Crise du logement à Jérusalem

Publié le par Qalawun

Tags : Israël

Rentré. Arrêté dès les premiers pas hors de l'avion. Trois mètres à peine qu'on me jettait sans complaisance un "Sir, can I see your passport please ?" Moi. Pourquoi moi ? J'ai l'air fatigué, j'ai caché mon keffieh omanais dans mon sac à main depuis Paris. J'ai juste une petite barbe. Bref. Je passe. Plus loin, on m'arrête encore. Encore plus loin, encore. Enfin aux douanes, encore. Je m'en sors.
Mon Israélien est venu m'accueillir avec un sandwich au keftah. Il y a du brouillard sur la 443. Le checkpoint qui signale que cette route israélienne pénètre dans les Territoires Palestiniens est devenu un vrai bâtiment, comme un péage.

Des routes et des infrastructures si chères ne seront jamais démantelées dans le cas d'un accord de paix et d'un éventuelle fin de l'occupation.

Au moment de pénétrer à nouveau en Israël, après le bref passage routier en Palestine, un autre checkpoint. Plus sommaire celui-là. Un garde-frontière discute avec son collègue éthiopien. Ils portent la même combinaison que j'ai portée au ski, celle de l'armée israélienne. Une Hermonit, du nom du mont Hermon où il fait si froid. Je baisse la vitre pleine de buée. Le froid s'engouffre. Rapidement je les plains. Ces deux zouaves obligés de nous contrôler. On passe.

Maison. Ces horribles néons du plafond n'ont pas changé. Il est 1h30 et ma colocataire est sur le départ. Un avion dans la nuit. Je trouve que son ami de passage est bien grand. Nouvelles et mauvaises nouvelles. Piqûres de moustique après un week-end dans le Sinaï, proprio qui menace de nous expulser. A ce moment là, je suis fatigué et n'ai qu'une envie, me coucher. Impssible de trouver le sommeil avec cette histoire de proprio et le sandwich au keftah que j'ai avalé en deux bouchées top chrono.

7h30, le lendemain. Grand soleil sur l'université hébraïque du mont Scopus, où je dépose mon Israélien. Travail. Blagues. Sympa. Soir. Coiffeur. Proprio à la maison. Le dollars a perdu 20% de sa valeur en un an et demi. Face au nouveau shekel et face à l'euro. Mon propriétaire veut donc augmenter les loyers de 25%. Mon 4 pièces à 1.100 dollars par mois coûterait alors 1.375 dollars. On décide de payer en shekel, plus stable. On définit et fixe le taux du dollars au jour de la signature du contrat, il y a un an et demi. Il soutient que c'est 4.5 shekels pour un dollars (il est aujourd'hui à 3.62 shekels). Deuxième jour de tractation : 1 dollars pour 4.27 shekels. Ce qui équivaut, au taux d'aujourd'hui, à payer un loyer à 1.298 dollars. Une hausse de 200 dollars. 131 euros. Appliquable dès le mois de mars. Il va falloir rallonger pour ce mois. Mais un nouveau contrat a été signé jusqu'à octobre.

[Ce petit paragraphe était à destination de ma colocataire, partie en voyage d'affaires.]

En plus d'une véritable crise du logement qui a lieu à Jérusalem, due aux effets conjoints de la construction du mur (afflux des Palestiniens autorisés dans les frontières municipales de Jérusalem, pour ne pas rester bloquer dans les Territoires), d'une population innombrable de diplomates trop payés (prêts à allonger les sommes les plus folles), et de la chute du dollars. On trouve donc soit des appartements très chers, soit des appartements insalubres. Grosso modo. Sauf bonnes affaires. Ou alors habiter dans une colonie de Jérusalem-Est. Ou loin dans Jérusalem-Ouest.

La Mairie de Jérusalem remplit ainsi les colonies de peuplement qu'elle construit autour des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, en proposant des appartements neufs, non taxés et pour des loyers modiques. Ahhh, il fallait y penser. A tel point que même des Arabes israéliens y habitent...

Nécessité fait loi.
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Publié dans Jour après jour

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T
Merci pour ces infos colloc ! c'est bien noté !! Merci d'avoir négocié !!A tout bientôt !!
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