New York ? Vous allez à New York ?
"New York ? Vous allez à New York ?". Sa voix me choppe sur un tapis roulant du terminal E. Je réfléchis. Je suis le seul sur le tapis roulant. Elle ne peut s'adresser qu'à moi. "Non, Tel Aviv". La belle hôtesse noire s'éloigne de moi à la vitesse du tapis. Bjork aux oreilles. Il fait froid dans ce grand tuyau gris. J'arrive au bout, porte d'embarquement E72. Je m'assois pour noter trois ou quatre mots. J'ai acheté un carnet chez Gibert Jeune qui me permet de noter des choses que j'aime bien, pour ne pas oublier. Je lui achète un portefeuille Armani comme il voulait. M'aimera-t-il plus ? J'envoie les derniers sms et coupe mon portable pour ne pas recevoir les réponses. Je les recevrai d'ici quelques semaines ou quelques mois. J'aime bien. Je traîne sur mon siège et regarde s'envoler d'autres avions. "Derniers passagers pour Tel Aviv". Il est 19h00 et je suis le dernier à embarquer.
Le pointillé des lacs des Alpes. Ce qui ressemble à la côte adriatique. On laisse le sagittaire sur notre droite, sur l'écliptique. C'est la région du ciel où la voie lactée est la plus belle, la plus éclatée. Le commandant au mauvais anglais s'adresse aux passagers. Il fait 23°C à Tel Aviv. Le monsieur assis devant moi ne me plait pas. Il s'excuse à peine de m'avoir mis sa main dans ma figure en gesticulant sur le siège de devant. L'avion est vide et la bouffe froide. Du canard et une sorte de julienne de légumes. Bof. Ben Gurion. J'entends de l'hébreu. J'ai un frisson en passant sous le vent d'une grande clim. J'entends de l'hébreu et ça sent la menthe. Je suis sur un tapis roulant derrière une Russe. Elle sent la menthe. Sans doute un chewing gum. Ca sent fort. Bizarre.

Hamoudi est là, en retard car il fume une clope dehors. Heureux. La route est déserte ce soir de nouvel an juif. Succession des lampadaires au sodium. Je fais la course quelques instants avec une Skoda blanche. Plus tard sur la route, je comprends qu'ils ont entamé la transformation d'un des checkpoint de la 443 en véritable terminal de contrôle pour rentrer sur le territoire israélien. Fuck! Un mois et rien n'a changé.
Les abords de Jérusalem. J'écoute le bruit de l'air rentrer par ma fenêtre, ma main sur sa cuisse. Après une côte, trois voitures de police font un barrage sur la route. On nous arrête. "Cette voiture vous appartient ?". "Oui". On passe. Il y a maintenant des flics à tous les carrefours de la ville vide. La ville est bouclée pour ramadan et les fêtes juives. Aucun Palestinien sans permis ne peut se rendre à Jérusalem pour le premier vendredi de ramadan. Aucun permis n'est délivré pour cette occasion aux Palestiniens de moins de 45 ans et aux Palestiniennes de moins de 35 ans. Les territoires sont bouclés.
Travail.
Apéritif à l'American Colony, où Blair faisait sa Garden Party il y a deux jours. Histoires écoeurantes de journalistes. Je suis replongé dans le bain sans avoir eu le temps de dire peace and love. Histoires de partis pris, d'"amitiés", d'accointances de ceux qui devraient pourtant être justes... petites histoires de la marche du monde, politiques truquées. Rien d'étonnant. Passionant et révulsant à la fois. J'aime. Content d'être ici même sans avoir crié "home sweet home". Les méninges encore embuées par mes histoires parisiennes.
Le pointillé des lacs des Alpes. Ce qui ressemble à la côte adriatique. On laisse le sagittaire sur notre droite, sur l'écliptique. C'est la région du ciel où la voie lactée est la plus belle, la plus éclatée. Le commandant au mauvais anglais s'adresse aux passagers. Il fait 23°C à Tel Aviv. Le monsieur assis devant moi ne me plait pas. Il s'excuse à peine de m'avoir mis sa main dans ma figure en gesticulant sur le siège de devant. L'avion est vide et la bouffe froide. Du canard et une sorte de julienne de légumes. Bof. Ben Gurion. J'entends de l'hébreu. J'ai un frisson en passant sous le vent d'une grande clim. J'entends de l'hébreu et ça sent la menthe. Je suis sur un tapis roulant derrière une Russe. Elle sent la menthe. Sans doute un chewing gum. Ca sent fort. Bizarre.

Hamoudi est là, en retard car il fume une clope dehors. Heureux. La route est déserte ce soir de nouvel an juif. Succession des lampadaires au sodium. Je fais la course quelques instants avec une Skoda blanche. Plus tard sur la route, je comprends qu'ils ont entamé la transformation d'un des checkpoint de la 443 en véritable terminal de contrôle pour rentrer sur le territoire israélien. Fuck! Un mois et rien n'a changé.
Les abords de Jérusalem. J'écoute le bruit de l'air rentrer par ma fenêtre, ma main sur sa cuisse. Après une côte, trois voitures de police font un barrage sur la route. On nous arrête. "Cette voiture vous appartient ?". "Oui". On passe. Il y a maintenant des flics à tous les carrefours de la ville vide. La ville est bouclée pour ramadan et les fêtes juives. Aucun Palestinien sans permis ne peut se rendre à Jérusalem pour le premier vendredi de ramadan. Aucun permis n'est délivré pour cette occasion aux Palestiniens de moins de 45 ans et aux Palestiniennes de moins de 35 ans. Les territoires sont bouclés.
Travail.
Apéritif à l'American Colony, où Blair faisait sa Garden Party il y a deux jours. Histoires écoeurantes de journalistes. Je suis replongé dans le bain sans avoir eu le temps de dire peace and love. Histoires de partis pris, d'"amitiés", d'accointances de ceux qui devraient pourtant être justes... petites histoires de la marche du monde, politiques truquées. Rien d'étonnant. Passionant et révulsant à la fois. J'aime. Content d'être ici même sans avoir crié "home sweet home". Les méninges encore embuées par mes histoires parisiennes.
Publicité