The Shushan bar has closed down
Tags : Israël Gay Club
Le Shushan n'est plus. Le seul bar gay de Jérusalem a fermé ses portes samedi dernier, après le dernier drag show de Kiara Duple, Talula Bonet, Gallina Port Des Bra et Diva D. Il y avait du monde les deux derniers soirs. J'y suis passé vendredi, pour voir. J'y suis retourné samedi, pour dire adieu. J'étais loin d'être un habitué de l'endroit. Cinq ou six visites, tout au plus, mais bon, c'est aussi là où j'ai rencontré mon Israélien. Je me rappelle, après une longue journée de boulot, j'avais directement enchaîné sur une tournée des bars, la cravate toujours autour du cou. Et me voilà rentrant dans l'antre des pédégouines de Jérusalem, ma cravate orange un peu lâche autour du cou. En 2 minutes à peine, j'avais la main au collet. Dragué, mené dehors, moi déjà conquis, à moitié par l'alcool, à vrai dire. C'était vers le 14 février et je crois ma première fois au Shushan.
J'y retourne donc samedi soir pour y découvrir le show des drags queens. Petit discours introductif du propriétaire expliquant ceci-cela, le pourquoi de la fermeture. Officieusement, les deux proprios se sont sérieusement fachés. Les petites reines reprennent des classiques de la pop israélienne. On a le droit à un Céline Dion, My Heart Will Go On je crois. C'est d'un beauf. Anyway. Il y a un léger décalage dans le playback. Amusant. Ici on trouve des juifs religieux, ultra-orthodoxes en noir et blanc, grandes barbes, façon bear avec un bon bedon qu'on pourrait voir assis au bears' den s'ils n'avaient pas le chapeau et les tsitsits. Il y a des Palestiniens, illégaux ou pas, des religieux classiques, des pédés normaux, des goudous - je croise d'ailleurs mon ancienne coloc flamande et sa copine israélienne - il y a nous, des Français, il y a les beaux serveurs du bar, à peine bodybuildés, il y a plein de gens. Le bear ultra-orthodoxe se trouve un bear roux en short, plus jeune. Ils discutent autour d'unebière. Et moi je retrouve là par hasard mon Israélien. J'avais demandé une pause de 8 jours dans notre couple. Trop de boulot. Pas de temps à lui accorder. Et voilà qu'il est là, dans un coin. En fait, je suis heureux de le voir. Je monte sur le podium avec un ami. Il me regarde danser. Deux minutes, pas plus. On est poussés par deux lesbiennes véhémentes qui occupent tout l'espace de la petite estrade.
La musique est bonne, je ne m'en souviens plus. On sort, on rerentre. Je lui dis que je l'aime. Avant de partir, il m'emmène à un des coins du comptoir du bar. Il m'embrasse en me disant :"Everything began in here". J'ai croisé les doigts pour ne pas penser que c'était ici que tout devait se terminer.
Le Shushan était le seul endroit où tous les étages de la société israélienne pouvaient se chevaucher sans trop d'a priori et de difficultés. Palestiniens, religieux, laïcs, militaires, étranger. Quelques drags sont arabes d'ailleurs. J'avais croisé un mec, au début, qui m'avait raconté son histoire avec un journaliste français fameux pris en otage en Irak et libéré en décembre 2004.
Le Shushan, tout le monde le critiquait : "Rofl, c'est toujours la même musique". "Rofl, j'aime pas les gens qui y vont". "Rofl, c'est trop petit et toujours enfumé". Pour ses dernières nuits, le Shushan avait appliqué la nouvelle loi sur l'interdiction de fumer dans les bars. Pour sa dernière nuit, le Shushan était vraiment plein, mais mettait toujours aussi peu d'alcool dans ses verres.
Le Shushan n'est plus. Le seul bar gay de Jérusalem a fermé ses portes samedi dernier, après le dernier drag show de Kiara Duple, Talula Bonet, Gallina Port Des Bra et Diva D. Il y avait du monde les deux derniers soirs. J'y suis passé vendredi, pour voir. J'y suis retourné samedi, pour dire adieu. J'étais loin d'être un habitué de l'endroit. Cinq ou six visites, tout au plus, mais bon, c'est aussi là où j'ai rencontré mon Israélien. Je me rappelle, après une longue journée de boulot, j'avais directement enchaîné sur une tournée des bars, la cravate toujours autour du cou. Et me voilà rentrant dans l'antre des pédégouines de Jérusalem, ma cravate orange un peu lâche autour du cou. En 2 minutes à peine, j'avais la main au collet. Dragué, mené dehors, moi déjà conquis, à moitié par l'alcool, à vrai dire. C'était vers le 14 février et je crois ma première fois au Shushan.
J'y retourne donc samedi soir pour y découvrir le show des drags queens. Petit discours introductif du propriétaire expliquant ceci-cela, le pourquoi de la fermeture. Officieusement, les deux proprios se sont sérieusement fachés. Les petites reines reprennent des classiques de la pop israélienne. On a le droit à un Céline Dion, My Heart Will Go On je crois. C'est d'un beauf. Anyway. Il y a un léger décalage dans le playback. Amusant. Ici on trouve des juifs religieux, ultra-orthodoxes en noir et blanc, grandes barbes, façon bear avec un bon bedon qu'on pourrait voir assis au bears' den s'ils n'avaient pas le chapeau et les tsitsits. Il y a des Palestiniens, illégaux ou pas, des religieux classiques, des pédés normaux, des goudous - je croise d'ailleurs mon ancienne coloc flamande et sa copine israélienne - il y a nous, des Français, il y a les beaux serveurs du bar, à peine bodybuildés, il y a plein de gens. Le bear ultra-orthodoxe se trouve un bear roux en short, plus jeune. Ils discutent autour d'unebière. Et moi je retrouve là par hasard mon Israélien. J'avais demandé une pause de 8 jours dans notre couple. Trop de boulot. Pas de temps à lui accorder. Et voilà qu'il est là, dans un coin. En fait, je suis heureux de le voir. Je monte sur le podium avec un ami. Il me regarde danser. Deux minutes, pas plus. On est poussés par deux lesbiennes véhémentes qui occupent tout l'espace de la petite estrade.
La musique est bonne, je ne m'en souviens plus. On sort, on rerentre. Je lui dis que je l'aime. Avant de partir, il m'emmène à un des coins du comptoir du bar. Il m'embrasse en me disant :"Everything began in here". J'ai croisé les doigts pour ne pas penser que c'était ici que tout devait se terminer.
Le Shushan était le seul endroit où tous les étages de la société israélienne pouvaient se chevaucher sans trop d'a priori et de difficultés. Palestiniens, religieux, laïcs, militaires, étranger. Quelques drags sont arabes d'ailleurs. J'avais croisé un mec, au début, qui m'avait raconté son histoire avec un journaliste français fameux pris en otage en Irak et libéré en décembre 2004.
Le Shushan, tout le monde le critiquait : "Rofl, c'est toujours la même musique". "Rofl, j'aime pas les gens qui y vont". "Rofl, c'est trop petit et toujours enfumé". Pour ses dernières nuits, le Shushan avait appliqué la nouvelle loi sur l'interdiction de fumer dans les bars. Pour sa dernière nuit, le Shushan était vraiment plein, mais mettait toujours aussi peu d'alcool dans ses verres.
Deux articles intéressants sur la fermeture du Shushan paru dans Haaretz et sur la situation des gays palestiniens paru dans The Economist en juin 2007.
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