La Gay Pride à Jewsalem
Pas de photos de la gay pride de Jérusalem, appareil oublié au bureau. Un truc de fou, plus de policiers que de manifestants. Quelques jeunes filles échapées des colonies pour venir crier leur haine au quelque milliers de pédés et d'hétéros "straightim" gay friendly venus se joindre à la parade. Les gueuleuses adolescentes, toutes recouvertes de leur jupes longues, montées sur leurs écrase-merde à semelles compensées, sortent des buissons du parc derrière l'hôtel King David. Là, une meute de journalistes et de policiers fondent sur elles pour tuer dans l'oeuf tout échauffement possible. Sur notre passage, avant le King David, un galeriste a placardé sa boutique de Shame on you. Il se tient debout, cambré sur son pas de porte, avec une affiche racontant qu'il ne veut pas de '"ça" à Jérusalem. Ses allures de pédé refoulé lui valent un cinglant "come out of the closet man !". Une vieille dame militante féministe s'excite un peu contre lui alors que la foule le hue en se marrant. Plus loin, les flics ont bloqué les principales artères de la ville avec des bus mis en travers des routes. Des centaines d'orthodoxes manifestent derrière et se retrouvent aini bloqués. Ils ont des chars (ceux d'une gay pride) mais qu'ils utilisent pour traiter les pédés de chiens et pour crier "Don't sodomize Jerusalem", encore une fois. Imaginez un char entier d'ultra-orthodoxes homos... Surtout que, comme partout, les homos ne sont pas moins nombreux dans cette communauté qu'ailleurs. Des ballons rainbows s'élèvent partout, en direction de l'immense dirigeable portant sa caméra de surveillance. Planant à une centaine de mètres au dessus des manifestants, je l'ai vu se monter d'un parking proche du boulot. On défile sur 1km, grand maximum, dans une ambiance de "kermesse". Pas de coups de poignard comme il y a deux ans. C'est tout juste si les 6.500 policiers déployés ont trouvé une bombe posée sur le trajet le matin par une cellule terroriste haredim - ultra orthodoxe. La veille, d'autres fausses bombes avaient été trouvées par la police.
Je fais malencontreusement faux bond à mon Israélien pour m'échapper vers Ramallah et un concert de Checkpoint 303 au Zan. Ambiance surchauffée dans ce bar où se retrouve la "jet set" palestinienne et la clique d'expats journalistes, coopérants, diplomates, profs et autres oiseaux de territoires occupés. La voiture fait semblant de ne pas redémarrer, puis décide finalement de répondre au code secret qu'elle exige avant chaque allumage. Problème électrique. D'autres lenteurs s'ajoutent au départ, et à ma fatigue. Un coup de trop me fera fondre en larme à mon arrivée à la maison, dans les bras de mon Israélien et bien malgré les douces attentions de ma coloc. Ma semaine, qui avait commencé par une tentative d'assassinat à l'oeuf perpétrée par un ami de mes voisines - l'oeuf, lancé vers mon visage du deuxième étage avait heureusement richoché sur ma main avant de s'écraser par terre -, s'est avérée assez mauvaise, entre les chaudes nuits emmoustiquées, les longues heures de travail et les déconvenues vacancières. J'ai du décaler mes vacances d'un mois, loupant une bonne partie des plaisirs des vacances familiales et entre amis...
Tel Aviv, samedi soir. Après une après-midi à la plage, passée à me rabibocher après mes frasques nocturnes, on s'assoit au Mike's place, le grand restau-snack collé à l'ambassade américaine. Inutile de dire quelle clientèle vise l'endroit. Pas un menu en hébreu ! Ici, on sert des hamburgers comme à la maison. Assiettes démesurées pour onion rings évoluant dans une marre d'huile. En fait assez cool après une journée au soleil. Le groupe d'Américains qui s'assoient à côté de nous commence à nous parler. L'une d'eux, qui a vécu à Montréal parle français : "Tu sais, quand on est juif et qu'on a jamais été en Israël, tu peux partir pendant 15 jours et être encadré par l'armée - Tsahal". "Là tu fais plein de super activités : "hors-bord, jeep, parachute, etc...". Je ne donne pas cher de sa sensibilisation à ce que l'armée, qui l'a joyeusement trimballée dans Israël, fait réellement dans les territoires palestiniens. Je sais, elle est venu passer des vacances. Mais enfin, passer des vacances dans un encadrement militaire, quand bien même "c'est cool le parachute"... surtout dans un pays où l'on sait très bien ce qu'est l'armée. Chez nous, on ne sait plus ce que c'est.
Je fais malencontreusement faux bond à mon Israélien pour m'échapper vers Ramallah et un concert de Checkpoint 303 au Zan. Ambiance surchauffée dans ce bar où se retrouve la "jet set" palestinienne et la clique d'expats journalistes, coopérants, diplomates, profs et autres oiseaux de territoires occupés. La voiture fait semblant de ne pas redémarrer, puis décide finalement de répondre au code secret qu'elle exige avant chaque allumage. Problème électrique. D'autres lenteurs s'ajoutent au départ, et à ma fatigue. Un coup de trop me fera fondre en larme à mon arrivée à la maison, dans les bras de mon Israélien et bien malgré les douces attentions de ma coloc. Ma semaine, qui avait commencé par une tentative d'assassinat à l'oeuf perpétrée par un ami de mes voisines - l'oeuf, lancé vers mon visage du deuxième étage avait heureusement richoché sur ma main avant de s'écraser par terre -, s'est avérée assez mauvaise, entre les chaudes nuits emmoustiquées, les longues heures de travail et les déconvenues vacancières. J'ai du décaler mes vacances d'un mois, loupant une bonne partie des plaisirs des vacances familiales et entre amis...
Tel Aviv, samedi soir. Après une après-midi à la plage, passée à me rabibocher après mes frasques nocturnes, on s'assoit au Mike's place, le grand restau-snack collé à l'ambassade américaine. Inutile de dire quelle clientèle vise l'endroit. Pas un menu en hébreu ! Ici, on sert des hamburgers comme à la maison. Assiettes démesurées pour onion rings évoluant dans une marre d'huile. En fait assez cool après une journée au soleil. Le groupe d'Américains qui s'assoient à côté de nous commence à nous parler. L'une d'eux, qui a vécu à Montréal parle français : "Tu sais, quand on est juif et qu'on a jamais été en Israël, tu peux partir pendant 15 jours et être encadré par l'armée - Tsahal". "Là tu fais plein de super activités : "hors-bord, jeep, parachute, etc...". Je ne donne pas cher de sa sensibilisation à ce que l'armée, qui l'a joyeusement trimballée dans Israël, fait réellement dans les territoires palestiniens. Je sais, elle est venu passer des vacances. Mais enfin, passer des vacances dans un encadrement militaire, quand bien même "c'est cool le parachute"... surtout dans un pays où l'on sait très bien ce qu'est l'armée. Chez nous, on ne sait plus ce que c'est.
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