SOS hommes battus, je suis un mari violent
Vendredi soir ou samedi matin, cela dépend de la manière dont vous découpez la nuit, j'ai mis un homme au sol et je l'ai frappé. On avait tous bu et beaucoup bu. Il devait déjà être 4 heures, au Gotham, dans cette petite rue de la soif de Jérusalem. Grisé par l'alcool, je ne remarque pas le temps qui passe. On danse un peu sur la techno du club. Quand sommes-nous arrivés ici ? Je ne sais pas. Mon Israélien n'est pas là mais je serais bien incapable de dire où il se trouve. Il a dû nous quitter sur le chemin entre le Tsetsua-Toys et le Gotham. Sans doute doit-il être au Gula à discuter avec ses potes. Cette nuit-là, je suis resté sage. J'ai juste bu avec tout le monde. Ni plus, ni moins. Il y avait l'anniversaire de notre ami arménien dans un restau du coin. Celui dont j'avais vu le frère se marier dans une petite église millénaire du couvent des Arméniens. On avait, là aussi, bien arrosé ce qu'on avait mangé.
Le Gotham est petit. Un bar et trois petits espaces pour danser autour. Je n'y vais qu'en fin de nuit, je suis donc incapable d'en faire une description précise. Ni même de la musique. De la techno sans doute. On est trois ou quatre. J'ai ravalé bien au fond de moi, dans ce qui est devenu presque naturel, les quelque pulsions que j'aurais pu avoir pour tel ou tel autre garçon. Je l'ai déjà dit, je suis resté sage. Je me rends compte que je n'ai plus d'argent, j'ai tout dépensé en vodka. J'ai dû payer une tournée mais c'est tout.
Revenons à nos moutons. Il n'est pas là et je ne m'en étais pas rendu compte quand je le vois fondre sur moi comme un diable en boîte. Il me pousse violemment. Je comprends que ça fait 45 minutes qu'il m'attend et que je lui ai dit que j'arrivais. Je ne me souviens de rien et surtout pas de ce que je lui ai dit. Il m'agrippe. Je me défends. En une fraction de seconde on est vidé par les vigiles. Les Russes savent y faire. On est sur les marches de la rue de la soif, devant le Gotham. On se bat, j'essaye de lui en foutre une. Je pense à ma lourde bague d'argent que je n'enlève pas. Il est à terre, moi sur lui, le poing levé. Je l'ai tappé. Les copains nous séparent. J'arrête pas de dire que je l'aime en anglais. C'est ce dont je me souviens. Dire I love you et le taper. Je dis aux potes de partir, que "je m'en occupe". On remonte la rue jusqu'au Kikar Zion. Là, près d'un réverbère, on se frappe, encore, au sol.
Il veut récupérer ses clés, détour par la maison, en voiture, trop vite. Virage trop serré. Maison. Il prend ses clés, par en courant. Je lui cours après. Près d'une heure et demie de discussion dans les rues de Jérusalem-Est. Il veut porter plainte contre les vigiles du bar qui l'ont vidé. On s'énerve encore. Pour la première fois, chacun part de son côté. Je pleure comme un con près de la benne à ordures au dessus de chez moi. Je m'endors habillé, sur mon lit, il fait jour. 9h30, 11h30, 13h00 je me réveille. J'ai des ecchymoses sur le corps, le nez a doublé de volume et la gueule bien écorchée. Je l'appelle. On se voit près de la ligne de chemin de fer désaffectée de la German Colony. Il est "contusionné" mais a part deux grosses bosses sur le front, il n'a rien. C'est que je n'ai pas dû taper bien fort. C'est shabbat et les gamins font du roller avec leurs parents. Une famille américaine sortie d'un film américain avance vers nous. Une perfection américaine qui touche même l'éclatant golden retriver qu'ils trimballent. On fait une vraie paix. Pas comme celle de la veille, avec nos petits doigts l'un dans l'autre, parce que j'étais un peu grognon et que je riais pas à ses vannes. Ca n'arrivera plus, me suis-je persuadé.
Mais peut-on être sûr que ça n'arrivera plus ? Quoi qu'il en soit, c'est effroyable. Je pars à Tel Aviv me changer les idées.
Tags : Plus gay couple
Le Gotham est petit. Un bar et trois petits espaces pour danser autour. Je n'y vais qu'en fin de nuit, je suis donc incapable d'en faire une description précise. Ni même de la musique. De la techno sans doute. On est trois ou quatre. J'ai ravalé bien au fond de moi, dans ce qui est devenu presque naturel, les quelque pulsions que j'aurais pu avoir pour tel ou tel autre garçon. Je l'ai déjà dit, je suis resté sage. Je me rends compte que je n'ai plus d'argent, j'ai tout dépensé en vodka. J'ai dû payer une tournée mais c'est tout.
Revenons à nos moutons. Il n'est pas là et je ne m'en étais pas rendu compte quand je le vois fondre sur moi comme un diable en boîte. Il me pousse violemment. Je comprends que ça fait 45 minutes qu'il m'attend et que je lui ai dit que j'arrivais. Je ne me souviens de rien et surtout pas de ce que je lui ai dit. Il m'agrippe. Je me défends. En une fraction de seconde on est vidé par les vigiles. Les Russes savent y faire. On est sur les marches de la rue de la soif, devant le Gotham. On se bat, j'essaye de lui en foutre une. Je pense à ma lourde bague d'argent que je n'enlève pas. Il est à terre, moi sur lui, le poing levé. Je l'ai tappé. Les copains nous séparent. J'arrête pas de dire que je l'aime en anglais. C'est ce dont je me souviens. Dire I love you et le taper. Je dis aux potes de partir, que "je m'en occupe". On remonte la rue jusqu'au Kikar Zion. Là, près d'un réverbère, on se frappe, encore, au sol.
Il veut récupérer ses clés, détour par la maison, en voiture, trop vite. Virage trop serré. Maison. Il prend ses clés, par en courant. Je lui cours après. Près d'une heure et demie de discussion dans les rues de Jérusalem-Est. Il veut porter plainte contre les vigiles du bar qui l'ont vidé. On s'énerve encore. Pour la première fois, chacun part de son côté. Je pleure comme un con près de la benne à ordures au dessus de chez moi. Je m'endors habillé, sur mon lit, il fait jour. 9h30, 11h30, 13h00 je me réveille. J'ai des ecchymoses sur le corps, le nez a doublé de volume et la gueule bien écorchée. Je l'appelle. On se voit près de la ligne de chemin de fer désaffectée de la German Colony. Il est "contusionné" mais a part deux grosses bosses sur le front, il n'a rien. C'est que je n'ai pas dû taper bien fort. C'est shabbat et les gamins font du roller avec leurs parents. Une famille américaine sortie d'un film américain avance vers nous. Une perfection américaine qui touche même l'éclatant golden retriver qu'ils trimballent. On fait une vraie paix. Pas comme celle de la veille, avec nos petits doigts l'un dans l'autre, parce que j'étais un peu grognon et que je riais pas à ses vannes. Ca n'arrivera plus, me suis-je persuadé.
Mais peut-on être sûr que ça n'arrivera plus ? Quoi qu'il en soit, c'est effroyable. Je pars à Tel Aviv me changer les idées.
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