Qalandiah, encore une fois
Tu n'imagines pas à quel point il fait chaud. 32°C. Mais je suis sûr qu'ils mentent. J'ai presque plus chaud qu'en Oman. Je suis malade. Une crève attrapée au vol sur une terrasse de Ramallah. Les nuits sont dangeureuses, tout le monde le sait. Je suis reparti de là-bas, de Ramallah, sans mes chaussures, presque à l'aube du samedi matin. J'espérais croiser une incursion de l'armée israélienne. Je n'aurai droit qu'à une prise de tête au checkpoint de Qalandiah.
Je raccompagne deux amis dans le centre ville de Ramallah. Il doit être 4h30. 4h50 je passe le terminal de Qalandiah. La fille me demande mon ID que je lui donne. Elle l'apporte aux autres soldats, ils réfléchissent. Un grand mec, son M16 à la main s'approche de ma fenêtre ouverte et me demande d'ouvrir mon coffre. Je lui dis non, que je ne l'ouvrirai pas. Ils n'ont pas le droit d'ouvrir ma voiture, protégée par une convention internationale. Il est menaçant. Ca dure 5 minutes. J'en ai marre. Rien n'a plus d'importance. J'éteins le moteur, fulminant. Je sors, en marcel, maillot de bain et pieds-nus, imbibé. J'ouvre mon coffre à l'intérieur duquel trône le recueil de cartes de la Cisjordanie, fait par une agence de l'ONU, l'OCHA. Les pires ennemis de ces soldats. Je gueule : "you see ! you see !" en leur montrant que je ne cache rien. La soldate, mi amusée mi l'air conne me rend mon ID. Celui au M16 commence à emmerder la voiture derrière. Je demande si je peux partir et leur claque un "Enjoy your stay in Palestine". Je démarre en trombe et manque de me manger le trottoir dans un dérapage semi-contrôlé après le rond-point. Je fais profil bas jusqu'au second checkpoint, un kilomètre plus loin.
J'arrive à la maison, il doit être 5 heures et quelque. Il ne dort pas et m'attend dans le lit. Je me dessape, ce qui est fait assez vite vu comment j'étais habillé, et me mets au pieu. Je commence à gueuler contre ma bêtise. Je n'aurais jamais, jamais, dû ouvrir mon coffre si vite. Ne pas baisser mon froc devant ces cons armés. Leur montrer, encore et toujours, que leur présence n'est pas normale. J'éternue. Je leur ai prouvé encore une fois qu'en emmerdant les gens ils arrivent à leurs fins. Le problème de Qalandiah, c'est qu'une fois engagé en voiture, on ne peut plus vraiment faire demi-tour. Impossible de passer par Ram ou Pizgat Zeev. D'autant plus qu'ils ont obstrué le seul passage aisé encore pratiquable à Ram. Les gens passent maintenant à pied dans les canalisations d'eau avant le checkpoint de Ram, quelques centaines de mètres plus loin. Bref, mon Israélien supporte encore une fois ma colère. Je tourne et me retourne dans le lit, en me traitant de "coward". Je sais que j'aurais dû dormir au checkpoint, dans ma voiture, attendre le matin pour appeler le commandement israélien de la région et dire que ce que font les soldats n'est pas normal. Généralement, ils s'en sortent pour une bonne engueulade et vous laisse passer. Bande de cons.
C'était d'autant plus énervant que j'avais passé ma soirée à Ramallah, sur la fameuse terrasse, à tenter de me faire l'avocat du diable, à dire et répéter qu'il y avait certaines clés de compréhension que nous n'aurions jamais, que le sionisme avait ça de bon qu'il avait fédéré des centaines de milliers de juifs et qu'il leur avait permis de créer un Etat, avec un lobbying suffisament fort pour qu'un vote de l'ONU lui donne officiellement naissance, que le sionisme politique était un mouvement qui avait eu son heure de gloire et qu'on pouvait pour ça le saluer. J'essayais également de dédouaner, en quelque sorte, la jeunesse israélienne de la politique d'Israël. De dire que tout n'est ni tout noir, ni tout blanc. Et dieu sait que c'est difficile ici. Passé ma soirée de vendredi à me battre pour que tout le monde s'aime. Ca me rappelle une phrase d'une belle soeur de ma tante : "Je suis tout amour". Je crois que c'est tout moi, aussi. lol.
Je raccompagne deux amis dans le centre ville de Ramallah. Il doit être 4h30. 4h50 je passe le terminal de Qalandiah. La fille me demande mon ID que je lui donne. Elle l'apporte aux autres soldats, ils réfléchissent. Un grand mec, son M16 à la main s'approche de ma fenêtre ouverte et me demande d'ouvrir mon coffre. Je lui dis non, que je ne l'ouvrirai pas. Ils n'ont pas le droit d'ouvrir ma voiture, protégée par une convention internationale. Il est menaçant. Ca dure 5 minutes. J'en ai marre. Rien n'a plus d'importance. J'éteins le moteur, fulminant. Je sors, en marcel, maillot de bain et pieds-nus, imbibé. J'ouvre mon coffre à l'intérieur duquel trône le recueil de cartes de la Cisjordanie, fait par une agence de l'ONU, l'OCHA. Les pires ennemis de ces soldats. Je gueule : "you see ! you see !" en leur montrant que je ne cache rien. La soldate, mi amusée mi l'air conne me rend mon ID. Celui au M16 commence à emmerder la voiture derrière. Je demande si je peux partir et leur claque un "Enjoy your stay in Palestine". Je démarre en trombe et manque de me manger le trottoir dans un dérapage semi-contrôlé après le rond-point. Je fais profil bas jusqu'au second checkpoint, un kilomètre plus loin.
J'arrive à la maison, il doit être 5 heures et quelque. Il ne dort pas et m'attend dans le lit. Je me dessape, ce qui est fait assez vite vu comment j'étais habillé, et me mets au pieu. Je commence à gueuler contre ma bêtise. Je n'aurais jamais, jamais, dû ouvrir mon coffre si vite. Ne pas baisser mon froc devant ces cons armés. Leur montrer, encore et toujours, que leur présence n'est pas normale. J'éternue. Je leur ai prouvé encore une fois qu'en emmerdant les gens ils arrivent à leurs fins. Le problème de Qalandiah, c'est qu'une fois engagé en voiture, on ne peut plus vraiment faire demi-tour. Impossible de passer par Ram ou Pizgat Zeev. D'autant plus qu'ils ont obstrué le seul passage aisé encore pratiquable à Ram. Les gens passent maintenant à pied dans les canalisations d'eau avant le checkpoint de Ram, quelques centaines de mètres plus loin. Bref, mon Israélien supporte encore une fois ma colère. Je tourne et me retourne dans le lit, en me traitant de "coward". Je sais que j'aurais dû dormir au checkpoint, dans ma voiture, attendre le matin pour appeler le commandement israélien de la région et dire que ce que font les soldats n'est pas normal. Généralement, ils s'en sortent pour une bonne engueulade et vous laisse passer. Bande de cons.
C'était d'autant plus énervant que j'avais passé ma soirée à Ramallah, sur la fameuse terrasse, à tenter de me faire l'avocat du diable, à dire et répéter qu'il y avait certaines clés de compréhension que nous n'aurions jamais, que le sionisme avait ça de bon qu'il avait fédéré des centaines de milliers de juifs et qu'il leur avait permis de créer un Etat, avec un lobbying suffisament fort pour qu'un vote de l'ONU lui donne officiellement naissance, que le sionisme politique était un mouvement qui avait eu son heure de gloire et qu'on pouvait pour ça le saluer. J'essayais également de dédouaner, en quelque sorte, la jeunesse israélienne de la politique d'Israël. De dire que tout n'est ni tout noir, ni tout blanc. Et dieu sait que c'est difficile ici. Passé ma soirée de vendredi à me battre pour que tout le monde s'aime. Ca me rappelle une phrase d'une belle soeur de ma tante : "Je suis tout amour". Je crois que c'est tout moi, aussi. lol.
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