Mythologies israélo-palestiniennes

Publié le par Qalawun

Trois mètres derrière moi, mon lit. Gros drap housse de coton à fleurs bleues. La couette blanche est froissée. J’ai eu froid cette nuit. J’ai pesté contre le chauffage que je n’avais pas mis, contre la couverture restée au fond de ma penderie, contre celui que je n’avais pas mis dans mon lit. 2.29 minutes de Gainsbourg. Toi petite, tu es de la dynamite. Sea sex and sun. Passage sur la bakélite, une résine plastique des années folles. Des seins de bakélite. Une fois mon père m’a demandé si je connaissais Gainsbourg. C’était dans un taxi, sur le périph, une nuit d’été. « Un grand chanteur. Il est mort au début des 90’s ». Je lui en ai tellement voulu de me poser cette question. Comme une insulte à ce que j’étais. Un apprenti fan de Gainsbourg.


Trois mètres derrière moi, mon lit. Mes clopes sur la couette froissée. Le paquet de Gauloises rouge m’attend. Je l’ai jeté fatigué à mon retour du bar. Incongruité des occasions pour boire un verre. Les 6 mois, 6 jours et quelque 6 heures d’un bébé. Tout est bon à saisir, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je m’interrogeais sur la nécessité d’avoir un enfant, surtout pour un homosexuel. Réflexe naturel d’une horloge biologique qui tourne ? Suis-je sexiste en pensant que ce n’est vrai que pour les femmes ? Désir d’une prolongation du soi, velléité narcissique, caprice, immaturité qui consisterait à envoyer un être dans les grandes emmerdes de la vie, désir d’une preuve éclatante de réussite sociale ? Il n’y a pas nécessité. Mais le désir est là même s’il est difficile à identifier. Les obstacles légaux auront sans doute raison de moi. Trouver « la bonne personne » aussi, sans doute.


Je viens de m’arracher un poil du nez en le tirant de deux ongles. Au moins un centimètre, dur et moitié noir. La racine était restée blanche. Douleur aiguë mais passagère. Au moins il ne me grattera plus. C’est décidé, je dois partir dans le Sinaï. Ca vient de se décider, ce week end. La chaleur des montagnes. L’eau encore fraîche. Tout en bleu et jaune. Alcools achetés à la frontière à Eilat. Passer devant le Hilton qui a sauté. Dire au revoir à Israël, l’espace de quatre jours. Oublier  les nuits noyées d’alcool des Israéliens. Oublier les M16 et les Kawasaki KLE 500. Oublier le mur et ses mesures vexatoires. Oublier Ban Ki-moon et Condoleezza Rice en visite au Proche-Orient pour on ne sait plus trop quoi. On croit avancer. On stagne, surtout. Englués qu’ils sont dans l’inextricable problème de Jérusalem, des colonies, des frontières, des réfugiés, des prisonniers,.... Dans une de ses deux limousines noires, Condi travaillait ce soir, en passant devant le King David. Sur quoi planche-t-elle ? Discours politique tenu si loin des réalités. Sa nouvelle politique pragmatique du « pas à pas » amènera-t-elle tous les participants autour d’une table ? Pfffttt… J’aime ce ballet des diplomates qui s’activent au chevet d’un Etat que l’on sait mort-né. Géographie imposée, état de fait qui,  tout plein du culot de ceux qui l’imposent, saborde toute possibilité de créer un « état viable ». La Palestine ? Un Bantoustan.


Je crois qu’on ne se rend pas vraiment compte. D’un côté une société empreinte de principes obsidionaux, volontairement ignorante, vivant sur des clichés, parfois justifiés, une jeunesse qui en a ras-le-bol certes mais qu’on voit peu prendre des décisions, une vraie gauche inexistante, une manière presque systématique de rejeter la faute sur l’autre. De l’autre une société éclatée, souffrant d’un manque de leadership et de charisme, peut-être sensible aux sirènes de l'islam politique mais ne pouvant rejeter ses acquis laïcs et éclairés, la tentation dévastatrice de l’attentat par des groupuscules terroristes qui sapent les moindres efforts, une situation économique engluante, une société cassée par la présence des M16 et des chars. Gros travail de résilience. Au-delà des faits politiques et de leur traduction dans la réalité, ces deux sociétés ne se connaissent pas, vivent sur des mythes.


Démythifier ? Sans aucun doute.

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Publié dans Jour après jour

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S
Ouaip... Tu deviens vraiment sexiste, et tu perds la mémoire ;) La dernière fois qu'on en a parlé, c'était toi qui avait la "parentite" aïgue...<br /> Mais pour répondre plus clairement à ta réflexion sur la "nécessité" d'avoir un enfant, je ne pense pas que s'en soit une... J'ai bien eu envie d'être mère, il fut un temps... Mais je ne la ressent plus - depuis que je suis séparée de celui que j'aime. <br /> <br /> En effet, quelle "nécessité" (pour reprendre tes mots) d'avoir un enfant pour avoir un enfant? <br /> A part celle de prendre quelqu'un d'autre que soi en charge, de s'occuper de quelqu'un qui en a réellement besoin et de donner le meilleur de soi-même (en essayant de faire mieux que nos parents), sans risquer de se demander si l'on ne s'investit pas dans de mauvaises (wrong) directions...<br /> <br /> Sur ce, j'espère avoir suffisament fait irruption dans ton univers webmatique pour mériter un petit coucou.<br /> Tu me manques mon p'tit loup!!!
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Q
Détrompe-toi, je suis un grand optimiste.
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L
Mais en quelle vie peut donc croire un État si ne serait-ce qu'un seul homme, dehors, estime d'emblée le savoir mort-né ? Quel individu condamnerait-on ainsi ? Tout a le droit de vivre, grâce à la gratuite conviction d'autrui, rien ne peut grandir sans la foi des autres. <br /> Et si c'était justement à nous les "observateurs" d'avoir la foi ? nous qui ne sommes pas entravés par le nihilisme de la souffrance née-morte, rejetée sur l'autre (effet bantoustan garanti)? nous à qui incombe peut-être, au contraire, d'assumer l'hypocrisie des dérisoires pantins pacificateurs. Nous dont la vie ne sera jamais changée par le sort d'un État nourrisson. <br /> Elle a bon dos, l'observation. <br /> <br /> Et Alan, doit-il crier encore plus fort du fond de sa cellule pour que les limousines de Condi dévient vers lui leur trajectoire ?
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O
Choupinet j'te vois plus sur msn !!!!<br /> Tu deviens quoi ? Ecris-moi quand tu as le temps.<br /> Gros bisous.<br /> Jé
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