The Natural History Museum

Publié le par Qalawun

Je me suis retrouvé dans King's Road, la longue artère chic de Kensington. J'avais pourtant décidé d'éviter l'overdose de magasins. Je n'en peux plus de ces soldes, de ces affiches agressives, de ces foules voraces, de rester debout pour attendre qu'on vous serve, des souffleuses d'air chaud au dessus des portes d'entrées et de la débauche de sacs en papier. Mais mon Israélien m'a traîné là pour trouver une paire de chaussures. Je ne sais pas pourquoi, j'ai vraiment une dent contre ces Français qui n'ont rien fait d'autrement plus terrible que d'être là, en famille. Des familles aisées. Mais toutes les mêmes. Habillés des mêmes coloris d'hiver griffés du brun au bleu jean. Elle, bottée, un manteau avec un peu de fourrure mais pas trop, des lunettes de soleil en plein hiver, jolie - toujours apprêtée, c'est exaspérant - les enfants adolescents trop gâtés à l'air niais, les cheveux mi-longs du grand dadais, la fillette de 13 ans, modèle réduit d'emmerdeuse qui harcèle son père une fois dans le magasin, la poussette dernier cri et le marmot habillé en Calvin Klein, le père, chaussures en daim, montre trop grosse et teint légèrement hâlé des vacances à Courchevel. J'imagine que ce ressentiment vient d'une certaine jalousie, probablement., face à tant de richesse apparente. Et encore, je mange à ma faim, m'habille à mon envie, ne me resreint que peu. Mais qu'est ce que je déteste cette façon de montrer aux autres qu'on a de l'argent..Ce m'as-tu vu. La famille Pue-le-fric est de sortie à South Kensington. Snobinards à l'élégance cheap, dont l'unique qualitée est d'être râflée dans les magasins des marques les plus chères, petits conventionels de grandes capitales, reproductibles en centaines identiques. Gens sans intérêt apparent. Evidemment, j'écris ça pour être un jour convaincu du contraire.

Je me délasse en achetant des cartes postales. Nous étions au Natural History Museum cet après-midi comme d'autres centaines de touristes et de familles. Sympathique musée, largement vieillot avec ses modèles d'animaux en résine et autres modèles taxidermisés, fatigués et jaunis. Les animaux empaillés ont toujours l'air tristes. Ils ont toujours le museau qui s'affaisse en plus de leur oeil de verre larmoyant. Impossible de lire ni de regarder quoi que ce soit avec le monde qu'il y a. C'est finalement assez fatigant. Après avoir fait la galerie des mammifères, des reptiles, des poissons et de la biologie humaine on se dit qu'on reviendra un autre jour. En sortant, j'ai laissé trois livres sterling pour nous deux. Il est normalement conseillé de laisser trois livres par visiteurs. Donner doit permettre de préserver la gratuité des musées. Ca peut paraître paradoxal. Cela dit, en voyant le vacarme de cet après-midi - je me demande bien qui a pu voir quelque chose vu l'état d'affluence et les milliers de bambins- on se demande si un billet à tarif très bas ne serait pas une bonne solution aussi. il faudra que je retourne visiter l'exposition Wildlife Photographer of the Year. Un de mes rêves serait d'être photographe animalier. C'est comme chasser sans fusil.







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Publié dans Découverte

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F
J'aime beaucoup la justesse de ta dernière phrase!
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