La fuite en Egypte - le mur de Rafah est tombé

Publié le par Qalawun

Quelques mois avant de se retirer unilatéralement de la bande de Gaza, Israël érigeait un mur de 14 km de long sur la frontière avec l'Egypte et le territoire palestinien. Parfois mur de métal, parfois mur de béton, parfois barrière électronique, il avait fallu, pour couper presque hermétiquement Gaza de l'Egypte, raser des centaines de maisons pour créer une zone tampon et que la frontière soit facilement contrôlable.

29mideast.600.jpg
Au retrait d'Israël, en 2005, un accord entre l'Egypte, l'Autorité Palestinienne, l'Union Européenne et Israël avait été signé pour régir strictement les passages des personnes à travers le seul point de contact de Gaza avec l'extérieur, hormis Israël, le terminal de Rafah, situé dans la ville du même nom. L'Egypte et l'Autorité Palestinienne, épaulées de quelques dizaines d'observateurs de la mission européenne EUBAM, étaient chargées de contrôler et d'assurer la sécurité du point frontière. Israël, s'il n'était pas présent physiquement, disposait d'un réseau de caméras de contrôle dans tout le terminal pour garder un oeil sur les passagers. La prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007 avait causé la fermeture immédiate du terminal et le départ des observateurs européens, le Hamas n'étant reconnu par aucune des parties régisseuses.

point-de-passage-Rafah.jpg
Depuis juin 2007, la bande de Gaza est sous l'effet d'un blocus quasi-total, seule l'aide humanitaire y parvenant, au compte-gouttes, par les quelques terminaux contrôlés par Israël. Puissance qui, en contrôlant tous les accès terrestres, aérien et maritime, continue
de facto d'occuper le territoire palestinien. Jeudi soir, comme vous l'avez vu, Israël décidait de fermer les accès à l'aide humanitaire (120 camions d'aides passent quotidiennement pour nourrir quelque 860.000 Palestiniens sur les 1.4 millions que comptent la bande de Gaza). Israël décidait vendredi matin et jusqu'à lundi de couper l'approvisionnement en fioul de la bande de Gaza : l'arrêt de la seule centrale électrique n'était qu'une des conséquences, les camions de livraison de l'aide humanitaire étant eux aussi rapidement immobilisés par la pénurie de carburant.

Mur-de-Rafah.jpg
Un peu de pression, de Condi Rice, de l'Europe, du monde entier, un peu de bon sens, et les livraisons de carburant reprenaient ce lundi. Mais le blocus demeure. Le blocus est en place depuis des mois. Des tunnels avaient été creusés reliant les parties égyptienne et palestinienne de la ville de Rafah, coupée en deux par la frontière. Par là transitait principalement des armes, des explosifs, des produits destinés à la contrebande.

Tunnel-found-in-Rafah-photo-idf.jpg
Imaginez-vous près de 4.000 personnes par kilomètre carré sur les 360 km² que comptent la bande interdit de sortie du territoire. Depuis juin, le paquet de cigarette marlboro était monté à plus de 40 shekels : soit près de 8 euros.

Hier soir, des groupes armés - les Brigades Ezzedine Al Qassam et les Comités de Résistance Populaire - ont fait sauté le mur en métal qui coupait Gaza de l'Egypte. Près de 15 brèches ont été créées et élargies au bulldozer, sous le regard attentif des services égyptiens qui n'ont pas réagi. D'abord méfiants, échaudés par une manifestation réprimée dans la violence hier par ces mêmes militaires égyptiens au point frontière, des dizaines de milliers de Palestiniens se sont engouffrés aujourd'hui par les brèches ouvertes.

Chute-du-mur-de-Rafah.jpg
Acheter des clopes, de l'huile, des piles, de l'essence. Tout ce qu'on ne trouve pas à Gaza. On imagine que quelques armes passeront aussi. Imaginez plus d'un million de personnes en état de siège, totalement interdits de sortie depuis juin 2007, si ce n'est depuis l'itnatkut - retrait israélien - d'août 2005, qui tout d'un coup à la possibilité de voir un autre horizon. Le souffle d'air. Je lisais qu'un kilo de fromage à Gaza coutaît 24 shekels (4.5 euros) contre 3 shekels à Rafah - Egypte. Moins d'un dollar.

Foule-passe-Rafah.jpg
Moi, j'aurais aussi eu tôt fait de m'engouffrer dans la brèche. Non pas pour "fuir", comme l'ont dit tous les médias ce matin. Même si certains Palestiniens resteront auprès de leurs familles installées là, dans des camps de réfugiés, depuis 1948. Mais je serais aller faire mes courses, prendre l'air de l'autre côté d'un mur et me dire qu'un mur ça finit toujours par tomber. J'aurais aimé voir cette ruée vers l'extérieur, ce mouvement de foule inattendu. Un bol d'air frais qui aura sa fin. Israël doit enrager.

Tags : Territoires Palestiniens Rafah Gaza Egypte Mur
Publicité

Publié dans Jour après jour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Le bourreau était chrétien ? Je vais donc pouvoir aller dormir tranquille !
Répondre
S
Les Palestiniens sont pris en otage par le hamas, un mouvement qui dès son arrivée au pouvoir à commencer des luttes fratricides intra-palestiniennes, en réglant leur comptes avec leurs prédecesseurs, en leurs brisant les tibias à coup de barre de fer et en leur tirant des balles de kalachnikov dans les deux genoux, quand ils n'ont pas été tout simplement exécutés sommairement ou lynchés dans la rue. Les Palestiniens qui ont survécu à la barbarie de ces autres Palestiniens sont infirmes et incapables de nourrir leurs familles souvent nombreuses. Ce handicap étant visible et identifiable à l'arrivée du hamas au pouvoir entre le 12 et 14 juin 2007, ils sont considérés comme des traitres pour le restant de leurs jours et donc contraints de se cacher et de fuir en Cisjordanie, corps et biens, quand c'est possible. Le plus souvent, les biens restent à Gaza et sont spoliés par ces barbares barbus. Voila un bel exemple de la solidarité et de la fraternité qui soudent le peuple Plestinien. Ceci, vous ne pouvez pas le contredire. Pourtant personne n'en parle, surtout pas vous. La cohésion de la Palestine n'est qu'un leurre pour les européens qui se cantonnent à la lecture de blogs comme le votre, qui lisent Le Monde ou écoute les racontards de l'inénarrable et tout aussi incompétent Charles Enderlain, spécialiste de la désinformation et cité maintes fois en justice (il suffit d'aller le chercher sur internet pour le trouver. Je ne vous fairez pas l'insulte de vous mettre les liens...) Afin de réactiver votre objectivité professionnlle, à défaut d'etre naturelle, voici un site très instructif :http://vigilances.blogspot.com/Je vous conseille aussi le blog de l'arche qui vous apprendra suremet que Sharon n'est le bourreau de Sabra et Chatila, le véritable bourreau étant un phalangiste chrétien libanais...Cette population a tout mon respect. Ce sont leurs chefs qui les desservent, en raison de leur esprit revanchard, leur avidité... et surtout leur incompétence qui n'a d'égale que leur amour de la violence, leur haine viscérale du juif et de l'Israélien, leur incapacité à dialoguer, leur manque de maitrise et leur méconnaissance de la diplomatie... Concernant la dernière réplique, c'est ce que se demandent certains français pour savoir s'ils auraient été résistants ou collabo d'un régime nazi qui a exterminé 6 millions de juifs, de gay, de tsiganes, d'opposant et de résitants... tout ce qu'on sait, c'est qu'on ne saura jamais.. mais c'est toujours autosatisfaisant de penser qu'on aurait été du camp que l'on admire le plus... un bol d'air comme vous dites.. c'est la différence entre la réalité du quotidien et le rêve paranoïaque. Quoi que vous fassiez, vous ne serez jamais un Palestinien. Vous ne serez jamais un des leurs et votre geste aurait été vain car sans aucune signification.Cette violation de frontière orchestrée par des terroristes est une faute incroyable car cela va se retourner contre leurs familles ayant la chance de subir les répression des kakis du Raïs. Les populations de la péninsule vont souffrir des controles de plus en plus stricts par les polices dudit Raïs qui vont les suspecter d'abriter des trafiquants, des islamistes ou des clandestins. C'est cela qui est incroyable. En vous réjouissant un peu vite et n'en mesurant pas les conséquences, vous faites preuve d'une totale incompétence, voir d'une certaine immaturité, laissant planer le doute sur le bien-fondé de votre place actuelle, compte-tenu des analyses que vous faites ici. Il ne s'agit pas juste de la lutte d'un peuple. Les enjeux traversent les frontières et les prochains mois risquent d'être chauds entre Suez et Dahab, à cause de l'acharnement des militaires qui molestent sans vergogne cette population et les emprisonnent à tout va. Je ne parle même pas de la torture, le pharaon ayant assuré que celle-ci n'existait pas suite à la dernière prise de position de l'UE.  Les armes acheminées vers Gaza ne vont pas restées muettes longtemps et vont sans doute servir entre Tel-Aviv et Jérusalem. Aujourd'hui sous la pression des mouvements terroristes dont le financement est plus que douteux, ces gens violent une frontière. Demain, ils violeront un territoire diplomatique.  J'ose espérer que vous n'en serez pas la pemière victime, ce blog étant malgré tout d'un intérêt certain!!!PS:Le bonheur ne se mesure pas en cigarettes fumées, surtout au prix que vous citez. Si vous achetez vos clopes à ce prix (bien que vos sources soient tirées d'un quotidien connu...) cela signifie clairement qu'il vous reste encore quelques années avant d'être intégré!!!PS2:Pensez-vous que cette frontière qui a été franchie par des milliers de Palestiniens en direction de l'Egypte poura être franchie dans l'autre sens par des Soudanais qui habituellement se font descendre comme des lapins, lorsqu'ils veulent franchir quelques barbelés dans le désert, en prenant une balle dans le dos de préférence, comme savent le faire les militaires ég.PS3:Israel n'enrage pas. Au contraire, c'est le voisin M. qui récupère la patate chaud, le coli piégé et qui doit gérer au mieux une infiltration palestinienne de masse et gérer le côté émotionnel de quelques-uns de ses ouailles à l'égardd'une population qu'ils consièrent comme soeur, mais qui concrêtement ne fait pas grand chose pour l'aider, à part les tirer vers l'abime et le gouffre d'une lutte clandestine et terroriste sans issue. Beaucoup d'Israéliens veulent une seule chose:la Paix et la coexistence de deux états. Il serait de bon alois que vous en fassiez référence ici, comme vous l'avez fait à demi-mot lors de la commémoration de l'assisinat de Rabbin sur la place qui porte désormais son nom.
Répondre