The emporium of petty larceny, l'antisémitisme chez Dickens

Publié le par Qalawun

Je suis en train de lire Oliver Twist de Charles Dickens. Un classique de la littérature anglaise que j'avais lu étant petit, en français évidemment. C'est un plaisir de le relire aujourd'hui dans la version originale. Je me rends compte seulement aujourd'hui de l'antisémitisme latent de l'ouvrage (cela n'a rien d'une découverte) où la description de Fagin, le maître-voleur, n'échappe pas à tous les clichés du genre. Dickens l'appelle d'ailleurs beaucoup plus souvent "the Jew" que "Fagin". Je pensais à ça en lisant ce passage, dont j'ai adoré quelques mots :

Near the top of which Snow Hill and Holborn Hill meet, there opens, upon the right hand as you come out of the City, a narrow and dismal alley leading to Saffron Hill. In its filthy shops are exposed for sale huge bunches of second-hand handkerchiefs, of all sizes and patterns ; for here reside the traders who purchase them from pick-pockets [...]. Confined as the limits of Field Lane are, it has its barber, its coffee-shop, its beer-shop, and its fried-fish warehouse. It is a commercial colony of itself : the emporium of petty larceny : visited at early morning, and setting-in dusk, by silent merchant, who traffic in back-parlours, and who go as strangely as they come. Here, the clothesman, the shoe-vamper, and the rag-merchant, display their goods, as signe-boards to the petty thief; here, stores of olf iron and bones, and heapsof mildewy fragments of woollen-stuff and linen, rust and rot in the grimy cellars.
It was into this place that the Jew turned.
[...]

Plus tôt dans le livre, la description que Dickens fait de Fagin lorsqu'on découvre le personnage n'est pas réellement élogieuse, voire repoussante :


The walls and ceiling of the room were perfectly black with age and dirt. There was a deal table before the fire [...] and standing with a toasting-fork in his hand was a very old shrivelled Jew, whose villanous-looking and repulsive face was obscured by a quantity of matted red hair. [...]

On pourrait jusqu'ici croire qu'il ne s'agit que de la description d'un miséreux dans une cuisine crasseuse. Mais le chapitre suivant s'enfonce un peu plus dans la caricature nauséabonde. La scène se déroule dans la même cuisine : Oliver observe Fagin qui, se croyant seul, ouvre un petit coffre contenant le butin de sa troupe de jeunes voleurs :

After satisfying himself upon this head, the Jew stepped gently to the door: which he fastened. He then drew forth as it seemed to Oliver, from some trap in the door: a small box, which he placed carefully on the table. His eyes glistened as he raised the lid, and looked in. Dragging an old chair to the table, he sat down ; and took from a magnificent gold watch, sparkling with jewels.
"Ah!" said the Jew, shrugging up his shoulders, and distorting every feature with a hideous grin. "Clever dogs! Clever dogs! Staunch to the last! Never told the old parson where they were. [...] At least half a dozen more were severally drawn forth from the same box with equal pleasure [...]

Je serais curieux de voir comment Fagin est représenté dans les films - comédies musicales qui ont été tirés du roman. Je discutai avec un ami qui m'assurait que tout caractère antisémite avait été gommé de la comédie musicale Oliver Twist. Sans doute. Je l'espère. Quoi qu'il en soit, ce bouquin, comme d'autres du même siècle, est coloré des idées de l'époque. Bram Stoker et son Dracula que je lisai il n'y a pas longtemps n'échappe pas à quelques clichés du mauvais genre lorsqu'il fait le portrait de quelques juifs de Roumanie. Les extraits cités ici ne sont que la partie émergée.

L'empire du petit larçin.



David Lean's 1948 film version starred Alec Guinness as Fagin, the Jewish ringleader of the gang of thieves.


Publié dans Découverte

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L
ahlala, "ils" ne peuvent pas s'empêcher de jouer les petits chefs !en tout cas, "ils" ont ce qu'il faut à boire - c'est pourim or what ?
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