Aux aurores de Tel Aviv et Bethléem
Rapidement. Vendredi soir. Un journée de presque 12 heures de taf, encore. Il fait nuit depuis plusieurs heures, je rentre chez moi. Je me douche, enfile un truc correct pour sortir à Tel Aviv. Ca fait une semaine qu'on en parle de ce dj allemand, Apparat. Une tournée dans Jérusalem et nous voilà tous dans ma voiture. Avant le dj qui se produit au Club Barzilai, c'est un spectacle de danse par une compagnie burkinabée. Salia nï Seydou. De véritables académies noires vibrent frénétiquement sur la scène du théâtre Suzanne Dellal. Une magnifique bâtisse années 30 du quartier chic de Neve Tsedek. Genre défunt musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, maintenant cité de l'immigration. Les danseurs noirs torses nus, longs pantalons, le son du balafon, des sièges-tambours-calebasses. Les musiciens se lèvent pour danser, se rassoient pour chanter. Une vieille dame mécontente me tape le dos pour que m'enfonce dans mon siège. Je n'aime pas les acariâtres. On se retrouve à la fin du spectacle. Une heure passée vite. C'était bien parce que je ne vais jamais voir de la danse. C'était bien parce que c'était beau. Qu'est-ce que ces mecs sont bien foutus, surtout.
Sous les palmiers, ça fume des clopes, devisant sur le prochain bar de la tournée. J'ai déjà dépensé près de 140 shekels pour le repas dans un restau branché qui ne sert que des entrées. Baby Calamars frits, compote de pomme-rhubarbe, un délice. Original. Une serveuse qui est Britney Spears. Elle est drôle. On se moque un peu d'elle.
Bar. Fumée. J'en peux plus. Trois semaines et demie sans fumer et me voilà presque allergique. Le verre de vodka redbull est à 70 shekels. 13 euros. On reste, on discute avec les cousins de Tel Aviv, d'autres Français, ceux de l'autre monde, ceux d'Israël, pas ceux de Jérusalem et des Territoires Palestiniens. Sympa, visiblement pas dans la même baignoire que nous. A l'ouest, parfois. Vive l'insouciance. La fille aux cheveux roux est là. Toujours aussi mystérieuse à peu parler. Elle m'est toujours aussi sympatique. Même s'il faut parfois se faire à ses silences. Trois voitures, on file au Barzilai, écouter Apparat, le dj allemand. Convoi, on se perd, on oublie quelqu'un, on retourne, on se perd, on s'énerve avec mon Israélien pour une histoire de feu rouge. Boîte. Je vois la porte s'ouvrir pendant qu'on fait la queue. Elle crache d'immenses panaches de fumée. J'ai peur de me retrouver la dedans. On attend l'hypothétique entrée gratuite du contact qu'on a. On aura des réducs, 50 shekels au lieu de 70. 10 euros. Sans boisson.
La salle est comble, noyée dans le gris blanc bleu de la fumée éclairée par les spots. Au fond, derrière les platines, un petit corps malingre s'excite, un gros casque sur les oreilles. C'est bien lui que j'ai vu sur sa page Myspace. Il change trop souvent de rythme. Je n'ai pas assez bu, deux verres dans la soirée. J'aime. Sans plus.
Bethléem, lendemain soir. Samedi. Le Cosmos est à peu près la seule boîte des Territoires occupés. Juchée au dernier étage d'un complexe touristique, on est vite charmé par ce petit endroit et ce grand dance floor. Musique arabe bien sûr, chrétiennes chics de Beit Sahour, pédales blondes de comptoir. Il y a de la sape et des gens qui savent s'amuser. La boîte est loin d'être remplie mais l'ambiance est cool. Tout le monde dance. Je regarde les jeunes filles, la femme de 40 ans, sophistiquée. On achète des bouteilles. C'est bien un des seuls endroits où l'on peut se le permettre. Absolut, une vraie, 230 shekels avec les softs. 45 euros. On danse arabe. Comme tous les expats, c'est à dire mal. Si ce n'est la jeune fille qui rentre en France, elle danse bien et est connue pour ça. On s'en fout, on s'éclate. On fait la fermeture. Il faut passer le checkpoint de Beit Jala, une sorte de grand péage, sauf qu'au regard de la loi internationale, c'est pas légal. Israël, puissance occupante, doit se retirer des territoires occupés en 1967, résolution 242 de l'ONU. Le checkpoint est assez soft car emprunté par tous les colons israéliens du Gush Etzion et d'Hébron. On nous demande notre ID. Soft je disais, je n'ai pas à ouvrir la voiture. Il fait bientôt jour. J'écris à un ancien amant qu'il me manque. Il est 4h43. Le muezzin a déjà chanté.
Sous les palmiers, ça fume des clopes, devisant sur le prochain bar de la tournée. J'ai déjà dépensé près de 140 shekels pour le repas dans un restau branché qui ne sert que des entrées. Baby Calamars frits, compote de pomme-rhubarbe, un délice. Original. Une serveuse qui est Britney Spears. Elle est drôle. On se moque un peu d'elle.
Bar. Fumée. J'en peux plus. Trois semaines et demie sans fumer et me voilà presque allergique. Le verre de vodka redbull est à 70 shekels. 13 euros. On reste, on discute avec les cousins de Tel Aviv, d'autres Français, ceux de l'autre monde, ceux d'Israël, pas ceux de Jérusalem et des Territoires Palestiniens. Sympa, visiblement pas dans la même baignoire que nous. A l'ouest, parfois. Vive l'insouciance. La fille aux cheveux roux est là. Toujours aussi mystérieuse à peu parler. Elle m'est toujours aussi sympatique. Même s'il faut parfois se faire à ses silences. Trois voitures, on file au Barzilai, écouter Apparat, le dj allemand. Convoi, on se perd, on oublie quelqu'un, on retourne, on se perd, on s'énerve avec mon Israélien pour une histoire de feu rouge. Boîte. Je vois la porte s'ouvrir pendant qu'on fait la queue. Elle crache d'immenses panaches de fumée. J'ai peur de me retrouver la dedans. On attend l'hypothétique entrée gratuite du contact qu'on a. On aura des réducs, 50 shekels au lieu de 70. 10 euros. Sans boisson.
La salle est comble, noyée dans le gris blanc bleu de la fumée éclairée par les spots. Au fond, derrière les platines, un petit corps malingre s'excite, un gros casque sur les oreilles. C'est bien lui que j'ai vu sur sa page Myspace. Il change trop souvent de rythme. Je n'ai pas assez bu, deux verres dans la soirée. J'aime. Sans plus.
Bethléem, lendemain soir. Samedi. Le Cosmos est à peu près la seule boîte des Territoires occupés. Juchée au dernier étage d'un complexe touristique, on est vite charmé par ce petit endroit et ce grand dance floor. Musique arabe bien sûr, chrétiennes chics de Beit Sahour, pédales blondes de comptoir. Il y a de la sape et des gens qui savent s'amuser. La boîte est loin d'être remplie mais l'ambiance est cool. Tout le monde dance. Je regarde les jeunes filles, la femme de 40 ans, sophistiquée. On achète des bouteilles. C'est bien un des seuls endroits où l'on peut se le permettre. Absolut, une vraie, 230 shekels avec les softs. 45 euros. On danse arabe. Comme tous les expats, c'est à dire mal. Si ce n'est la jeune fille qui rentre en France, elle danse bien et est connue pour ça. On s'en fout, on s'éclate. On fait la fermeture. Il faut passer le checkpoint de Beit Jala, une sorte de grand péage, sauf qu'au regard de la loi internationale, c'est pas légal. Israël, puissance occupante, doit se retirer des territoires occupés en 1967, résolution 242 de l'ONU. Le checkpoint est assez soft car emprunté par tous les colons israéliens du Gush Etzion et d'Hébron. On nous demande notre ID. Soft je disais, je n'ai pas à ouvrir la voiture. Il fait bientôt jour. J'écris à un ancien amant qu'il me manque. Il est 4h43. Le muezzin a déjà chanté.
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