Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 23:58
Dimanche soir, bain brûlant, les contes d'Hoffmann. Voilà des mois sans doute que je n'avais pas pris de bain. Le type de chose qu'on réalise seulement quand l'envie nous reprend, soudainement, comme une envie de pisser. Se plonger lentement dans l'eau si chaude qu'elle fait rougir la peau, la regarder monter le long des genoux, jusqu'au sommet, rajouter de l'eau froide, voir tout plein de petites bulles d'air se fixer le long des poils, tous, enfoncer les épaules, noyer les oreilles et puis le reste et ne laisser que le nez dépasser. Offenbach disparaît. Respirer. Le bruit sourd du robinet. J'éteinds. Rien. Une minute peut-être.

La fin d'un long dimanche. J'aurais aimé pousser jusqu'à la Frieze aujourd'hui mais non. Disons que l'occasion ne s'est pas présentée. J'avais pourtant envie d'y aller. J'ai poussé en sens inverse, vers l'ouest de Londres, à Acton. Comme un coin de campagne. Petites maisons colorées, joli parc, les quelques pubs de la ville alignés le long de l'artère centrale - Gunnesbery Road, sans doute. Visiter un appartement au sommet d'une maisonette. Terrasse privée face à un grand jardin. Intérieur lambrissé, étrange, aucun mur droit, c'est sous un toit. Grand espace, escalier, chambrette. J'aime. La propriétaire est une jeune sexagénaire canadienne. A lunettes. Je lui demande si deux pédés sous son toît ça la gène. Elle me répond, gênée et avouant qu'elle déteste répondre à cette question avec l'argument suivant: elle a parmis ses très bons amis un couple d'homosexuels. J'aime sa manière de répondre. Elle est bavarde, sans doute un peu trop. Du genre à s'intéresser à vos affaires. Elle habite au rez-de-chaussée, nous au second. Il y a quatre appartements. On verra. J'aime vraiment.

Samedi soir, hier, la veille, vous suivez. North Acton cette fois. Trois immenses tours se dressent le long de la voie de chemin de fer au milieu d'une zone industrielle et de bureaux. On marche vers une des tours. Il y a un appartement au cinquième qu'on veut visiter. Il y a un pub à la sortie du métro et un Tesco Express au pied d'une des tours. C'est tout. Désert. Drôle d'impression. Il fait presque nuit mais pas encore. L'heure glauque. J'appelle Rakesh, l'Indien qui loue l'appart. On monte au cinquième. Ascenseur rutilant. Les tours sont plus ou moins neuves. Waouw. Rakesh est une bombe. Jeune trentenaire, petite barbe, vif, l'air intelligent. L'appartement est extra malgré la chambre un peu petite. Mais le quartier est horrible. Cela dit, j'essaye de faire comprendre à mon Israéllien que ça peut être une bonne expérience que de vivre dans une tour, dans un endroit pourri. Il ne me croit pas vraiment et me dit que je suis "double standard". Va comprendre. On repart et on s'engueule gentiment dans le métro face à une mère et sa mioche qui peut pas s'empêcher de nous dévisager d'un air bête. Il fait nuit cette fois. Maison. Hammersmith et le chez nous douillet. Gratin dauphinois et darnes de saumon. Plateau télé et verre de vin. Saw. Moui.

La semaine d'art contemporain. Ma boîte organisait une party très sélect avec Vanity Fair. J'ai même pas pu y aller, invité par mon patron au restau avec le reste de mon départment. Six cents invités, un défilé ininterrompu de belles bagnoles et de taxis dans les rues du quartier, le champagne au milieu des oeuvres de la vente de vendredi. Belles fringues et money money. Là, au milieu des paires de jambes aux beaux talons aiguilles, le porc tatoué et empaillé de Wim Delvoye. Le regard amusé que ce porc porte sur ces gens, là accroupi au milieu de la galerie. Un pied-de-nez à ces riches qui se vautrent dans une fange à la douce odeur du caviar et la couleur Fancy d'un Dom Perignon rosé. Tchin tchin.

La semaine d'avant, c'était ma vente, plus de cinq millions de livres sterling, et le vernissage de l'exposition Maharaja au Victoria & Albert Museum. Nous étions invités. Gentry déguisée pour l'occasion. Magnifiques saris et pierres précieuses sur les poitrines des belles. Des plateaux de bouffe si grands qu'il fallait deux personnes déguisées en Indiens pour les porter. Raga traditionnel sous les grands lustres du hall d'entrée, soieries rouges et petite société londonienne policée, s'amusant de ce genre de mascarade. Je donne - malgré moi - mon numéro de téléphone à un décorateur qui vit à Beyrouth. La mauvaise idée, il m'appellera le lendemain pour aller déjeuner. Joli mec mais tellement tante. Je discute avec le business getter du départment Art Russe. Il me conseille de me faire des relations. La belle idée. Le décorateur m'a échaudé. Sans mauvais de jeu de mot.

H., pourquoi t'as pas appelé?



Wim Delvoye (b. 1965)
Last Port
taxidermied and tattooed pig
Executed in 2006

Price Realized
  • £109,250
  • ($177,859)
  • Price includes buyer's premium
Estimate
  • £50,000 - £70,000
  • ($81,400 - $113,960)


Publié dans : Jour après jour - Communauté : Londres
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Commentaires

C'est vrai que vous alliez déménager. Vous vous êtres décidé pour la tour? Bon courage pour le déménagement et bons cartons.
Commentaire n°1 posté par seb le 09/11/2009 à 11h09

Plus d'accès Internet pour cause de déménagement. Et beaucoup de boulot.

Cheers!

Commentaire n°2 posté par Qalawun le 06/11/2009 à 18h42
Des nouvelles, des nouvelles, des nouvelles...... T'es en vacances ou surchargé de travail ???? :-)
Commentaire n°3 posté par seb le 06/11/2009 à 15h47
 
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