Paris paris paris
Ca y est. Rien ne semble avoir changé. La rue de Palestine et son sens interdir, le code de l'immeuble, le bruit de la clé dans la serrure, le plancher qui craque, le trou dans la vitre, le piano noir. Il est 11h14 ce dimanche matin et je suis à Paris. J'ai ouvert mes volets tout à l'heure, mes volets ouverts sur le ciel gris et les deux flèches de l'Eglise du Jourdain. Noms doublement familiers pour moi. Je pars d'ici quelques heures pour Lourdes, encore une ville bigote croulante de bondieuseries. J'irai monter dans les Pyrénées, près d'Argelès-Gazost, dans un petit chalet. J'ai froid, enroulé dans ma couette, entre la télé et le pc. C'est bon. Hier soir, en arrivant, je vois une bouteille de vodka dans le frigo. Je me dis : "Tiens, pourquoi pas un petit coup". Je branche l'ordinateur, allume la télé et me sers un verre. Dix minutes plus tard, mon verre oublié sur un coin du bureau se rappelle à moi. Je bois. Damned, c'est de l'eau dans cette bouteille d'Absolut. Déçu. Cigarette. Je suis content. Je vais pouvoir lire le journal Le Monde dans mon wagon de première. Six heures de train. Il y a un pigeon ramier sur la cheminée d'en face. Le sixième étage est au niveau du ciel. Je vois les oiseaux. Jérusalem pourrait me manquer. Mais c'est tellement bon d'être seul pour savourer ces premières heures de réveil. Je lance le café et vais descendre à la boulangerie 140 m'acheter un croissant, un pain au chocolat et une "140". La boulangerie est au 140 rue de Belleville. Je suis content de prendre le métro pour aller à la gare Montparnasse. Je suis content de tout.
Hier soir, pour être sûr que le code n'avait pas changé, j'interpelle un gars qui rentre dans l'immeuble. A deux mètres devant moi, je l'appelle au moins trois fois avant qu'il se retourne. Un parisien ?
Hier soir, pour être sûr que le code n'avait pas changé, j'interpelle un gars qui rentre dans l'immeuble. A deux mètres devant moi, je l'appelle au moins trois fois avant qu'il se retourne. Un parisien ?
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