Juifs ou chrétiens messianiques ? Who knows ? Tous des voleurs de toute façon

Publié le par Qalawun

Hier en fin d'après-midi j'étais à une célébration organisée par une communauté messianique. Je n'ai pas compris s'ils étaient juifs ou chrétiens. La "messe" avait lieu dans une chapelle sans croix, très simple, et était dite moitié en français moitié en hébreu. La chapelle appartient à une communauté chrétienne protestante. Tout porte à croire que ce sont des chrétiens messianiques, ce qui pour moi semble un pléonasme... Mais peut-être était-ce des juifs messianiques, c'est à dire, qui croient en Jésus. Quoi qu'il en soit, j'ai communié, oui, en buvant le sang et mangeant la chair. J'ai donné pour la quête, au milieu de ces drôles de gens. Au moins quatre ou cinq ont pris la parole spontanément, pour exprimer leur joie d'être accompagné par le Seigneur. Ô Seigneur merci, Ô Seigneur nous te rendons grâce, Ô Seigneur toi qui souffle l'amour dans nos coeur, Ô Seig... Oui bon bah ça va.

Je ne sais pas pourquoi mais je n'ai vraiment pas accroché. Cette débauche de sentiments miévreux, cette communion tous ensemble dans cette petite chapelle blanche aux luminaires IKEA. Le jeune chanteur à la guitare qui, les yeux fermés, a répété plus de fois le mot Seigneur que le pasteur. Ce bon pasteur qui nous a rappelé des passages de la Bible. Ancien Testament seulement. La destruction de Sodome et Gomorrhe, l'humilité, la repentance, la confession, etc. Cette espèce de bonheur forcé m'a carrément énervé même si, l'espace d'un instant, j'appréciais de retrouver ce que je pourrais appeler mes "racines chrétiennes". Ou tout du moins de retrouver un peu de religiosité teintée de foi, puisque visiblement ils ne sont pas chrétiens mais juifs. Le bon pasteur nous a évidemment parlé de ses ouvriers arabes, vu qu'il déménageait ce jour là. Il n'a pas voulu dévoiler le montant des pourboires qu'il a laissé au responsable des déménageurs. Humilité. Bref, je dois avoir la tête toute pourrie de paranoïa anti-arabe, anti-palestinienne, mais la condescendance avec laquelle il a raconté cette histoire avait quelque chose de dégoûtante, derrière ses aspects bien pensant.

En sortant de la messe, après un petit pot au Jerusalem Hotel, on va recupérer nos vélos, A. et moi, empruntés à mes deux colocs. Celui du nouveau coloc est un vélo de compétition quasi. A peine disais-je à mon compagnon :"J'espère qu'on ne s'est pas fait tirer les vélos" que je réalisais qu'un gamin à roller trifouillait la roue d'un des vélos pour se casser avec. Je cours, il ne me voit pas, et je l'attrape par le bras. Son comparse fuit sur son vélon avec la selle, les garde-boue, le cadenas du vélo de compète que j'avais emprunté. Je commence à engueuler
en arabe celui que j'avais attrapé . Le pauvre gamin de 7 ou 8 ans se met à pleurer. Il sèche vite ses larmes, et nous accompagne, bon an mal an, jusqu'à la maison de son pote le voleur dans la vieille ville. On déambule dans les rues parfois crasseuses du quartier pour arriver jusque sous sa fenêtre. Là, Firas, le petit que j'avais attrapé, gueule : " Mouhannad, Mouhannad, enzel ! " Mouhannad, descend, ils sont là. Après 5 minutes d'attente, le gamin revient avec la selle et le garde-boue. Fier comme Artaban sur le pas de sa porte, ce gamin de 10 ans niait les avoir volés. "C'est un ami" il répétait sans cesse. On retourne sur les lieux du crime pour essayer de retrouver les pièces manquantes, l'attache de la selle et les vis du garde-boue. Et voilà le ptit bonhomme qui revient, fier et intrigué en même temps. Ils ont bien vu qu'on ne ferait rien de toute façon. On a même réussi à se serrer la main ensuite, avec le gamin de 8 ans... Une drôle d'histoire qui va me couter un cadenas à 40 euros à racheter au troisième coloc.

C'est avec une peine non dissimulée d'ailleurs que j'annonce le départ de ma colocataire lesbiche, la charmante flamande, qui a été remplacée par un non moins charmant Allemand, quoiqu'un peu obscur par moment. De plus, un de mes magnifiques poissons a rendu l'âme. Les nageoires rongées par un mal inconnu. Un matin, il nageait à reculons sur le dos, avant d'aller se coincer entre la vitre et le filtre. Il a terminé à la poubelle, via un stop sur le lit de ma coloc. Il était beau. Je vais d'ailleurs mettre sa photo.



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Publié dans Découverte

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P
Si "il était beau", est-ce que "il sentait bon le sable chaud" aussi? Parce que ce serait un indice de ce qui a pu lui arriver! :p
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