Dynamo

Publié le par Qalawun

Tags : Jérusalem

Depuis la veille, le voyant de la batterie restait allumé sur mon tableau de bord. Repartant du Toys, en pleine nuit, je m'étais rendu compte que quelque chose clochait. Samedi, belle journée. Je décide d'aller au mont des Oliviers avec mon Israélien. Je mets le clignotant pour tourner à droite et monter vers la porte des Lions. Une des nombreuses portes de la vieille Ville, toujours à l'ombre dans l'après-midi, située entre le cimetière musulman de la porte d'Or, la piscine de Bethesda et le lieu de naissance de la Vierge. Clignotant qui ne clignote pas. Tous mes voyants s'allument d'un seul coup. Je me gare dans la pente, coupe le moteur. Impossible de redémarrer. Damned.

J'avais l'intuition que ce n'était pas quelque chose de simple. Pas un problème de batterie déchargée. Exit la sortie au mont de Oliviers, bienvenue à Wadi al Joz, où s'entassent les pneus usées, les calandres de voitures allemandes et les arnaqueurs en tout genre. La providence m'avait fait me garer dans une pente, celle donc qui monte vers la porte d'Or. De l'espace sur 10 mètres environ derrière ma voiture me convainquent de la laisse partir en roue libre, en marche arrière, et d'enclencher la vitesse pour redémarrer. Je suis chanceux, ça marche avant que je vienne m'écraser contre le plot du bout de la rue.

On file à Wadi al Joz, dans un grand tournant encombré de voitures, de ferailles et de gens. Je m'arrête dans le premier garage où je vois un gros "BATTERY" marqué. Capot ouvert, bruit du moteur, garagiste qui m'indique que la dynamo est grillée. Combien ? 2.000 shekels avec la main-d'oeuvre. Mais "je te le fais à 1.500 shekels". Je suis bloqué là puisque la voiture vient de caler et ne veut pas redémarrer et n'ai pas tellement d'autre choix que d'accepter. Ce mois-ci, c'est la banqueroute, et ces 1.500 NIS, environ 300 euros, tombent vraiment mal. Je dois aller prendre mon chéquier à la maison qui n'est pas très loin à pied. Sur le chemin, j'appelle deux, trois amis pour me renseigner sur ces fameuses dynamos (qui permettent de recharger la batterie en roulant). 500, 600 shekels, tout au plus, pour les voitures allemandes me dit-on. Grrrrrr. Je m'arrête dans un autre garage du quartier, qui lui est justement spécialisé en dynamos et lui demande le prix pour un modèle de BMW 316 i. Le vrai prix. 500-600 shekels. Il était plus ou moins mmerdé de démonter le pipeau d'un de ses collègues du quartier, ce qu'il avait compris lorsque je lui ai dit qu'on voulait me faire payer
300 euros une dynamo.

Me voilà de retour chez mon arnaqueur. Je lui raconte que j'ai appelé quelques amis, que je suis passé dans une autre boutique du quartier et que le prix qu'il m'a donné est tout juste 3 fois supérieur au prix réel. Pas marri pour un sou, il baragouine deux trois trucs que je ne comprends pas, tente de se justifier. Moi je lui réponds que je ne peux pas payer ce prix, que, si je le fais, je serai la risée du quartier et que ce n'est pas correct. L'arguement a l'air de peser son poids. On en est à 1.000 shekels. Je fais la gueule, attends, fulmine, tourne en rond, menace de faire venir le gérant de l'autre boutique de dynamos. 700 shekels. Vendu. Avec une prime de 3 mois de garantie. Bon, j'ai payé 100 NIS de trop, mais la réparation était faite dans l'heure. Les garagistes, tous les mêmes.

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Publié dans Jour après jour

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