Guilty
Une soirée commencée au Golden Lion, un pub rien de plus normal de King Street ou les art dealers et les jeunots traders du coin se retrouvent le vendredi soir. Deux double gin and tonic. Dizzy. On rigole. Bye bye aux collègues. Métro. Maison. J'avale les restes du repas de la veille. Du riz complet sauce piquante. Arrachante. Je me change et enfile un t-shirt imprimé d'un gros Guilty blanc. Soho. D'abord un bar de Brewer street. L'Epave ou un truc du genre. J'y vais de temps en temps pour l'happy hour. Il y a deux tables qui bordent la rue, c'est pas mal. L'escalier qui mène au sous-sol est mortellement vertical. Je retrouve une troupe d'Israéliens. Il y a un grand Ukrainien, émigré en Israël avec ses parents étant enfant. Donc Micha devient Moshe. Il fait un PhD en politics à Zurich. Intéressante vision des droites et des gauches d'Europe. Les filles sont plutôt jolies. On s'arrache.
Meoz pour un falafel. Ca commence à sentir le roussi. Je m'ennuie. Ne fais pas vraiment d'efforts pour m'intéresser. Je n'ai pas faim puisque j'ai mangé à la maison. La petite pause falafel s'éternise, il faut attendre les uns et dire au revoir aux autres. Le ketchup, la sauce blanche, la mayonnaise à l'ail se répandent sur la grande table au milieu des papiers gras, par petites taches projetées par les frittes saisies goulument dans leurs cornets. Mon sweat Adidas blanc n'y échappe pas. Et paf. Une sauce blanche sur l'épaule (le sweat était roulé sur le banc). On attend. Tout le monde a fini de manger. Où va-t-on ? Déjà il faut attendre la lesbienne lipstick et sa belle copine arrivées d'Israël il y a quelques jours. L'endroit sent l'huile de friture. Je montre des signes d'impatience. Tout le monde finit par se regarder en se demandant ce qu'on fout encore ici. On décolle.
Old Compton street. Du monde, du monde. On s'arrête devant le Village. On rentre. On rentre pas. Retour au Shadow Lounge. Encore. J'y étais samedi dernier. J'y suis souvent et ça m'ennuie. Il y a la grande trav physio et le "manager" ou assimilé. Il est israélien et toute ma petite troupe le connait. On rentre à l'oeil. Il doit être minuit et demi. L'intérieur est plein. Un Indien façon Boucles d'or teintées Shwarzkopf. Long nez, yeux d'ovin ennuyé, il regarde la foule qui danse un peu en contre-bas. Un autre Indien s'accapare la barre sur le podium. Cette échasse mal proportionnée exécute une danse indienne mixée à de la mauvaise performance de barre de strip-tease. Les mouvements de tête sont là. Les mouvements de hanches bien trop suggestifs sont là aussi. On voudrait le booooher mais la musique couvre tout. Il finit par partir retrouver son copain, dans la fosse. On danse un peu.
Un couple descend l'escalier. J'ai l'impression qu'ils regardent mon t-shirt. Je ne fais pas vraiment attention. Me retourne. Me retourne encore et sens deux mains sur mon torse. "That's a very cool t-shirt". Le couple, un homme et une femme dans la jeune trentaine, me regarde avec un grand sourire, un peu carnassier. Ils sont tous les deux très bien habillés. Elle vraiment belle, un petit côté bourgeoise Saint-Germain, lui un sourire ravageur, une belle tête de mec, un peu barbu, brun, bien fait, pas trop grand. Mon Israélien juste derrière moi n'en crois pas encore ses yeux. Le mec s'approche et me demande comment je m'appelle. Il s'appelle Eduardo. Ils sont espagnols. En trois phrases à la con il me balance qu'il pourrait me réapprendre l'espagnol et qu'il me trouve "so handsome". J'ai à peine le temps de répondre que je sens les mains de mon Israélien autour de la taille.
Elle me dit "Is he your boyfriend?
- He is indeed.
- Ah... It is such a pity... What makes you fell so guilty if you have a boyfriend?
- I let you guess! je réponds.
Dialogue restreint au minimum. Elle sourit, un peu déçue. Lui me glisse un dernier mot à l'oreille en posant sa main sur ma taille : "We'll be outside for a moment". Mon Israélien me récupère. On danse un peu.
J'avais rarement vu une drague aussi directe. J'avais rarement vu un aussi beau couple. J'avais rarement autant cogité après m'être fait draguer en boîte. Je file au bar chercher à boire. Je tombe à côté d'un mec saoul qui me regarde fixement et pousse des petits hurlements comme pour suivre la musique. C'est très énervant. La machine à cartes bleues est cassée, il faut attendre. Une bière. Envie de partir. Je revois Eduardo dans le couloir. Il discute avec quelqu'un, sans doute en train de rabattre pour son plan à trois du soir. Il me dit encore que c'est dommage, qu'on aurait pu. Je m'en vais. Petites frictions sur le thème "je suis jaloux" en rentrant à la maison. Mais tout va mieux.
Meoz pour un falafel. Ca commence à sentir le roussi. Je m'ennuie. Ne fais pas vraiment d'efforts pour m'intéresser. Je n'ai pas faim puisque j'ai mangé à la maison. La petite pause falafel s'éternise, il faut attendre les uns et dire au revoir aux autres. Le ketchup, la sauce blanche, la mayonnaise à l'ail se répandent sur la grande table au milieu des papiers gras, par petites taches projetées par les frittes saisies goulument dans leurs cornets. Mon sweat Adidas blanc n'y échappe pas. Et paf. Une sauce blanche sur l'épaule (le sweat était roulé sur le banc). On attend. Tout le monde a fini de manger. Où va-t-on ? Déjà il faut attendre la lesbienne lipstick et sa belle copine arrivées d'Israël il y a quelques jours. L'endroit sent l'huile de friture. Je montre des signes d'impatience. Tout le monde finit par se regarder en se demandant ce qu'on fout encore ici. On décolle.
Old Compton street. Du monde, du monde. On s'arrête devant le Village. On rentre. On rentre pas. Retour au Shadow Lounge. Encore. J'y étais samedi dernier. J'y suis souvent et ça m'ennuie. Il y a la grande trav physio et le "manager" ou assimilé. Il est israélien et toute ma petite troupe le connait. On rentre à l'oeil. Il doit être minuit et demi. L'intérieur est plein. Un Indien façon Boucles d'or teintées Shwarzkopf. Long nez, yeux d'ovin ennuyé, il regarde la foule qui danse un peu en contre-bas. Un autre Indien s'accapare la barre sur le podium. Cette échasse mal proportionnée exécute une danse indienne mixée à de la mauvaise performance de barre de strip-tease. Les mouvements de tête sont là. Les mouvements de hanches bien trop suggestifs sont là aussi. On voudrait le booooher mais la musique couvre tout. Il finit par partir retrouver son copain, dans la fosse. On danse un peu.
Un couple descend l'escalier. J'ai l'impression qu'ils regardent mon t-shirt. Je ne fais pas vraiment attention. Me retourne. Me retourne encore et sens deux mains sur mon torse. "That's a very cool t-shirt". Le couple, un homme et une femme dans la jeune trentaine, me regarde avec un grand sourire, un peu carnassier. Ils sont tous les deux très bien habillés. Elle vraiment belle, un petit côté bourgeoise Saint-Germain, lui un sourire ravageur, une belle tête de mec, un peu barbu, brun, bien fait, pas trop grand. Mon Israélien juste derrière moi n'en crois pas encore ses yeux. Le mec s'approche et me demande comment je m'appelle. Il s'appelle Eduardo. Ils sont espagnols. En trois phrases à la con il me balance qu'il pourrait me réapprendre l'espagnol et qu'il me trouve "so handsome". J'ai à peine le temps de répondre que je sens les mains de mon Israélien autour de la taille.
Elle me dit "Is he your boyfriend?
- He is indeed.
- Ah... It is such a pity... What makes you fell so guilty if you have a boyfriend?
- I let you guess! je réponds.
Dialogue restreint au minimum. Elle sourit, un peu déçue. Lui me glisse un dernier mot à l'oreille en posant sa main sur ma taille : "We'll be outside for a moment". Mon Israélien me récupère. On danse un peu.
J'avais rarement vu une drague aussi directe. J'avais rarement vu un aussi beau couple. J'avais rarement autant cogité après m'être fait draguer en boîte. Je file au bar chercher à boire. Je tombe à côté d'un mec saoul qui me regarde fixement et pousse des petits hurlements comme pour suivre la musique. C'est très énervant. La machine à cartes bleues est cassée, il faut attendre. Une bière. Envie de partir. Je revois Eduardo dans le couloir. Il discute avec quelqu'un, sans doute en train de rabattre pour son plan à trois du soir. Il me dit encore que c'est dommage, qu'on aurait pu. Je m'en vais. Petites frictions sur le thème "je suis jaloux" en rentrant à la maison. Mais tout va mieux.
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