A la lueur de la lampe à pétrole
On sort d'un délicieux dîner qu'on s'est préparé. A la lueur de la lampe à pétrole, et du magnifique luminaire de salon dont nous sommes les heureux propriétaires depuis la visite des parents de ma colocataire. Carottes vichy, farfalles à la crème et aux champignons, petite salade faite avec un vieux choux et des tomates cerises. Un régal pour l'estomac dans la douceur de la nuit hiérosolymitaine. Une journée passée en vitesse, à comater sur notre désormais habituel parc de l'Indépendance, un bouquin de Charles Enderlain entre les mains. Une grosse demi-heure de course à pied et de pompes au parc de la Knesset, à l'ombre du temple de l'impudente politique israélienne. Samedi après-midi, c'est shabbat. Toutes les familles sont sorties avec les enfants, les poussettes. Perruques, chapeaux noirs, tsitsits, autant de signes extérieurs d'appartenance religieuse. On s'y fait jamais. Demain il y a une visite d'H2, la terrible zone mixte d'Hébron, partagée entre colons ultra du sionisme religieux et Palestiniens. J'ai proposé à mon Israélien d'y aller. Ayant mal présenté la chose, il était plutôt froid. On en a reparlé, j'ai évoqué ma douloureuse visite de l'hiver au Tombeau des Patriarches. Il est d'accord pour en faire une, plus tard. C'est assez frustrant car je ne peux pas l'emmener dans les principales villes de Cisjordanie. Une histoire de concessions. Mais si je n'ambitionne pas de le faire changer - même s'il vote Meretz et est un partisan de gauche convaincu - je veux au moins lui montrer. C'est la part la plus importante du boulot. Petit à petit l'oiseau fait son nid. Les Israéliens vivent dans une ignorance crasse, le plus souvent, de ce qui se passe chez leurs voisins qu'ils occupent. Il faut changer ça. Et tout y participe.




Ramallah, dimanche dernier. Un carrefour où des "martyrs" sont morts, quelques années avant. Un portrait d'Arafat sur le symbole de la lutte palestinienne, le Dôme du Rocher.
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