Souvenirs des terres d'Oman II

Publié le par Qalawun

15 avril
Les mers d'Oman
 

Me revoilà après une grosse semaine d'absence, je crois. Le temps de plonger dans l'Océan indien, la Mer d'Oman et le Golfe arabo-persique. Autant de petites aventures vécues pendant ces quelques jours. Que ce soit les longs kilomètres de piste poussiéreuse -gargara, en arabe omanais-, les feux de camp pour faire notre popote, les problèmes mécaniques de la Jeep, l'éclosion des bébés tortues marines, oublier la tente à la maison et se partager le duvet, filmer un requin du bord de la plage, appeler les dauphins, faire fuir une immense raie ou bien passer 48 heures sur une plage sans ombre. Autant de choses qui font que quelques jours passent plutôt vite, sans y penser, malgré les longues nuits dans le sable et les cailloux, à se tordre et se retordre pour trouver une bonne position et se rendormir. Nous avons donc descendu la côte à partir de Mascate, dans la poussière à partir de Qurayyat, la piste s'élève dans les montagnes pour replonger vers la mer, bleu profond. On cherche une curiosité géologique, un trou d'eau de mer, large et profond d'une quarantaine de mètres, rempli de bleu, turquoise, noir, vert. On y descend par une volée de marches, l'eau est bonne, salée, à quelque centaines de mètres du rivage ; je passe sur la visite du tombeau du père de la Vierge, mort ici on ne sait plus comment, dans un port au passé prestigieux, à l'embouchure d'un oued dévalant la montagne. On passe vers Sur, un phare sur une lagune où des bancs de mouettes guettent le retour des pêcheurs, les premiers boutres, tout de bois. C'est beau, un boutre. Je vous donne cette contrepétrie d'ailleurs : le boutre du sultan remonte le confluent de la Garonne. Bon courage ! On dépose mon Tom dans un taxi pour remonter sur la capitale. Dorothée, Carole et moi poursuivons vers cap Jinz, là où les tortues vont pondre. C'est vers l'été qu'elles débarquent par centaines toutes les nuits pour livrer leurs oeufs aux prédateurs des plages. Mais le radiateur percé et le pot d'échappement dessoudé nous retardent. On répare. On arrive à la nuit, 21h30, les guides de la réserve nous montre une grosse tortue, fatiguée, recouvrant -très- lentement les oeufs qu'elle vient de pondre. Mais on est trop nombreux autour de l'une des deux seules tortues de la nuit. Pas super. L'éclosion des bébés est plus drôle. Pour les aider à sortir, un Omanais plonge ses mains dans le sable, triture, farfouille et ressort ses paluches en jetant sur le sable une dizaine de petites choses vertes-noires, avec quatre grandes pattes, se débattant pour aller vers la mer. Il refait l'opération jusqu'à avoir sorti la centaine de "small baby turtles". L'Omanais nous raconte la ruse des renards qui attendent les bébés qui sortent du sable, un par un, et leur mangent la tête, jusqu'au dernier. C'est lorsqu'ils sont tous sortis -et morts- qu'il les rapporte, deux par deux, jusqu'à son terrier. 3% des bébés atteignent la haute mer, après avoir évité crabe, renards, oiseaux, chiens, chats, etc. La plage est splendide, gros rochers jaunes sur mer cyan, sympa, grosses vagues et crabes aux gros yeux noirs comme des allumettes cramées. On bronze, on part pour Ras al-Hadd, le cap le plus à l'Est de la péninsule arabique. Il fait pas beau, un temps morose, un cap battu par les vents et des vagues énormes qui viennent se casser sur les rochers. On dirait cap Fréhel. On mange chez un Indien pour rien, on dort sur une plage de pêcheurs où le soleil se lève sur une tortue morte. La plage est néanmoins belle, malgré les cahutes des pêcheurs et les restes de poissons.

Hum, trop de trucs à raconter pour aujourdhui. La baignade dans l'oued de la tribu des Banu Khaled, avec ses eaux toujours vertes mais douces, cette fois. La nuit dans le désert, et le retour sur Suhar, la visite du vieux Mascate, du souk et l'achat de mes premiers wizars, les paréos de coton que portent les hommes sous leur dishdasha.

Le Mousandam, ses dauphins, ses requins, etc. ce sera pour demain, in cha allah.

 
 
 
5 avril
Ahhh, les maladies parasitaires…
 

Avant de partir en week-end pour quelques jours (jusqu'à mardi normalement), je vous propose une "découverte".

Je suis tombé sur un article de Libé intitulé "le Sud, pas solvable, donc pas soigné". La problématique est ancienne. Les firmes pharmaceutiques n'ont que peu d'intérêt à développer des médicaments pour des maladies qui ne touchent que les populations pauvres, tel que le paludisme-malaria. Ces populations sont incapables de payer les traitements. Le slogan "90% de la recherche mondiale ne concerne que 10% de la population" n'est pas tout à fait vrai. Mais il donne une idée de la réalité. J'imagine que vous avez entendu parler des brevets pharmaceutiques que tous les pays de l'OMC ont désormais l'obligation de reconnaître. Ce qui sonne le glas de pas mal de médicaments génériques. L'Inde, il a quelques semaines, alors qu'elle était un énorme producteur de médocs génériques, vient de reconnaître ce système de brevets. Adieu les traitements contre le VIH à bas prix, dont l'Inde était le principal fournisseur...

Bref, la découverte ce n'était pas ça. Je voulais vous parler de la leishmaniose, que je viens de découvrir. Avec le paludisme, la dengue ou la cécité des rivières, c'est une "maladie négligée" de la recherche.

En définition scientifique c'est ça :

La leishmaniose est une réticulo-endothéliose parasitaire dont l'agent pathogène est un zooflagellé appartenant au genre Leishmania (17 espèces de ce parasite sont pathogènes pour l'homme) transmis par la piqûre d'un insecte appartenant au genre Phlebotomus (petit insecte velu agissant surtout la nuit).
Cet agent pathogène infecte les macrophages (des copains des globules blancs si je me souviens bien de mes cours de bio) des mammifères, dont l'humain. Il y' a trois formes de leishmaniose : la leishmaniose cutanée, la leishmaniose muco-cutanée et la leishmaniose viscérale. La première fait se couvrir la peau de plaies sur le visage, les bras, les jambes. Jusqu'à deux cents plaies qui ne cicatrisent pas. La seconde provoque une destruction défigurante des muqueuses du nez, de la bouche et de la gorge. La troisième, la plus grave, a une mortalité de 100% en quelques mois si aucun traitement n'est prodigué. La rate et le foie gonflent, elle provoque l'anémie, des fièvres et une importante perte de poids. Environ douze millions de personnes sont atteintes par cette maladie (en comparaison, un peu plus de 40 millions infectées par le VIH).

C'est une maladie bien connue des vétérinaires français, les chiens sont souvent parasités dans le Sud de la France (pour info, 23 cas de leishmaniose viscérale humaine en France en 99). C'est une maladie endémique dans 88 pays, répartis sur quatre continents. Un million à 1,5 million de nouveaux cas chaque année. Je mets en lien le site de l'OMS, intéressant à beaucoup d'autres égards ^^.

++, à la semaine prochaine :=)
 
 
4 avril
Hugo, l'orientaliste possédé
 
الجنّ
 

J'avais trouvé ce poème dans un vieux recueil de textes d'Hugo, les Orientales. Il m'avait déjà beaucoup plu. Je l'ai redécouvert aujourd'hui, au gré de mes errances sur le net. J'aime la fluidité du texte, qui peut être lu soit très vite, en survol, soit en liant toutes les phrases ensemble. Peu de références à l'Orient dans son texte, on a plutôt l'image d'une campagne française que les vents tristes de la côte viennent balayer. La Vendée, tiens ! Chère à Hugo aussi. Les ifs, de cimetière, sont  absents des contrées arabes. Ces Arabes évoqués, avec les djinns, un prophète et une prosternation -peut-être l'encensoir aussi- sont les seules références à cet Est trafiqué du XIXème. Mauvais rêve pour Hugo, une ode à la nuit, au flux et au reflux.

 
Les Djinns :


Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.

Dans la plaine
Nait un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une ame
Qu'une flamme
Toujours suit.

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche,
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantot s'écroule
Et tantot grandit.

Dieu! La voix sépulcrale
Des Djinns!... - Quel bruit ils font!
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond!
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe..
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brulant.
Leur troupeau lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout pres! - Tenons fermée
Cette salle ou nous les narguons
Quel bruit dehors! Hideuse armée
De vampires et de dragons!
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée,
Tremble, à déraciner ses gonds.

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure!
L'horrible essaim, poussé par l'aquillon,
Sans doute, o ciel! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille sechée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!

Prophète! Si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs!
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs!

Ils sont passés! - Leur cohorte
S'envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés!

De leurs ailes lointaines
Le battement décroit.
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouir la sauterelle
Crier d'une voix grêle
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor.
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grêve
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leur pas;
Leur essaim gronde;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord;
C'est la plainte
Presque éteinte
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute: -
Tout fuit,
Tout passe;
L'espace
Efface
Le bruit.

 
V. HUGO
 
 
3 avril
CPE, kleenex et gauche caviar
 

On est tombé sur cet article dans Courrier international. Je le trouve intéressant. Il pointe le fait qu'une certaine gauche des nantis se servirait des mouvements lycéens et étudiants pour conserver ses acquis. La suite de l'article réagit, entre autre, à la manière quasi-automatique de la rue à s'opposer : "un vrai divorce entre une rue qui condamne sans savoir et des milieux économiques qui expliquent sans convaincre". D'autres journaux européens sont plus acides à propos de la France, qui "plombe" littéralement l'Europe par son incapacité à se réformer : citoyens frustrés, opposés à tout changement, un pouvoir qui se défait, pays qui a besoin d'un électrochoc. Dans El Pais du 28 mars, on nous dit que le CPE est déjà en vigueur dans beaucoup de pays européens et que "la France vit un psychodrame", et "essaye de préserver à outrance un système social qui a besoin de réformes." Moi, je ne sais que croire. Encore que j'ai déjà une petite idée.

 
Voilà l'article du Temps dont je parlais au début :
 

En France, les jeunes sont les "boucliers jetables des nantis de gauche"

Sous ce titre, le quotidien suisse Le Temps consacre son éditorial à la journée d'action syndicale contre le contrat première embauche (CPE) en France. "Il y a quelque chose de fascinant à voir les syndicalistes et fonctionnaires français afficher devant les caméras complaisantes leur 'solidarité' avec les jeunes manifestants pour dénoncer le contrat première embauche. C'est comme si un couple de retraités occupant un appartement de 180 m2 au loyer bloqué depuis dix ans descendait dans la rue avec les familles nombreuses qui ne trouvent pas à se loger."

Et d'asséner : "La gauche conservatrice française se sert des étudiants comme d'un bouclier pour défendre ses propres intérêts. C'est honteux." Ceux qui "ont la chance de se trouver à l'intérieur du système social" bénéficient d'une protection de leur niveau de vie. "Le revers de cette protection, c'est la rigidité excluant du système ceux-là mêmes qui devraient assurer son avenir, notamment les jeunes en recherche d'emploi."

Dans un pays où pratiquement un diplômé sur quatre n'arrive pas à se faire embaucher, les manifestations contre le CPE "expriment un authentique malaise", estime le quotidien. Le CPE, "vomi de toutes parts", révèle "une haine viscérale, caricaturale de l'entreprise, symbole de toutes les exploitations". Le Temps n'a pas de mots assez durs pour dénoncer "le procès d'intention" fait aux patrons qui soutiennent le CPE, "une tentative, peut-être maladroite mais sincère", pour faciliter la recherche de travail. "Que la grande majorité des chefs d'entreprise n'aient aucun intérêt à transformer la leur en carrousel, qu'ils préfèrent investir dans les gens compétents et motivés, qu'ils aient simplement besoin d'un petit peu d'air pour équilibrer leurs comptes à la fin de l'année, voilà qui n'effleure pas l'esprit des opposants."

Et de conclure, sur le même ton critique et acerbe : "Le voilà, le vrai divorce, entre une rue qui condamne sans savoir et des milieux économiques qui expliquent sans convaincre. Les politiciens devraient faire bloc derrière le Premier ministre. Mais, à un an des élections, ils ont leurs propres soucis d'embauche."

 
1 avril
Entre les sables et l'oued
 

Ce week-end, on a rendu visite aux "Wahiba sands", quelque douze mille kilomètres carrés de dunes au sud-ouest de Sur. Ce petit désert, comparé à l'"Empty quarter", abrite 130 espèces de plantes et plus de 200 espèces de mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux... C'est fou. Bref, on est allés dans une espèce de camp situé au début des sables, au niveau des premières grandes dunes. C'est là que certains expats vont passer leur week-end avec leur gros 4x4 et leurs mioches. C'est d'ailleurs assez drôle, sur le coup des 16h-17h,  il ne reste qu'au camp que les femmes et leurs myriades de marmots. Pourquoi ? Parce que c'est l'heure où tous -TOUS- les mecs vont faire joujou avec leur gros 4x4 dans les dunes. Le phénomène est assez drôle à voir. Le nôtre -de 4x4- n'a eu aucun problème. Parce que nous l'avons laissé à Mascate, en fait. On était nombreux (7 pour le week-end : Hassan, les deux Chris et leurs amis Mag et Nico, Tom et moi) et pour aller plus vite, on a pris deux petites peugeot 206. Une fois arrivés près du désert, on s'est fait transbahuter jusqu'au camp. Christine s'est soignée à grands renforts de Lexomil contre le mal de coeur. Enfin Lexomil, disons que j'ai oublié le nom du médicament contre le mal de gerbe. Ca finissait en IL. Et donc, 8 dans le gros mitsu(bishi), plus de 100 km/h sur sable, on arrive au camp après 10 min de piste. De loin, j'ai cru qu'on allait passer la nuit dans un camp de militaires. Ca peut avoir certains avantages mais là, la première impression était plutôt étrange. Plein de petites cahutes réparties autour d'un grand... espace communautaire, dirons-nous. En fait de tente pour bidasses, ce sont de sympathiques petites maisons en roseaux avec de vrais lits à l'intérieur, une lampe, des moustiquaires. Comble du luxe, il y a, d'une part des oreillers, mais surtout des douches ! Et des chiottes pas turques ! Bref, c'est la classe. Il y a des skis, des surfs, une grande dune. Moi, je ne skie pas, je vais prendre des photos, des skieurs. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas skié. Faut dire qu'il fallait porter le matériel jusqu'en haut. Et il faisait plutôt chaud, très chaud. Et mes tongues laissées au campement me le rappellent, j'ai l'impression de mettre mes pieds sur de la braise. Tant pis, je me brûle et monte la dune illico presto en faisant quelques poses assis sur mon short pour reposer les pieds. On revient du ski, on entame le UNO (que je découvrais) et on commence à prendre l'apéro. Bières, vin, vodka, jus de fruit, la totale en glacière fraîchement apportée. On se couche imbibés longtemps après un bon repas du type bédouin touristique, on se réveille pour un bon petit déj avec beans, oeufs durs, vache qui rit, confiotte et tralala. On rejoue au UNO, puis on part voir une amie d'ami. Elle est d'une famille à qui semble appartenir tout un village, le vieux fort y compris. Enfin, disons que chaque famille omanaise possède son village. On mange des dattes au sésame, des fruits, tous assis dans la grande salle de réception. On part voir un autre vieux village, entouré de vieilles tours reliées par un semblant de muraille qui transperce la palmeraie. Les maisons les plus vieilles se sont desséchées avec les siècles, elles tombent comme de vieux tas de poussière. Les nouvelles maisons sont des palais tout neufs. Moulures, frises de stuc, couleurs moches et vitres teintées concourent pour l'Omani Kitsch Trophy d'une baraque à l'autre. On repart pour aller se baigner dans les eaux d'un oued, on traverse les montagnes. Je me rends compte encore comme ce phénomène géologique -cette ophiolite- est quelque chose d'extraordinaire. A faire regretter de n'être pas géologue pour pouvoir comprendre les pourquoi des comment. On arrive dans l'oued, un village, beaucoup de palmiers, la gorge entre les montages se rétrécit, l'eau se concentre, devient verte. Des familles, indiennes, paki, omanaises ont posé leur natte avec bouffe et enfants. On se baigne, on joue au UNO. L'eau est comme il faut, trouble, verte. Il y a des nuées de petits poissons qui viennent nous picorer les doigts de pieds. Enfin, moi, je n'ai pas eu cette chance. On bronze, on se partage les huit gâteaux qu'il nous reste. On repasse par le village pour manger indien : lentilles, viande hachée, "légumes mélangés" (trad de khodar meshakkel), riz byriani. On rentre, je dors deux heures dans la voiture, la tête sur la grosse glacière, on rejoue au UNO en arrivant à Mascate. Gaële nous rappelle, on peut dormir chez elle. On mange au Hardee's. Miam ! Il est minuit.

On est samedi, je pars récupérer la bibliothèque musicale de Christophe avec le nouveau câble PC-to-PC usb qu'on vient d'acheter. Me voilà avec 11 giga de musique. On passe au Carrefour manger. Malheureusement, mes idées de lèche-vitrine sont stoppées net par Thomas qui me dit qu'il a un cours à 16h. On gonfle les pneus. Il faut du 350 kilo pascal ou 50 psi dans les pneus arrière. Il y a environ 30 lbs. Mais 1 lbs = 1 psi ? Là était la grande question. Je prends le pari que oui et regonfle tous les pneus, très largement dégonflés, donc très dangereux. Le Shell suivant nous indique, après quelques petits problèmes avec la machine à gonfler, que oui lbs = psi. Je ne vous ferai pas la conversion en kilopascal, j'ai oublié. Nous voilà à Suhar. Week-end tip top. Encore.

 
++
 
2 avril
Le roman-photo comme nouveau vecteur de la prévention
 

On m'a fait découvrir un site qui présente un roman photo bien sympathique. Pas trop mièvre, jolies photos, beaux acteurs, message clair. Au début, faut se laisser prendre par l'histoire, comme tous les romans-photos... Je le dis tout de suite, c'est axé sur la prévention contre le sida et pour l'usage de la capote. Sincèrement, ça vaut le coup d'oeil. Bon, c'est aussi très "milieu" parisien... Il est indiqué sur la page d'accueil que c'est un site pour personnes majeures, mais le contenu n'est absolument pas choquant. A peine voit-on une ou deux fesses (sympas, au demeurant). En tous cas, je trouve que c'est un moyen bien plus performant pour la prévention qu'une simple brochure ou panneau publicitaire. Evidemment, ça prend un peu de temps pour tout lire. Mais la pénétration du message est plus profonde, c'est une certitude :) La visibilité de ce genre de vecteur reste limitée et difficile à améliorer. S'il s'adresse avant tout à un public gay masculin (une seule actrice dans le roman, une seule réplique "le sida arrive aussi aux hétéros"), le message est valable pour tous. Bon, on ne s'arrêtera pas sur les quelques "clichés" présents -qui n'en sont pas vraiment- de cette communauté homo centre-parisienne. 

 

Voici le lien, ça s'appelle "Nous tous". Oui, le titre est un peu mords-moi-l'noeudhesque

 
1 avril
La devinette culturo-littéraire du soir
 

Mme de Sévigné aurait dit à sa fille, la comtesse de Grignan : "C'est une cuirasse contre le plaisir et une toile d'araignée contre le danger."

Certains disent que c'est de Mme de Staël mais, à vrai dire, on s'en fout un peu. En tous cas, ce n'est pas de Line Renaud ! (Line Renaud, c'est l'indice pour trouver la réponse ) C'est plutôt très facile, surtout ce week-end. Autre indice, c'était vrai au XVIIIème, ça ne l'est plus aujourd'hui, et heureusement ^^

 
 
30 mars
La quadrature du cercle
 
 

Je devais donc commencer mon stage le 15 mars. Bon, il fallait que je réunisse toutes les pièces pour constituer le dossier. Le plus dur étant d'avoir mes attestations d'assurances responsabilité civile et rapatriement. Il faut donc que, sur ces papiers, soit mentionné le nom du Sultanat d'Oman, stipulant que, moi, je suis bien assuré pour ce putain de sultanat, pour un stage d'études. J'avais pris, avant de partir à Damas, pour un autre stage d'études, une assurance monde. Je dis bien monde. J'avais constitué mon dossier pour le stage à Damas avec le Ministère des Affaires étrangères et l'INALCO, Langues O' pour les intimes. Nul problème alors pour m'envoler pour la Syrie et commencer mon stage. Je me suis dis qu'un fois l'accord de l'ambassadeur de Mascate obtenu, je n'aurais eu aucun problème pour faire rebelotte et rapidement me faire un petit dossier de stage. Nenni ! C'était sans compter sur la schkoumoune, les secrétaires, les procédures, le CPE, la distance Paris rues de Lille - la Pérouse / Suhar, la pluie, le beau temps e tutti quanti. Je demande donc à ma grand-mère -nous sommes au début de l'histoire du dossier Mascate- d'aller chercher mes contrats et attestations d'assurance rue de Linné, oui, vers Jussieu. Mon ancienne fac, près des vendeurs de cartes Magic. Bref, elle y va, refus catégorique de la madame de filer un contrat stipulant que je suis assuré pour le Sultanat d'Oman. Là, ça devient drôle. Car l'assurance qui m'assure pour le "Monde entier" refuse de préciser qu'elle m'assure pour Oman. [-_-] . Ca s'appellerait pas la quadrature du cercle ? Il ne reste plus qu'à invoquer la bonne étoile. La Matmut, pour laquelle la LMDE sous-traite, a son siège à Caen. Ma grand-mère les appelle (pour simplifier le tout, ma grand-mère deviendra Baba, c'est comme ça que je l'appelle depuis de longues années). Elle tombe sur une conne qui ne veut rien savoir. Désespérée, elle m'appelle, je lui donne un pseudo numéro de contrat marqué en haut d'une feuille verte de la Matmut. Elle rappelle, tombe sur une crème qui lui assure que tous les papiers lui seront envoyés au plus vite. Toute heureuse, Baba me rappelle. Tout heureux, j'écris un mail à l'ambassadeur, pour lui dire que les papiers sont là. Mon dossier est remis au service du courrier de l'INALCO, dûment visé et agréé par la responsable stages. On est le jeudi 23 mars. Je réécris à mon ambasse pour lui dire que ce courrier est enfin parti. 24, 25, CPE, 28, 29 mars, j'appelle le Ministère. Ils n'ont rien reçu. J'appelle l'INALCO, ils l'ont envoyé. Et la connasse qui me dit : "Mais Monsieur, vous avez tardé entre le 6 et le 15 mars, et maintenant vous nous pressez" ! Bref, je me dis que la Poste a dû le foutre en l'air pendant les journées de manif CPE. Puis, en rentrant de ma shisha-échecs avec mon Tom, je consulte les mails. Je vois un mail que je prends d'abord pour un spam : "de G$$$$$ Le C$$$". Comme si c'était un nom, çà, G$$$$$ Le C$$$. Je ne prends même pas la peine de l'ouvrir. Puis ma souris tombe dessus et outlook fait apparaître les premières phrases. Monsieur, il nous manque la mention du pays -Oman- dans votre attestation de reponsabilité civile ; ainsi que la mention stage d'étude à côté de votre assurance rapatriement !!! 10 jours perdus pour avoir ces putains de papiers, et voilà qu'au moment de tout finaliser, ce n'est toujours pas les bons. On tourne en rond, je tourne en bourrique, et mon stage va tourner court.

Sans parler des excuses que j'ai dû formuler à Mme X. après avoir envoyé un mail étonné et direct montrant mon interrogation quant à la réelle efficacité d'un secrétariat. Sans parler des nombreux déplacements effectués par la grand-mère, dans un Paris "qui brûle". Sans parler de l'attente de ce putain de stage.

 
 
29 mars
Jeanne d'Arc
 

Jeanne d'Arc n'aimait quand même pas trop qu'on la traite de pucelle.

(Trouvé dans un recueil de boulettes d'élèves)

 
 
28 mars
Les trois millions du mardi

Journée mouvementée que ce mardi 28 mars. La cote d’anti-popularité du CPE ne cesse d’augmenter. On parle de trois millions de personnes dans les rues. Les dernières dépêches AFP font état de 520 000 à deux millions de manifestants. « Les bons comptes font les bonnes manifs » ai-je lu quelque part. Le beau Bernard Thibault et sa très-rétro coupe de cheveux  « France d’en-bas » -oui la France d’en-bas est la seule à encore être fan de Mireille Matthieu- nous informe que « pour nous [la CGT], il n’y a qu’une seule issue, le retrait de cette réforme. » Vaines ouvertures de Villepin que de laisser place au dialogue, même formel, puisque aucun  n’est prêt à changer de position. Les étudiants sont en colère, et moi je le suis de voir un Internet français largement mobilisé par ça. La distance fait paraître le combat moins important. Advienne que pourra ! Et pourtant j’en parle, comme tous. D’autres infos se taillent la part de ce qui reste. La télévision est de plus en plus regardée dans le monde nous dit le directeur international de Médiamétrie. Chacun de nous, petits hommes du monde, regardons la télévision trois heures et quatre minutes par jour. Nous regardons à 44% des fictions, 38% des divertissements et le reste des programmes d’information (eh oui ce qui fait 100 – (44+38) = 18 % c’est bien peu). Le Japonais passe plus de 5h par jour devant la télé, l’Européen plus de trois heures. 18 % de trois heures et des poussières c’est à peine trente minutes, le temps d’un journal. Mais ce n’est pas si mal. En espérant que cet effort d’attention portée à PPDA n’est pas écrabouillé par la masse d’imbécillités sérielles ingurgitées avant et après les JT. Les séries sont évidemment les produits les plus consommés, fictions principalement. Les Israéliens regardent le poste 3h17 par jour. Ils vont en plus devoir aller voter aujourd’hui. Le taux de participation est exceptionnellement bas, moins de la moitié des inscrits, semble-t-il. Ces législatives ont couleur de référendum pour le plan de Sharon-Olmert. Tracer les frontières orientales de l’Etat avant 2010, de manière unilatérale. Regroupement, démantèlement, renoncement au « grand Israël », autant de mots qui résonnent plus ou moins bien dans la tête des Israéliens. On a peur d’une poussée d’ « Israël notre maison », un parti, surtout russophone, d’extrême droite. La peur des attentats a mis les services de sécurité aux abois.

A Pittsburgh, des savants ont fait naître des porcelets qui sécrètent des Omega 3. Pour prévenir les maladies cardio-vasculaires. 1633 tentatives, 14 truies, 10 porcelets vivants et surtout viables, et 6 porcelets Omega 3. Le thon, les sardines, les saumons sont souvent contaminés par les pollutions marines du genre plomb, il fallait les remplacer. Après avoir niqué les richesses maritimes, transformons les porcs en margarine Fruit d’Or riche en O3. Ce genre de margarine est, selon l’UFC, 146 % plus chère que la margarine la moins chère. Remplacement, remplacement, dans les habitudes alimentaires mais aussi routières. Il faudra remplacer nos permis de conduire avant 2032. Les pays de l’UE devront avoir le même type de permis, format carte de crédit, valide pour dix ans. 2032, ça laisse le temps. L’UE ne va jamais trop vite. De l’autre côté de la Méditerranée, Mohamed VI, le bien-aimé roi du Maroc a relancé les discussions sur le Sahara occidental. Il a réactivé le Conseil consultatif pour les affaires du Sahara, en y incluant des anciens prisonniers politiques. Le vent de la démocratie souffle maintenant du désert.

Paris a, sur son parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, accueilli un rassemblement d’anciens harkis et d’enfants de harkis, réagissant au propos calomnieux d’un député français. Passé à la trappe ce samedi 25 mars. Comme le parvis des Droits de l’Homme, qui savait que cette belle esplanade nouvellement restaurée accueillait les revendicateurs de toute sorte de droits de l’Homme ? Ce n’est pas Paris mais Lille qui taille son bout d’info environnement. La municipalité et les communes alentour vont produire du gaz avec les ordures ménagères. Quand ça pue, c’est utile ! Voilà le nouveau slogan du Grand Lille pour faire rouler un escadron d’une cent cinquantaine de bus. Non, c’est une blague pour le slogan. Mais le méthane sera bien réutilisé. Plus grave, l’OMS est loin de son annonce de 3 millions de personnes des pays en voie de développement ayant un accès aux traitements contre le SIDA. Seuls 1,3 million de pauvres y ont accès. L’OMS a déjà dépensé 2 milliards de dollars. C’est le problème du verre à moitié plein à moitié vide. On a presque atteint la moitié de l’objectif. Ce n’est pas si mal. Il reste la taxe sur les billets d’avion. Il faudrait que je me renseigne pour savoir où ça en est. Vive CHICHI ! Tiens c’est marrant, j’ai commencé par trois millions, et je finis par trois millions. On a notre chiffre du jour.

 
27 mars
No sex last year
 
 

Je trouve beaucoup de choses intéressantes sur le site de Libé. A l'occasion de la sortie d'un livre-enquête intitulé No sex last year, écrit par un journaliste du Canard enchaîné, Libé nous propose un article qui

relate ce phénomène émergent qu'est l'abstinence sexuelle, forcée ou non, chez les trentenaires.

Je suis tombé sur une phrase qui m'a plu, beaucoup. A l'instar du "nous allons faire la grève pour protester contre le CPE, contre la fusion de A+B, et contre le CPE" je trouve que les articles du journal devraient parfois être relus. Au moins pour éviter les coquilles et surtout pour être accessible à des lecteurs tel que moi :=)

 
Je cite, donc :
 

Ces trentenaires sont un peu les enfants perdus de la génération de 68, qui a fait vaciller le modèle du couple. Leur abstinence peut être perçue comme une réaction de rejet face au modèle de liberté sexuelle hérité de leurs parents.

 

Jusque-là, tout va bien. C'est après que cela se complique :

 

En résistant passivement, ils remettent ainsi en cause le dogme de la prétendue normalité sexuelle et cette logique capitaliste de l'économie libidinale, qui détourne le désir pour faire vendre. Au-delà, on peut pousser la réflexion en se demandant si ces réfractaires du sexe ne constituent pas le symptôme global d'une névrose sociale.

 

Je ne comprends déjà plus. C'est l'économie libidinale, je crois.

 

Car à travers eux, c'est peut-être la société obsédée de sexe qui traverse, pour le moins, une phase de désenchantement après l'euphorie de la révolution sexuelle.

 
Est-ce l'apothéose ? :
 

Pas si étonnant que les langues se délient, puisque «ce phénomène appartient à une élite urbaine, bobo intello, qui veut se faire entendre. Manière pour elle de mieux se démarquer du reste de la population, qui se vautre dans le tout sexuel», note Maryse Jaspard, sociologue.

 

Je me posais la question de savoir si on pouvait opposer Bobos et France d'en-bas ? Certains se vautrent dans un tout-sexuel qui pour les autres a tout l'air d'être une fange. Comme dirait Georges Sand : "C'est un préjugé de croire qu'un honnête homme ne pouvait pas épouser une honnête fille, fût-elle née dans la fange." Le sexe comme réunificateur des classes sociales. C'est une idée plutôt classique, non ? Lisons Sand plutôt que les sociologues.

Donc moi ou un autre, Untel, particule de la névrose sociale boboïte, enfant perdu qui rejette le mode de vie parental, je résiste passivement. A quoi donc ? A cette autre névrose née de 68, à ce sexe vulgarisé, démocratisé, produit de consommation disponible sur gondole de sex-shop. Summum du pédantisme qui fait étalage d'une pratique exclusive, le no sex. Eux, France d'en-bas, obsédés sexuels vautrés dans une fange séminale, et l'Untel bobo, élite délibérément sans queue, réfractaire qui, nolens volens, dit non à la famille. Alors Boutin ? Vanneste ? Le danger pour l'humanité ? L'espèce contre-productive ? Le pédé ou le bobo ?

 
 
27 mars
Baudelaire, c'est pour les coeurs mortels un divin opium
 

J'ai trouvé ce poème de Baudelaire que je ne connaissais pas. Comme beaucoup d'autres évidemment. Mon background d'historien de l'art -pour parler mochement et un peu faussement- me l'a fait apprécier sans être pour autant  la condition nécessaire à son appréciation.

 
voici donc les phares, extrait des Fleurs du mal :
 

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
    Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,  

    Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
    Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ; 
    
Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
    Où des anges charmants, avec un doux souris
    Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
    Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ; 
    
Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
    Et d'un grand crucifix décoré seulement,
    Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
    Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ; 
    
Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des hercules
    Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
    Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
    Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ; 
    
Colères de boxeur, impudences de faune,
    Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
    Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et

jaune
    Puget, mélancolique empereur des forçats ; 
    
Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,
    Comme des papillons, errent en flamboyant,
    Décors frais et légers éclairés par des lustres
    Qui versent la folie à ce bal tournoyant ; 
    
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
    De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
    De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
    Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ; 
    
Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
    Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
    Où sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
    Passent, comme un soupir étouffé de Weber ; 
    
Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
    Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
    Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
    C'est pour les cœurs mortels un divin opium ! 
    
C'est un cri répété par mille sentinelles,
    Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
    C'est un phare allumé sur mille citadelles,
    Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
   
    Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
    Que nous puissions donner de notre dignité
    Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
    Et vient mourir au bord de votre éternité !

 
 
27 mars
CPE, la chienlit ?
 

Mais où en sommes-nous ? Je ne comprends plus où vont le CPE et les manifestations. L'annonce d'un mardi noir demain bouleverse certains esprits, dirait-on !

Voilà ce que je trouve sur le site de Libé :
 

.Enfin, à EDF-GDF, les syndicats appellent à débrayer et manifester non seulement contre le CPE, mais aussi contre la fusion Suez-GDF et contre le CPE

 

Les Français sont des con...tre tout, même de la même chose.

 

"La semaine où tout se joue" titre Libé. C'est à croire que demain mardi sera "Le jour le plus long". J'angoisse pour vous.

 
24 mars
Lutte turque
 
 

Vous ne connaissez pas encore la lutte turque ?

Je vous conseille le site Turkishwrestling qui présente les règles, mais aussi les joueurs, dans une galerie de photos assez fournie. Les lutteurs turcs en icônes gay ?

Enjoy

 
 
14 mars
Traîtres sables de l'Empty Quarter...
 

J'avais déjà entendu parler des sabqas, ces croûtes de sable et de sel qui cachent des marres de boue dans lesquelles l'aventureux trop pesant s'enfonce. Pour difficilement s'en dépêtrer. Ce genre de scène on peut le voir dans Hidalgo, un film -nul- avec Vigo Mortensen (l'Aragorn du Seigneur des Anneaux), qui raconte une course à cheval à travers les déserts d'Arabie. Un des concurrents est pris dans une sabqa avec son cheval. Il y meurt...refusant l'aide d'Hidalgo...ah la fierté arabe...fierté masculine...encore une connerie lol. Bref, quelques semaines avant notre excursion dans le Rub' al-Khali, il y avait encore des sabqas, relicats des quelques pluies de l'hiver. Elles semblaient avoir disparu pour notre week-end camping. Il restait néanmoins les croûtes de sel de l'Umm al-samim, cette désolation géante, complètement plate, à perte de vue. Même la mer, je ne l'ai jamais vue aussi plate que cette "mère poison" (c'est à peu près la traduction). Un désert marron, comme un immense mirage de boue saline. L'horizon devient courbe, au moins dans l'objectif de l'appareil photo qui montre enfin sa déformation. Sans voiture on mourrait à pied.

Plus de sabqas mais il reste le sable. Le rub' - le Quart Vide, l'Empty Quarter - représente la plus grande concentration de sable au monde. La France y rentrerait en entier dans cette chose de sable. Ce ne sont que dunes sur dunes, entre le Yémen, l'Arabie saoudite et l'Oman. Dunes vierges lardées de quelques pistes militaires qui doivent permettre le contrôle des contrebandes. Effectivement, on peux facilement passer inaperçu.

Notre caravane de 4X4, treize au total, roulait à plus de 110 km/h sur la piste qui devait nous amener tout proches de la frontière -virtuelle- avec le royaume saoudite, au camp d'Abu Tabul. Seule petite Jeep Wrangler au milieu des 4x4 à un demi million d'expats fortunés, Dodge, Range, Toyota et autres Mitsu. Puissante mais bien trop légère la Jeep rouge. Je venais de passer le volant à sa proprio. (Notre Jeep rouge, enfin, celle de Tom, était restée à Mascate au garage, pour des histoires de radiateur et de clim, c'était donc celle d'une amie que nous avions prise pour le week-end). Bref, on roule, trop vite, à la sortie d'un tournant, la voiture glisse, s'en suit une série de braquages et de contre-braquages, on finit par sauter sur le talus qui borde la piste, la voiture se couche sur un côté, bute sur ses roues avant, pique du nez, tourne, fait un triple loots piqué, suivi d'un triple axel et s'immobilise. 5.8 ; 5.8 ; 5.9 ; c'est du grand art. Mais bon, Turin, c'est loin. Du sable partout, dans la voiture et même pas peur. Enfin pas trop. Thomas se prend ma savate sur la tête. La copine est suspendue par sa ceinture au-dessus de Tom. Ca va très vite ce genre de truc. On est content quand le bruit cesse. Quelques minutes plus tôt mon Tom me disait de mettre nos ceintures. Moi à l'arrière de la Jeep, sans ceinture j'aurais fait concurrence à Orangina secoue secoue-moi ! on est sains et saufs, la Jeep non. L'avant enfoncé, les pales du ventilo sont rentrées dans le radiateur qui est hors d'usage, le hard-top a failli sauter car vraisemblablement le châssis s'est voilé. Les mécanos de la troupe apportent les outils, on peut la faire redémarrer mais impossible de rouler sur une grande distance car il n'y a plus de radiateur. Et quasi toute l'huile du moteur a fui. On la remorquera le lendemain, je conduirai le véhicule, derrière un gros 4x4, tiré par une sangle de quelques mètres, me prenant des kilos de poussière dans la gueule. Bref, on était treize voitures. En partant le jeudi matin, j'avais dit qu'il fallait qu'il y en ait une qui ne revienne pas... un beau week-end, dans un endroit que vous imaginez beau. Tout le monde n'y va pas, là-bas. Ca le rend presque plus beau. Mais c'est dangereux, sabqas, sables glissants, soif, contrebandiers...c'est presque un film.

Sur un autre sujet, il faudra que je raconte le plancton phosphorescent de la plage de Yitti. Où quand on voit les vagues dans la nuit.

 
++ 
 
 
27 février
 
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Publié dans Jour après jour

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