Ramallah, Luther et moi

Publié le par Qalawun

Les soeurs Chiche se produisaient ce soir dans une église luthérienne de Ramallah. Toujours les mêmes impressions en longeant le Mur qui tranche dans la chair palestinienne. Ils ont fermé le trou de Ram, les quelques mètres où les voitures passaient encore, entre les dominos de béton, 8 mètres gris, déjà taggés et poussiéreux. Il faut contourner le mur, passer par un autre trou, plus au nord. Les bulldozers ont éventré une canalisation d'égoûts. Les voitures et les piétons passent dans le ruisseau nauséabond. Une grande mare merdeuse est retenue par un talus de terre. Fenêtres remontées de la voiture plaque diplo, on passe, on est de l'autre côté. Ces côtés qui n'ont pas lieu d'être. On rattrape le rond-point à côté du checkpoint de Qalandiah. Aucun réverbère ici pour éclairer les routes. Les voitures s'entassent au checkpoint, passant au compte-goutte. On le laisse de côté, le terminal de Qalandiah, pour s'engrouffrer sur les routes cahoteuses de Ramallah. Encore une cigarette fumée le bras par la fenêtre de la voiture blanche automatique. Le concert dans l'église se passe, deux soeurs, une blonde, une brune, une guitare et un violon. Something great. Des virtuoses primées partout. Je verse ma larme caché sur mon bout de banc d'église aux premières notes d'une partitas de Bach. Il fait froid et mes pieds gèlent. L'envie de pisser me gâche la fin du concert. Toujours la même jalousie, la même admiration, contemplation pour les musiciens de talent. La journée a été longue et même un peu inintéressante. J'ai cherché des heures sur le net les textes arabes du Hadith de Gabriel et un poème d'Abou Nuwas. J'ai trouvé le hadith, je devrai me passer des évocations érotiques du père Nuwas. Poète du IXème siècle, à l'époque de l'adab, des grands califes, des pédés qui s'assumait et qu'on ne décapitait qu'en fin de vies, l'âge d'or pour certains. L'époque de Bagdad et de Samarra. Bref. Offer Nissim était au Mix dimanche dernier j'ai su. Et dire que je le cherche partout ici. A croire qu'il me fuit. J'aurais aimé voir sa silhouette déguingandée s'agiter sur la zik. Rien n'est perdu. J'ai pour l'instant décidé de rester deux ans ici. Au milieu des Juifs, au milieu des Arabes. Ces sushis sont pas cachers j'entendais hier en passant dans la rue, près du Kikar Zion. Un groupe de Français juifs glosaient sur la possibilité d'aller manger des sushis. Hier aussi, l'histoire de la bouteille de vin cacher "décachérisée" par la main du goy, après son ouverture. Souillure ! Impropre à la consommation désormais. Je suis encore trop peu au courant des us juives, mais rien ne sert de courir. D'ailleurs j'en suis à mon cinquième cours d'hébreu. Je sais dire : rire, je bois du jus d'orange, elle est née, week-end, j'habite près de l'American Colony, je peux avoir l'addition s'il vous plaît, ich möchte ein apfelstrudle bitte, j'étudie l'hébreu. La phrase fétiche réservée à l'hospice autrichien s'est glissée là dedans. Je ne sais pas pourquoi, mais comme on associe juif et allemand, j'associe hébreu et allemand. Anyway, j'ai encore trop fumé. Je devrais aller ce week-end et à Jéricho et à Tel Aviv, saisir les contrastes. A cheval à Jéricho, dans la dépression du grand Rift, et plus tard la "capitale" de l'Etat juif, les rives de la mer blanche. La mer blanche c'est un des anciens noms arabes de la mer méditerranée. Contrastes entre ville champignon luxuriante et ville poussiéreuse, asphyxiée, traumatisée. Il y a quelques semaines, un jeune a couru vers un checkpoint du nord de Jéricho, un pistolet en plastique à la main, les soldats ont tiré, il est mort. Il s'est suicidé ses proches ont dit. Quoi de plus désespéré que çà ? Les suicide-bombers n'ont plus qu'à aller se rhabiller. 16 ans, incarcéré plusieurs fois, famille détruite, bla bla, c'est une famille que quelqu'un connaissait. Je ne connais pas la Palestine, trop mal encore. Les checkpoints de Qalandiah, de Pisgat Zeev, Gilo, Abou Dis, autant de lieux traversés, des traversées vécues, plus ou moins bien. Mais la réalité sociale, celle dont je me disais moins demandeur, m'échappe encore, et me manque.  Hier l'ONU a demandé 460 millions USD pour la Palestine. Les deux tiers de ses habitants vivent désormais sous le seuil de pauvreté. Ce montant est le troisième demandé pour un pays par l'ONU après le Soudan (1.100 M USD et la RDC 660 M USD). Comparez la taille de la Cisjordanie-Gaza avec la taille du Soudan et du Zaïre. Quelque chose comme les premier et quatrième plus grands pays d'Afrique. L'ampleur de la catastrophe. La vie est dure, et l'amour pas là. Ah la la, encore une capote qui traîne sur la table du salon. Ma troisième coloc, habituée des night-clubs, a rapporté une capote Durex, Pleasuremax. Ces nouvelles capotes qui "maximise stimulation for both partners". On l'a laissé pour le premier qui en aurait besoin.



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Publié dans Jour après jour

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R
Si je ne me trompe pas da' 'anka lawmi c est un poeme qu on a etudie a Paris ? ET l'autre c est pas le poeme de J-F le marin ? Celui la : Kontou naiman baina tifl wa tifla wa talazzaztou min al-amami wa al-wara'i ? Si c est ca qe tu cherches il me sembles que c est de al-moutanabbi ;) <br /> Comment ca tu n as plus aucune litterature dabs ta bibliothèque ?!?! Aurais-tu égaré tes livres dans un aéroport cairote par hasar :P? Bon oki cheap shot j'avoue ;) J'essaie de te retrouver le da' 'anka lawmi pour l autre ca va etre plus difficil parce que je n ai pas  de recueil d'al-moutanabby sous la main ......
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Q
Erf je connais pas Michael Marx.... Sinon pour Nuwas, je n'ai quasi plus aucune littérature dans ma bibliiothèque ici, c'est une honte !  Donc je voulais juste relire le Da3 3anka Lawmi... et trouver celui qui parle de la nuit passée entre le jeune homme et la jeune fille, et la "réjouissance de devant et de derrière". Faut que je fasse un tour à la librairie...
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P
Tu n'as rien loupé. La première partie (Michael Marx) était beaucoup plus trippante et festive. Offer va bientôt passer du mode "in" au mode "off". Ceci dit la salle était comble, du jamais vu.
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R
C'est quoi le poeme de Nuwas que tu cherches ? ;)
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