14 juillet

Publié le par Qalawun

Samedi 14 juillet. Une messe est dite pour la République. C'est sans doute un des seuls endroits du monde où l'Eglise célèbre le République. Le représentant de l'Etat à Jérusalem, habillé en préfet, embrasse la Bible à l'issue de la messe. Geste symbolique fort. Survivance de pratiques désormais ancestrales et des Capitulations, le God save the King transposé dans l'idéal républicain que je pensais laïc. L'Eglise n'est donc pas fâchée avec la République et vice versa. Est-il bon de rappeler que la France est protectrice des lieux saints.

 

Samedi 14 juillet était aussi un jour de shabbat, excluant ainsi toute cérémonie possible avec un public israélien à majorité juif. Dimanche 15 juillet à 20h s'abattait sur le jardin du Consulat de France des foules gourmandes - au sens capital de Seven - comme un essaim de criquets. Les plaies d'Egypte revisitée à l'aune de la fête républicaine. Des hordes de mamies avides de petits-fours, des papis enkippotés assurant à leurs épouses le bien-fondé de leur assaut culinaire puisque tout était kosher, des grosses dames armées d'assiettes et de sacs plastiques à remplir pour se constituer des doggy bags de canapés au fromage. Des impolitesses de haute voltige à qui mieux mieux, hargne de bi-nationaux franco-israéliens habitués à critiquer la France et la dépecer quand elle leurs offre sa manne gastronomique. Avant même le discours tant attendu de politique générale, vidé de sens pour être consensuel, sans épine, lissé au point d'être mensonger, la foule ainsi ménagée avait déjà entamé son travail de macrophage. Grignotant à la vitesse de l'éclair les bords des tables du buffet, le fond du jardin est atteint par des gens qui courent presque. Les verres sont renversés dans de véritables gymkhanas pour atteindre les tables où les serveurs ne savent plus où donner de la tête et des mains. Les vieilles maladroites ne s'excusent pas lorsqu’elles renversent leurs verres sur les robes des élégantes. Cette perte inutile de temps risque de leur faire perdre leur place dans le peloton qui assiège la table du saumon fumé. Je suis poussé, maltraité, on m'écrase mes mocassins, on me tire le costard. Au bout du compte j'aurai mangé trois petits-fours. Heureusement qu'il y a le champagne... Seul épargné car il coulait à flot.

Cette foule de 700 convives m'a dégoûté. On m'avait prévenu de l'ampleur du phénomène greedy pig... Mais voir une foule entière se comporter comme un troupeau de gorets est chose marquante. Quelle image de la société francophone et des "gens qui comptent" de ce côté-ci de la Ligne Verte. Une envie l'année prochaine de distribuer directement des paniers repas à travers les grilles du jardin, estampillés d'un drapeau français et de renvoyer ces malpropres trop contents de faire partie le temps d'un soir de la jet set diplomatique là d'où ils viennent. Croyez-moi, c'est un phénomène... Ce n'était pas pareil au Caire où 2000 personnes étaient invitées. Qu'en conclure sur le public présent ? Ita missa est.

 

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Publié dans Jour après jour

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P
Mouaih... Allez, avoue maintenant!! C'est surtout parce qu'ils t'ont marché sur les pieds que tu leur en veux!! ;)
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R
Merci. thumbs up !
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