Homophobia
Pour la seconde fois dans ma vie, j'ai été la cible d'une remarque homophobe. J'étais étendu sur une pelouse du parc de l'Indépendance avec mon Israélien, un bras posé langoureusement sur lui, seulement. Un couple passe. C'est un de ces Israéliens à kippa colorée, souvent signe des meilleurs sionistes, souvent des colons. Pas de tsitsits pourtant. Il dit quelque chose en hébreu lorsqu'il passe près de nous. Je remarque qu'il hausse la voix pour qu'on l'entende. Deux ou trois secondes après je demande à Y. ce qu'il a dit, comme ça. Il me traduit un truc du genre : "Go back to the closet, fags". Je me retourne. J'étais couché sur le ventre. ll est déjà à 15 mètres quand lui aussi se retourne. Je lui fais naturellement un doigt d'honneur, comme pour laver le mien. Il saisit son appareil génital dans la main droite, à travers son short, et le secoue en gueulant quelque chose. Marque ultime d'une virilité qui me ferait défaut à ses yeux, sans doute. Je n'ai rien trouvé de mieux que de lui crier : "T'as un problème connard ?" en français dans le texte. Il se retourne vers sa poule, une vraie poule, et rigole. Il se casse. J'aurais compris ce qu'il avait dit, je pense que je me serais levé. Y. me dit que ça ne vaut pas la peine de s'abaisser à leur niveau. C'est vrai. Mais bon, c'est très énervant. Ici, ce n'est pas puni par la loi, les insultes homophobes, ni les insultes racistes. Y. n'a pas su me dire si les propos antisémites étaient punis par la loi israélienne. Etait-ce une insulte homophobe ? Oui. Peu importe, ça m'a choqué plus que blessé, dans un pays où ça paraissait plutôt accepté, en tous cas dans les rues du centre de Jérusalem. Il était assez jeune surtout. 25 ans environ. Sans sa copine, il n'aurait sans doute rien dit. Encore un comportement de coq. Comme celui que j'aurais eu si je m'étais levé en entendant ses propos. Je me serais fait traiter de chapon...
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