Bref rappel de la situation à Gaza et, plus généralement, dans les Territoires Palestiniens

Publié le par Qalawun

L'Egypte commençait cet après-midi à (tenter de) refermer la frontière avec la bande de Gaza. Plus de 5 kilomètres de barrière métallique étaient au sol depuis mercredi. Les renforts policiers et militaires égyptiens interdisaient depuis 13 heures aujourd'hui l'entrée sur le territoire égyptien. Ne permettant plus aux Palestiniens de Gaza que de rentrer chez eux, de l'autre côté. En deux jours et demi, 130 millions de dollars ont été dépensé par ces Palestiniens en Egypte, à Rafah et à Al Arish. L'UNRWA a estimé à 700.000 le nombre de traversées vers l'Egypte. Un rapide calcul permet de voir qu'à chaque passage d'un Palestinien, 185 dollars étaient dépensés du côté égyptien. Chiffre qui amène au constat qu'il restait de l'argent à Gaza, que les Gazaouis se sont ruinés pour acheter tout ce qu'ils trouvaient et que les Egyptiens se sont remplis les poches. On entendait dans les rues : "Israël nous emprisonne et l'Egypte nous dépouille". Moubarak pourra continuer à les dépouiller. Il refermera difficilement cette frontière dans laquelle, dès l'annonce de la fermeture, un bulldozer créait un nouveau trou.

Retourner dans la bande de Gaza encore sous embargo israélien devait véritablement réjouir la plupart des Gazaouis. Gaza sous la férule du Hamas depuis juin 2007. Gaza sous occupation israélienne depuis juin 1967, quand bien même le retrait des forces d'Israël et le démantèlement du Gush Katif et autres colonies en août 2005. Depuis ce retrait, 1428 Palestiniens ont trouvé la mort dans deux conflits : le conflit entre factions interpalestiniennes, le plus meurtrier en 2007, et le conflit avec l'Etat d'Israël. Depuis août 2005, Tsahal a tué 938 Palestiniens. Depuis août 2005, les affrontements interpalestiniens ont fait 590 morts. Sans compter le nombre de blessés : 5526 blessés du fait de Tsahal dans tous les Territoires Palestiniens, 3665 du fait des guerres entre factions. Beaucoup d'amputés, que ce soit par les méthodes inhumaines des tortionnaires du Hamas, particulièrement employée en juin 2007, ou l'utilisation soupçonnée des armes DIME et autres projectiles en tous genre.

Personne n'est leurré par une supposée "cohésion" palestinienne, certainement pas les Européens. Choisir de ne pas traiter avec le Hamas au pouvoir, le contourner pour permettre un acheminement continu des aides financières et humanitaires, était justement l'illustration que la politique palestinienne ne ressortait pas que de l'unique OLP. Et puis voilà bien longtemps qu'on est revenu de la "solidarité arabe", de la République Arabe Unie et de ces grands idéaux. Mais qu'on cherche les causes de ces divisions et l'on comprendra que de nombreux éléments viennent sans relâche attiser ces divisions. Un Abou Mazen systématiquement décrédibilisé aux yeux de son opinion, n'aboutissant à rien dans ses négociations avec Israël, ridiculisé par les incursions de l'armée israélienne à Naplouse alors que son Autorité Palestinienne tente péniblement de reprendre le contrôle sécuritaire de la ville - non sans succès -, n'est pas pour ramener l'opinion dans le "bon" camp et permettre à tous de regarder, sereinement, la paix s'approcher.

Soyez en sûrs, sur ce dossier, l'Europe n'est pas désinformée. En tous cas, ceux qui la dirige. Et je n'ai que faire des G-W Blognadel et autres chasseurs de sorcières anti-israéliennes dans les médias français. J'ai lu avec attention un portrait d'Ehoud Olmert paru le 10 janvier dans un gratuit parisien. Israël est un pays de Cassandre, c'est vrai. Pour le meilleur et pour le pire. Détruire tous les liens de la bande de Gaza avec Israël ne fera qu'encourager la politique de la tête brûlée des groupes armés : quel besoin de cesser les tirs de roquettes qassams si, quoi qu'il arrive, les points de passage sont définitivement fermés, si le blocus perdure, si d'Israël les Palestiniens ne peuvent attendre ni travail, ni soins, ni liberté de circulation pour rejoindre la Cisjordanie ? Couper les liens des Palestiniens avec Israël, c'est détruire une relation dans l'intérêt de chacun, qu'on pourrait jusqu'à aller à qualifier de symbiotique, et accorder des coudées plus franches encore aux groupes armés.

Beaucoup d'Israéliens veulent la paix ! C'est en tous cas ce qu'on aime à répéter. Mais comme l'a dit Ehoud Olmert, "Israël est prêt à faire de douloureuses concessions pour payer le prix d'une paix juste et durable qui permettra aux peuples du Moyen-Orient de vivre dans la dignité et la sécurité". On aimerait qu'Ehoud Olmert soit suivi par le peuple qu'il administre. Ou au moins, que sa coalition n'éclate pas plus dès que les mots "partage de Jérusalem" seront véritablement prononcés. A quand la paix des braves ?

Tags : Territoires Palestiniens Israël Conflit
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Publié dans Jour après jour

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