Remplir une prison israélienne

Publié le par Qalawun

A peine rentré du Sinaï, de ses oursins géants, de ses huttes de palmes, de ses poissons bleus et de son poulet grillé, nous voilà avec une nouvelle colocataire.  Une  Basque  espagnole, charmante.

La petite histoire suivante n'est pas mon histoire, mais son histoire. C'est aussi celle rapportée dans la presse.  Mercredi matin à l'aube, à Hébron, dans la zone H1 - celle qui est réservée aux Palestiniens - l'armée israélienne a mené une opération commando pour enlever chez lui un Palestinien qu'elle recherchait. Ces opérations sont courantes, des commandos de l'armée rentrent dans les villes palestiniennes, la nuit, occupent une maison, cloîtrent les habitants dans une pièce et repartent avec celui ou ceux qu'ils recherchent. Hier, pas moins de 7 incursions de ce type ont eu lieu et 12 Palestiniens ont été arrêtés. Hier à Hébron, dans la maison de Yahya al Jaabari, un père de famille, un commando de l'armée israélienne est entré pour  enlever un des ses fils. Le père, qui s'est interposé entre les soldats et sa famille, a été tué "de sang froid", à l'aube, rapporte la presse palestinienne. Un des jeunes qui avait essayer de s'emparer de l'arme d'un soldat a provoqué une salve de tirs qui a causé la mort du père de famille, rapporte l'armée israélienne. La femme de Yahya al Jaabari a été gravement blessée. Trois autres membres de la famille ont été blessés. Cet homme était un des pères de famille qui faisait partie du programme d'aide au développement de l'ONG de ma colocataire.


A Naplouse, samedi, un jeune est mort lors d'une opération similaire de l'armée israélienne. Ce jeune faisait partie d'un programme d'aide au dévelooppement de l'ONG de ma colocataire.

C
e n'est pas de chance, ni pour les morts, ni pour l'ONG qui est loin d'aider "toute la Palestine" et dont les cibles sont, somme toute, limitées. Mais ces cas montrent la réalité de l'occupation, de l'impossibilité de vivre tranquille, de dormir tranquille, à Hébron, à Naplouse, à Qalqiliya, à Ramallah, à Bethléem, Beit Sahour, dans toutes les villes de Cisjordanie et de Gaza. Ces jeunes sont "recherchés" car ils appartiennent à des organisations de lutte armée qui recrute parmi la jeunesse désoeuvré. Les chefs de ces groupes n'ont pas 25 ans, tellement les aînés sont soit morts soit en prison. Il n'est jamais prouvé que tous ces jeunes arrêtés appartiennent réellement à des organisations de résistance armée, du genre brigades Al Aqsa, Brigades Al Qassam. Peu importe à vrai dire. Que ce soit mal ou bien d'appartenir aux brigades. La vie est tellement différente ici. Je ne légitime rien. Mais l'armée israélienne ne s'embarasse pas d'efforts de distinction.

Quoi qu'il en soit, ces cas montrent comment se remplissent les prisons israéliennes, pleines de 11.000 Palestiniens. Certains ont "du sang sur les mains", mais combien ? En 2007, 40% de la population mâle palestinienne était passée par les prisons israéliennes depuis 1967 et le début de l'occupation des Territoires palestiniens... En France, cela correspondrait à  24.000.000 de personnes sur les 40 dernières années. Cela pousse à la réflexion. Les Palestiniens sont-ils vraiment tous des criminels ?

Pour mémoire, Israël a arreté il y a deux semaines deux ministres palestiniens, des députés, le maire de naplouse
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Publié dans Jour après jour

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