Rentre à Ramallah !

Publié le par Qalawun

Je n'avais pas mon passeport quand je suis allé à Ramallah pour les célébrations de l'anniversaire de la mort d'Arafat. Seulement mon ID israélienne, sorte de carte d'identité délivrée par le ministère israélien des Affaires étrangères. On descend du taxi collectif qui nous amène de la place centrale d'Al Manara jusqu'à cette chose étrange qu'est Qalandiah. On fait la queue devant les tourniquets de métal, attendant que les lumières vertes s'allument pour que 4 ou 5 d'entre nous passent dans le grand sas. Ce ne sont pas des tourniquets de métro. Ca fait plutôt penser à une sorte de moulinette de cuisine dans laquelle on hache le persil. Bref, voilà mon tour, je mets mes sacs dans le détecteur à rayon X, je passe sous le détecteur, les deux soldates sont enfermées derrière la vitre blindée. Je plaque mon ID sur la vitre. Elle prend son micro pour me demander ce que c'est que ce truc. Elle ne sait pas ce que c'est, je le passe par la trappe. Elle regarde, puis me dit de retourner à Ramallah, je ne passerai pas avec ça, ça dure 5 min. Tu rentres à Ramallah, tu ne peux pas passer. Elle gueule  dans son micro. L'autre nous demande, ma coloc et moi, si on parle français. Elle est française, la soldate. Je la vois prendre son M16 et se le passer en bandoulière. Elle nous fait signe de venir vers un autre sas, minuscule. Une vitre blindée de ce sas entre deux portes donne sur leur bureau, pour qu'on puisse "discuter" avec elles. La "française" vient prendre mes papiers, avec son M16. Elle me demande le numéro de mon employeur. Ils appellent, en hébreu, puis en français. Elle me propose une clope en m'énonçant de monumentales conneries sur les Territoires. A tomber par terre. Mais c'est intéressant de rentrer un minimum dans son jeu pour connaître le fond de leur pensée. Qui n'a rien de profonde d'ailleurs. J'aurais rencontré cette fille à Paris, sans son putain de M16, je l'aurais rapidement calmée. Enfin,  il vaut parfois mieux faire profil bas. On ressort après 25 min. On repasse les autres tourniquets et on s'engouffre dans un service pour la porte de Damas. Mauvaise expérience. Surtout que cette ID israélienne est amplement suffisante pour passer cette "frontière" et que, d'après mes sources bien informées, ma barbe est pour beaucoup dans ce problème. Vous avez dit délit de sale gueule ?
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Publié dans Jour après jour

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