère quand même récupérer l'intégralité de la caution. Je touche du bois ha ha. On a commencé à chercher des apparts aujourd'hui. J'en visite un lundi et un mardi. Il faut qu'on mette des sous de côté. C'est qu'il commence les études le petit. D'un loyer de 280 par semaine à 230 ou moins par semaine, ça devrait faire une bonne différence à la fin du mois. Il me dit qu''on pourrait se mettre en coloc avec une autre personne. Je disais non catégoriquement. Mais en fait, pourquoi pas ? Question coût ça revient moins cher que d'habiter seul, puis ça permet de rencontrer du monde. Après, pour un couple, ce n'est peut-être pas l'idéal. Il va déjà falloir trouver une coloc qui accepte les couples gay. Même à Londres, je suis persuadé que ce n'est pas gagné. On a un mois et demi pour trouver. On aime le changement. Ca fera du bien.
Il y a un an, j'étais au vernissage chez Emmanuel Perrotin. Petits fours et beau monde. Ah. Sophie Calle l'année dernière, Murakami cette année. Comment s'en sort-il avec la crise ? Il sera à Versailles après Veilhan. Que vaut Veilhan ? Je n'ai pas vu. On verra. Peut-être le dimanche 11 octobre, je serai à Paris. L. fête ses 30 ans. J'y passerai donc 48 grandes heures entre le vendredi soir et le lundi matin. Un train à 6h43 pour enchaîner sur une journée de boulot. Beurk. Le costume, la cravate, les chaussures cirées, le croissant du train et le jus d'orange qui donne envie de faire pipi. Déranger son voisin de train, les toilettes qui sentent mauvais, le mal au coeur en lisant. Bouh. C'est triste les gares. Ma vente aura eu lieu. Ca sera un succès. Touchons du bois. Après tout le mal qu'on s'est donné. Je repense à un brun parisien. Pas grand. Pas bavard excepté de soudaines logorrhées. Joli garçon. Excitant. On aimerait parfois que les choses soient plus faciles. Je n'arrête pas de répeter que les grands bonshommes me font peur. Je ne suis pas à l'aise, du tout. Ca doit venir de mon grand-père maternel qui n'a jamais été une figure rassurante. Il était très grand. Mon boss est très grand. C'est énervant. Je me souviens de mon ami bibliothécaire disant que les grands avaient souvent des corps mal proportionés. Il y a évidemment des exceptions, surtout s'ils sont barbus et voyageurs, mais je pourrais difficilement penser à une vie de couple avec un grand. Petit complexe bien enfoui sans doute. Il faut en parler. Les grands me font peur.

Me voilà donc à Londres. Une semaine. Les grande feuilles des érables de ma rue ont doucement commencé à jaunir. Les saisons passent mais les voisins partent toujours à la même heure. Vers 8h15. C'est une remarque conne, je sais. Mon Israélien a bousillé le tek de la cuisine après une erreur de manipulation du décapant pour le four. C'est un produit extrêment toxique qui a bouffé tout le vernis et le bois. Je me suis tapé le ponçace et revernissage du plan de travail. Ca se voit - le bois a en partie noirci - mais on espère quand même récupérer l'intégralité de la caution. Je touche du bois ha ha. On a commencé à chercher des apparts aujourd'hui. J'en visite un lundi et un mardi. Il faut qu'on mette des sous de côté. C'est qu'il commence les études le petit. D'un loyer de 280 par semaine à 230 ou moins par semaine, ça devrait faire une bonne différence à la fin du mois. Il me dit qu''on pourrait se mettre en coloc avec une autre personne. Je disais non catégoriquement. Mais en fait, pourquoi pas ? Question coût ça revient moins cher que d'habiter seul, puis ça permet de rencontrer du monde. Après, pour un couple, ce n'est peut-être pas l'idéal. Il va déjà falloir trouver une coloc qui accepte les couples gay. Même à Londres, je suis persuadé que ce n'est pas gagné. On a un mois et demi pour trouver. On aime le changement. Ca fera du bien.
Il y a un an, j'étais au vernissage chez Emmanuel Perrotin. Petits fours et beau monde. Ah. Sophie Calle l'année dernière, Murakami cette année. Comment s'en sort-il avec la crise ? Il sera à Versailles après Veilhan. Que vaut Veilhan ? Je n'ai pas vu. On verra. Peut-être le dimanche 11 octobre, je serai à Paris. L. fête ses 30 ans. J'y passerai donc 48 grandes heures entre le vendredi soir et le lundi matin. Un train à 6h43 pour enchaîner sur une journée de boulot. Beurk. Le costume, la cravate, les chaussures cirées, le croissant du train et le jus d'orange qui donne envie de faire pipi. Déranger son voisin de train, les toilettes qui sentent mauvais, le mal au coeur en lisant. Bouh. C'est triste les gares. Ma vente aura eu lieu. Ca sera un succès. Touchons du bois. Après tout le mal qu'on s'est donné. Je repense à un brun parisien. Pas grand. Pas bavard excepté de soudaines logorrhées. Joli garçon. Excitant. On aimerait parfois que les choses soient plus faciles. Je n'arrête pas de répeter que les grands bonshommes me font peur. Je ne suis pas à l'aise, du tout. Ca doit venir de mon grand-père maternel qui n'a jamais été une figure rassurante. Il était très grand. Mon boss est très grand. C'est énervant. Je me souviens de mon ami bibliothécaire disant que les grands avaient souvent des corps mal proportionés. Il y a évidemment des exceptions, surtout s'ils sont barbus et voyageurs, mais je pourrais difficilement penser à une vie de couple avec un grand. Petit complexe bien enfoui sans doute. Il faut en parler. Les grands me font peur.

Takashi Murakami
Jellyfish eyes - Black 4
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