Mardi 14 avril 2009
Trois jours et demi, de jeudi soir tard à lundi après-midi. Presque quatre. Soit environ 90 heures. En vrac. Arrivée au milieu de la troupe de Jérusalem, réfugiée à Barbès jeudi soir. Un troquet du coin de la rue Rochechouart, une table pleine, presque quinze personnes. Il y a Naili et son groupe de rap, il y a des Palestiniennes à qui je serre la main, amenées là par une copine de Bethléem. Il y a Raja, le désormais célèbre journaliste palestinien de Gaza, un des seuls à tourner des images de l'intérieur de la bande de Gaza pendant la guerre de décembre - janvier. Il y a ma colocataire de Jérusalem que je n'avais pas vue depuis des mois, rentrée en France pour chercher du boulot. Il y a beaucoup de monde que j'étais heureux de voir. Certains sont rentrés en France depuis plusieurs mois, d'autres sont encore fourrés là-bas en Palestine. Il ne fait pas froid. Un couple de lesbiennes sorties de nulle part quitte la table. On file vers Oberkampf, le Charbon, encore. On se finit avec un verre de vodka et un joint chez ma copine L. Hurlements de rire sur le coussin péteur, jeux stupides de quatre heures du matin. Je dors et me lève tôt. Croissants d'une charmante colocataire aux airs de Liv Tyler.

Je file chez les parents, passe l'après-midi à droite et à gauche, prends un café avec un contrôleur aérien - oui il n'y a qu'un "l" -, bon moment, rencontre mon ami bibliothécaire, on rit. Je dine avec mes parents qui n'ont pas trop changés depuis janvier. Un dîner en mode replay. On parle du Zaïre et des génocides. Cantine chinoise. Tsingtao. Miam, raviolis à la vapeur et soupe de nouilles au porc. Addition. Toilettes au sous-sol. Tous nos plats vapeurs sont faits maison. Rue de Belleville, il fait bon. Paris je t'aime. Je file à Bastille. Il est tard rue de la Roquette. Gin and Tonic, je t'adore. Un piano dans le bar, un jeune gars derrière. Une voix douce, presque éteinte, haut perchée mais terriblement prenante accompagne le jeune pianiste. Elle chante en anglais. Du jazz. Je tomberais amoureux de tous les pianistes. Tout le monde se tait. Nous on rigole. On applaudit. Il est deux heures, je crois qu'on quitte le bar. Vélib. Côte de Belleville. J'arrive presque mort d'avoir traîné les 22 kilos du vélo au sommet de la colline. Je dors seul. Levé tôt.

Rive gauche. Oh. Oui, rive gauche. Des années que je n'y avais pas mis les pieds. Et moi, l'enfant du 13ème - j'aime bien dire ça - qui ne jurai que par le quartier latin. Aux orties la rive gauche. Le quartier de Saint-Michel est plein de touristes et d'étudiants, ou l'inverse. On trouve un petit restaurant avec "les amis du Louvre", formule consacrée pour désigner le groupe qu'on a formé à l'école du Louvre entre 2000 et 2004. Sept personnes. Tout le monde n'était pas là, mais tout le monde sera à Londres le 1er mai. Formule à 10 euros sans le café. Déjeuner qui s'éternise. Délicieuse fin d'après-midi au deuxième étage d'un immeuble. Dîner tout aussi agréable à manger de l'andouillette.

Les Bains. Eden. Une soirée avant la réouverture officielle. On arrive vers minuit. J'y vois le grand G. qui s'apprête à partir pour l'Asie centrale. Il est beau ce soir. Il est avec L. Je n'aime pas mettre des initiales. Bisous bisous. C'est bien de se voir tous les trois. C'est grâce au grand G. que j'ai pu re-rencontrer L., d'abord une copine de lycée puis surtout une amie journaliste de Jérusalem. On s'était perdus de vue des années avant de se revoir place de Sion, à Jérusalem, grâce au grand gars.  Anyway. On entre. Vestiaire. Peu aimable. Peu de monde à minuit. L'homme à la bague, ma première infidélité, mixe ce soir. Il remplace le dj habituel de la soirée en goguette à Londres. Je connais la musique qu'il passe, au moins une partie, pour l'avoir écoutée très souvent. J'en avais parlé . Il est beau derrière ses platines. Platine est d'ailleurs une anagramme de plainte. On danse. Les transitions sont un peu rudes mais il s'en sort pas mal. L'alcool aide. Trois gin and tonic, une coupe de champagne. Je retrouve quelques amis et craque pour un brun à moustache qui danse presque comme un dieu. Il faudrait que les dieux dansent. Un échalas suant me colle. Trop grand, blond, les cheveux en arrière, en débardeur noir minimaliste, un jean bien serré. Après une heure, sans que je ne l'ai regardé une seule fois, il est toujours derrière moi. Je vais aux toilettes. Deux garçons s'enferment dans un box avant moi. Des filles. Remaquillage dans le son étouffé des chiottes. Rangée de boxes noirs. Miroirs d'un côté. Je reviens. Le grand blond a demandé mon numéro. J'ai jamais aimé les grandes blonds épilés. Je lui dis. Tu sais "je suis archimaqué". Le pire c'est qu'il le sait déjà. C'est un ami d'un ami qui l'a déjà mis au courant. C'est bien sûr vrai mais c'est surtout qu'il ne me plaît pas du tout. On boit, on boit. L. danse seule sur la piste, sans doute dans son monde. Derrière, le halo rouge de la boîte à fumeurs. Le dj s'en va, il doit être trois heures. Mon copain bibliothécaire et sa marseillaise de copine aussi. On est seuls. Il pleut. Des cordes qui finissent par cesser. On rentre à pied. On est bien tous les trois. Bref. Bédo. Cinq heures trente. Nuit. Lever 10h30. Douche. Dimanche.

Chaville et son bois, son centre aéré des Jacinthes et son collège Jean Moulin. La vie tranquille de province. De banlieue. Eux, au moins, ils ont des jardins. Les crocus sont déjà passés mais il reste les tulipes. Après-midi au soleil sur la balancelle derrière la maison. Toujours le bonheur d'aller chez ma copine d'enfance. Son copain fait la bordure du potager quand elle me parle de skier moins vite quand elle sera enceinte. Deux amis débarquent. Apéro. Joints. On prépare le week-end du 15 mai dans l'île de Ré. Retour sur Paris. Je dîne avec mon dj de la veille, son copain et leur copine. On rigole. Je m'en vais. Les Marronniers, encore, rue des Archives. Il y a là le bibliothécaire et un ami à lui. Celui-là se plaint d'être célibataire depuis trois ans et trouve tous les garçons répugnants. Cherchez l'incohérence.

Mon ami de Jussieu c'est fait larguer. Un beau jour, elle est partie. C'est pas totalement perdu mais d'après lui c'est loin d'être gagné. Sept ans. Ah mais sept ans c'est un cycle. Je n'aimerais pas que ça m'arrive. Surtout si je ne vois rien arriver. On a parcouru l'exposition Kandinsky en ne parlant que de ça, en regardant à peine les tableaux. Les commentaires étaient plutôt du genre "j'aime", "j'aime pas". La queue était si longue devant Beaubourg qu'on a dû trouver un stratagème pour ne pas attendre. Il suffit de dire qu'on va à la librairie et emprunter le coupe-file. Le truc vicieux c'est qu'il y a aussi une file d'attente au dernier étage, dans le long tube de verre suspendu au bâtiment. Là, énervés de devoir faire la queue, on s'est faufilé par la sortie de l'expo, au niveau de la boutique. Je suis toujours un peu fier et content de resquiller comme ça. On prend un café. Je vais faire un coucou à un beau brun que j'aime bien et reprend mon train. Londres. Beau temps. Mon Israélien travaille. Comme toujours, j'ai envie de dire.



Publié dans : Jour après jour
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus